Jean-Pierre Voisin, adjoint au maire d'Anglet de 2008 à 2014 en charge de l'urbanisme, livre ici son point de vue sur les dossiers locaux et dialogue avec les angloys. Ses propos n'engagent que lui-même.
Et voici ma réponse (1) :
Vous affirmez ici partager notre objectif de construire du logement social. J'avais compris exactement le contraire en lisant Sud-ouest. Nos lecteurs pourront aisément vérifier par eux-mêmes que ma lecture de l'article de Sud-ouest n'était pas tendencieuse. Disons que votre formulation n'était pas très claire et que je vous ai mal compris.Je me réjouis donc de votre adhésion à l'objectif que nous nous sommes fixé: atteindre le pourcentage de 12,7 % de logements sociaux en fin de mandature (selon le PLH, cet objectif doit être atteint en 2015).
Vous estimez cependant qu'il faudrait attendre la révision générale du PLU pour avoir une vision plus globale et construire du logement aidé sur un périmètre plus large.
La vision générale nous l'avons. Nous l'avons montré avec le "projet de ville" que nous avons présenté aux angloys en 2010. Je rappelle aussi l'urgence de construire du logement social. Les 2000 familles qui patientent depuis des mois et souvent des années doivent-elles encore attendre? C'est parce qu'il y a urgence que nous n'attendons pas la révision en cours du PLU.
Vous affirmez dans l'article de Sud-ouest que nous "concentrons" les logements sociaux sur l'avenue de Bayonne. Nous prévoyons sur ce projet 40% de locatifs sociaux, accessibles je le rappelle à 70 % des angloys. En outre nous ne construisons pas un quartier entièrement nouveau: les bâtiments qui sortiront de terre s'intègrent dans un bâti existant avec une population nombreuse, où il n'y a pas de logements sociaux. Au final, le pourcentage de logements aidés ramené à l'ensemble du quartier sera assez faible.
Nous avons une obligation : atteindre les objectifs du PLH qui prévoit que nous construisions 150 logements locatifs sociaux par an entre 2010 et 2015. Pour 2009, 2010 et 2011 nous atteignons ce chiffre en construisant dans divers quartiers d'Anglet. Le coeur de ville, autour de l'avenue de Bayonne s'inscrit dans ce plan de marche. Si nous vous écoutions, cela voudrait dire très concrètement que nous ferions comme nos prédécesseurs qui affirmaient vouloir faire du logement social mais n'en produisaient guère. Car ailleurs le long de la RD 810, sur le périmètre que vous nous proposez il n'y a pas à court terme les opportunités pour produire significativement du logement social. Si certaines apparaissent -PLU révisé où pas - nous les examinerons avec toujours une volonté de mixité sociale.
Votre réaction interroge: Faut-il avoir peur du logement social, puisque vous semblez penser qu'il n'est supportable qu'à dose homéopathique? Il y a aujourd'hui près de 2000 logements sociaux sur Anglet, soit 10% des résidences principales. Cela pose-t-il un problème, y compris dans les quartiers où ils sont "concentrés"? Vous nous avez expliqué qu'il ne fallait pas construire de logements sociaux dans l'écoquartier du Maharin car, je reprend la formulation d'un tract diffusé à Montbrun, "le quartier est largement pourvu en logements sociaux". Y a-t-il un problème à Montbrun?
On construit 14 logements locatifs sociaux à la Bécasse: c'est une erreur nous dit l'opposition. Sur l'avenue de Bayonne également. Comment comptez-vous atteindre l'objectif des 12,7% de logements locatifs aidés si on ne peut les implanter nul part où cela est aujourd'hui possible, et de notre point de vue, souhaitable?
La peur du logement social repose sur des images qi'il faut combattre car elles n'ont rien à voir avec la réalité locale. La population qui vit au petit Bayonne est bien plus défavorisée que celle de nos HLM angloyes. Je le rappelle, 70% des angloys peuvent prétendre à un logement social type PLUS. Le logement dit "social" est en fait du logement pour tous car il s'adresse à la grande majorité de nos concitoyens. Allez voir qui habitent les "HLM" d'Anglet: vous y trouverez des employés, des artisans, des fonctionnaires, des retraités, ceux-là même que vous croisez en amenant vos petits-enfants à l'école, ceux-là même qui se mettent bénévolement au service des associations angloyes que vous fréquentez sans doute. Il faut expliquer à nos concitoyens qu'il s'agit de construire pour tous, pour ceux qui vivent et travaillent ici. Et que la seule solution pour y parvenir c'est de prendre à la promotion privée une part importante du marché immobilier en produisant du logement aidé. Je pensais naïvement pouvoir compter sur les abertzales pour ce combat.
(1) Le texte ici présenté est en partie différent du premier jet qu'on trouvera en commentaire de l'article "le Pays Basque n'est pas à vendre".