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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 18:01

J’ai reçu sur ce blog un commentaire à l’article intitulé "les dépenses incongrues de M. Olive" d’un certain "Chrisodoulos".

Je le reproduis ci-dessous :

Le Maharin est une zone inondable et le bétonnage de cette zone aurait inondé les maisons limitrophes s on voit ça tous les jours au journal télévisé sans parlais de la saturation automobile sur ce secteur Eco quartier ne veut pas dire tout vélo. .. Mr Espilondo n a rien voulu entendre il en a perdu son poste de Maire

Voici ma réponse :

M. Chrisodoulos: vous êtes mal informé.

La zone inondable? Les bâtiments envisagés n'étaient pas en zone inondable, pas plus que la maison de retraite dont l'emplacement, sur le site de l'écoquartier, avait été choisi par la municipalité de MM Villenave et Olive. Le vallon du Maharin était constructible au PLU de 2004 (celui de MM. Mortalena et Olive), avec une densité double de celle que nous avions retenue pour l'écoquartier. Nous devions commencer les travaux dès le mois d'avril - les marchés étaient attribués aux entreprises - pour aménager le ruisseau contre les inondations qui pourrissent la vie des résidents à l'aval du site. Qui veut noyer son chien (au Maharin?) l'accuse de la rage.

la saturation automobile? nous y allons tout droit en imposant aux jeunes ménages qui travaillent sur l'agglo de se loger dans la campagne environnante. Ils doivent prendre leur(s) voiture(s) pour tous leurs déplacements: travail, lycée, collège, activités extra-scolaires, achats... Le Maharin, proche d'un bassin d'emploi important (la Butte aux cailles, Dassault, les Pontots...) est desservi par 2 lignes de bus qui offrent une alternative à la voiture pour de nombreuses destinations. les habitants du Maharin auraient moins utilisé leurs voitures que les "rurbains", ces "urbains" à qui on impose de vivre à la campagne.

M. Espilondo a perdu son poste de Maire? Oui. Lui et ses colistiers, moi-même, ne faisions pas carrière! Les angloys ont choisi pour leur ville une autre politique. Nous le regrettons vivement pour eux et pour Anglet, pas pour nous. Je peux maintenant cultiver mon jardin et m'occuper de mes petits enfants!

Et je reste à votre disposition pour vous rencontrer quand vous le voulez pour évoquer ce dossier.

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commentaires

jean-Pierre Voisin 21/08/2014 10:52

Merci Denis pour vos commentaires argumentés qui prolongent avec pertinence mes propres réflexions.

Denis 13/07/2014 11:58

Ces phénomènes de "gated communities" que vous décrivez et qui se retrouve aux états-unis et dans de nombreux pays aux forts contrastes (Mexique par exemple, Afrique du sud, etc...) avaient été initié dans des villes françaises comme à Toulouse, alors que le contexte est complétement différent. Il s'agissait de lotissement fermé, souvent porté par un promoteur, Monné Decroix. voir l'article suivant : http://www.cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE=ESP_123_0129 On voit bien que la tendance des dernières décennies a été de laisser l'urbanisation à des promoteurs privés qui ont suivi une logique très anglo-saxone voir américaine. Anglet a échappé aux lotissements fermés tels que l'on peut le voir dans d'autres villes françaises plus grande mais dans l'usage, on s'y rapproche. Anglet n'a pas de spécificité, elle ne représente pas une urbanisation à part mais est plutôt un exemple de l'urbanisation de cette époque.. cette urbanisation a conduit aujourd'hui à prendre modèle la maison comme indicateur de réussite et donc à stigmatiser les immeubles et leurs résidents à ce qui a été mal fait dans l'après-guerre...elle a renforcé l'individualiste au moment où la voiture a explosé et les français ont oublié la marche, la vie en collectivité. Si on compare avec nos voisins espagnols, on s'apercevra que pour des raisons historiques, les espagnols ont maintenu des centre-ville denses, un habitat peu intéressant architecturalement mais des quartiers moins stigmatisants (pas comme en France : d'un côté les tours, de l'autre, les maisons avec jardins) des logements petits qui ont renforcé cet vie en collectivité, une habitude à être dehors, à investir les places, à échanger. Regardez le nombre de jeux pour enfants, le nombre de place, de personnes dehors en Espagne, du plus petit village aux villes comme Bilbao ou San Sébastien. Eviemment, si l'architecture n'est pas toujours une réussite, si l'architecture a souvent été bafoué (bien que l'usage de la pierre en façade est assez jolie et noble), leur urbanisme est un exemple pour nos villes. Au lieu de payer des rénovations de routes à rallonge, des réseaux infinis, des lignes de bus interminables, ils ont des villes denses où la densité permet d'investir moins mais mieux. Au contraire des espagnols, je crains que nous ne sachions pas vivre en collectivité ou du moins que nous ayons perdu cette habitude.

Denis 12/07/2014 00:10

Je pense malheureusement que l'argument écologique prôné par les détracteurs du projet du Maharin n'a aucun fondement, surtout quand on sait que le site est à quelques encablures des 200 hectares de la Pignada voisine ...
Malheureusement, il s'agit plus de dire encore une fois, que l'on veut être tranquille, que l'on veut maintenir sa maison et son jardin à prix d'or. Car qu'est-ce qu'est Anglet ? une ancienne campagne, des collines où on trouvaient des agriculteurs, des bouviers et donc un territoire d'exploitations agricoles qui s'est fait acheter par la bourgeoisie bayonnaise au XVIIIe, puis biarrote dans l'avènement du tourisme fin XIXe puis dans les années 60 littéralement dilapidé au profit de lotissements disparates, de copropriétés qui ont étendu le territoire de la ville, avec des voiries interminables (donc des coûts d'entretien important pour la voirie et les réseaux).

