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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 20:53

Anglet est une ville peu dense, de l'ordre de 14 habitants à l'hectare , là où Biarritz affiche une densité de 24 habitants à l'hectare. C'est ce qui fait son charme diront certains. Il est vrai que les nombreux quartiers pavillonnaires signent l'identité de notre ville, et que les  jardins privés contribuent à en faire une ville jardin. Faut-il continuer à l'étaler ainsi pour accueillir nouveaux venus et nouvelle génération, en ouvrant à l'urbanisation de nouveaux territoires, aujourd'hui à l'état naturel?

Car nous ne pouvons pas figer la ville en refusant de nouveaux habitants. Il faut bien loger nos enfants qui arrivent à l'âge adulte et tous ceux qui travaillent sur notre territoire et en font la richesse. Le plan local de l'habitat (PLH), adopté à l'unanimité en 2010, toutes tendances politiques confondues, prévoit la construction de 1000 logements chaque année sur le BAB, dont 350 sur Anglet. Où mettre ces logements?

Il ya deux solutions et deux seulement: Soit on continue de "grignoter" la campagne et on construit sur des terrains aujourd'hui libres de toute construction, mais généralement pas libres de toute activité: ce sont souvent des terres agricoles, ou boisées. Soit on "densifie" les zones déjà construites, en essayant de le faire intelligemment pour améliorer la qualité de ville.

Car une ville peu dense n'a pas que des avantages. Les zones pavillonnaires sont calmes et paisibles, mais manquent de commerces de proximité et les transports en commun y fonctionnent mal. Les résidents sont totalement dépendants de la voiture pour leurs déplacements quotidiens. Cela coûte cher à tout le monde: aux habitants qui doivent disposer d'une ou deux (ou trois!) automobiles par ménage, à la collectivité publique qui  entretient un réseau routier important et finance le déficit des transports en commun circulant souvent à vide!

Une ville plus dense permet de réduire la place de la voiture grâce à des transports publics performants, mais aussi de mieux desservir les habitants en services: ils trouvent en effet à proximité immédiate de leur logement les commerces et les services publics: école, crêche, administrations diverses...

Dans le futur PLU d'Anglet, qui va être soumis à enquête publique à la fin de cette année, nous faisons le choix de limiter l'étalement urbain. Comment?

24 02 2012 006Nous réduisons de plus de la moitié les surfaces réservées à une urbanisation future de la ville. De 288 hectares, nous ramenons leurs surfaces à 137 hectares, soit une baisse de 150 hectares. Et ces 150 hectares ainsi récupérés sont placés en zone naturelle, donc définitivement protégés. Un terrain non bâti n'a pas vocation à être systématiquement bâti! Des terrains qui présentent un intérêt évident pour leurs qualités environnementales ou agricoles doivent être préservés de toute urbanisation. C'est ainsi qu'on pourra conserver les grands paysages qui font le charme de notre ville. 

Dans le même temps nous augmentons globalement les droits à bâtir dans les zones déjà construites, mais en hiérarchisant fortement les territoires: On choisit de densifier là ou il y a déjà des services publics et des immeubles assez importants: le long de l'ancienne nationale 10 et de la ligne du futur bus en site propre. On augmente aussi la constructibilité, plus modérément, le long des lignes de bus ordinaires, et là ou il existe déjà un coeur de quartier. Par contre on protège les zones pavillonnaires - soit 70% des zones urbanisées - en veillant à limiter la constructibilité des grands terrains, pour éviter de grosses opérations immobilières au milieu des maisons individuelles.

pont 5 cantons inauguration OT 07 2012 007Ce futur PLU fait clairement le choix du renouvellement urbain plutôt que celui de l'étalement urbain. Il est ici en rupture avec le précédant PLU. Il est aussi clairement en contradiction avec les demandes répétées de l'opposition municipale d'ouvrir dès aujourd'hui à l'urbanisation les terres agricoles de Sutar. La question se posera sans doute quand ce quartier aujourd'hui coupé de l'agglomération par l'aéroport, la voie ferrée et l'autoroute, sera correctement relié au reste du BAB par des transports en commun performants.

La densité peut être synonyme de promiscuité, de ghetto, de nuisances, si elle n'est pas correctement pensée. Elle peut être aussi un outil pour plus de rencontres, plus de services, plus d'urbanité, si elle est bien imaginée. Pour cela le PLU est un outil, mais ce n'est pas le seul. Le rôle est essentiel des architectes, des urbanistes, des habitants, qui construiront et aménageront la ville dans le cadre réglementaire fixé par le PLU.

Nous pensons que ce PLU est intelligent car il fait appel à l'intelligence de tous ceux qui feront la ville, pour qu'elle soit plus belle et plus solidaire. Nous expliquerons plus tard comment ce PLU propose un urbanisme de projet plutôt qu'un urbanisme administré; mais cela est un autre sujet.... 

PHOTOS:

Sutar: vue sur les montagnes basques.

Place des Cinq-Cantons: un coeur de quartier vivant.

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Published by JP Voisin - dans urbanisme, PLU
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  • : Jean-Pierre Voisin, adjoint au maire d'Anglet de 2008 à 2014 en charge de l'urbanisme, livre ici son point de vue sur les dossiers locaux et dialogue avec les angloys. Ses propos n'engagent que lui-même.
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