Un urbanisme non réfléchi car on voit bien qu'entre le BAB et la RN10, ce sont des lotissements connectés les uns aux autres sans aucune réflexion et ligne directrice urbaine. Le tout, déversé dans une urbanisation de maison individuelles où les trottoirs sont inexistants ou utilisés pour stationner les voitures et où de toute façon, les gens ont perdu l'habitude de marcher. Si c'est maintenir ce modèle qui est écologique, je comprends pas bien...

Anglet a détruit dans les années 60 de nombreux témoignages de son passé ... autour du plateau de Parme, il ne reste plus grand chose de Brindos, site mentionné au XIe siècle ... que dire donc du Moulin de Brindos ou Moulin d'Aritxague anéantis par l'urbanisation pavillonnaire et tertiaire en zone d'activité qui ont été réalisé dans les années 60.

C'est facile de se révolter aujourd'hui contre l'urbanisation, de garder le Maharin en voulant en faire un site écologique mais les mêmes qui se plaignent de l'urbanisation ont détruit Anglet dans les années 60/90 en achetant leur maison, dans un gâchis de terres énormes. Je ne dis pas que c'est leur faute, à cette époque, on ne ce souciait pas de tout ça, c'était l'euphorie, les 30 glorieuses mais je trouve égoïste de dire non aux prochains...

Car c'est surtout à ce moment-là que l'on a arraché les champs et les collines vertes de pâturages en une agglomération de maisons et d'immeuble sans urbanisme, sans centre, où chacun est replié sur sa maison, sa co-pro avec jardin pelouse où personne ne peut marcher ou jouer au ballon...

Si la ville s'était réalisé autour d'un axe, par exemple la RN10, on aurait eu une ville dense comme Irun et du centre d'Anglet à la mer (même distance que d'Irun à Fontarabie), on aurait eu un site naturel aussi préservé que le Jaizkibel ...

Le projet de l'ancienne municipalité me plaisait car il alliait ce projet de faire un centre-ville, de donner une belle image à ceux qui traversait notre commune et qui aujourd'hui ne retienne qu'une RD810 en friche ou commerciale comme n'importe quelle sortie d'agglomération. Des amis étrangers à Anglet me disent : on se perd car tout se ressemble, il n'y a pas de centre, etc..

On avait donc le projet d'un centre-ville alliant commerces, logements et vie collective. En disant non à l'urbanisation et la cohérence, j'ai l'impression que pour faire plaisir à une certaine nostalgie non fondée et de tout façon révolue, on va forcer à urbaniser Sutar et vous verrez que c'est par là que la nouvelle mairie va faire son quota de logements, en urbanisant de la même manière que s'est urbanisé Anglet dans les années 80, du lotissement et du petit collectif.

Ce n'est pas à la hauteur d'Anglet qui est désormais une ville mais sous couvert d'argument écologique dans une ville où personne ne marche, on veut continuer le modèle de ville où tout le monde doit avoir une voiture, faire une ville étendue qui est le pire modèle de ville que l'on peut faire.

On disait de l'ancien maire qu'il avait un rêve américain mais le vrai américain, c'est celui qui veut continuer de faire d'Anglet la banlieue américaine type Los Angeles, une banlieue de maisons avec jardins, tout le monde en voiture, pas d'immeubles...

Je pense que certains ont voté pour une tranquillité mais c'est surtout un acte très égoïste de certains qui sont arrivés les premiers et qui ne veulent plus que les autres arrivent mais ont-ils réfléchis que dans un territoire comme la côte basque livrée à la pression foncière, le résultat, c'est la résidence secondaire, les jeunes ne pourront plus acheter et les maisons finiront à des parisiens ou des bordelais, les écoles fermeront...

Dans 40 ans, les problèmes de Biarritz seront à Anglet, les problèmes d'Anglet seront à Ondres, et l'urbanisation actuelle d'Ondres ou Labenne sera à Saint Martin de Hinx .. A quand une cohérence urbaine sur la côte basque et le sud des Landes ?? Les riverains ont-ils toujours raison sur les techniciens et les urbanistes ? La politique est-elle toujours aussi aveugle du bon sens ?? La banlieue de Los Angeles n'est pas mon modèle mais je pense que si on en parle, certains ont seront très satisfait...

jean-Pierre Voisin 12/07/2014 09:50

Denis,
Naturellement je souscris totalement à votre analyse. Et votre argument sur le nouveau maire,"vrai américain qui veut continuer de faire d'Anglet la banlieue américaine type Los Angeles" me parait très juste. Un urbanisme étalé, ignorant de l'écologie et du vivre-ensemble. Il est de plus en plus difficile d'aller voir des amis, retranchés derrière des codes secrets, il est de plus en plus difficile d'admirer les jardins privés, camouflés derrière de hauts murs. A quand les copropriétés sécurisées avec gardes et chiens de combat comme dans les banlieues chics américaines?... et comme on commence à en voir sur la Cote d'Azur.

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  • : Jean-Pierre Voisin, adjoint au maire d'Anglet de 2008 à 2014 en charge de l'urbanisme, livre ici son point de vue sur les dossiers locaux et dialogue avec les angloys. Ses propos n'engagent que lui-même.
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