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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 20:57

L'été se termine, les vacances sont déjà loin, les enfants ont retrouvé le chemin de l'école ou du collège... L'actualité est tragique. Malgré une faible reprise économique le chômage ne baisse pas, et après la gestion de la dette grecque provisoirement - et mal - réglée, le drame des réfugiés du moyen-orient et de l'Afrique qui frappent à la porte de l'Europe bouscule enfin l'opinion.

Un devoir de solidarité avec les réfugiés.

Face à ces questions internationales d'une ampleur sans précédent, les petites querelles angloyes peuvent sembler bien dérisoires. Nos polémiques ne doivent pas nous détourner de l'essentiel, d'une solidarité en action, au quotidien, pour les hommes, les femmes et les enfants confrontés à des guerres ignobles. Oui, notre devoir c'est d'agir avec la municipalité, avec les paroisses (comme le demande le Pape François), avec les associations, pour accueillir notre part de familles en détresse. Anglet dispose de logements disponibles qui peuvent être affectés à cela. Voilà la priorité.

Cependant la vie citoyenne continue. Une récente conférence de presse des élus socialistes au conseil municipal l'a rappelé. Trois sujets principaux avaient été évoqués par Sandrine Derville, Sandra Pereira et Guy Mondorge: les finances locales - excellentes - la politique culturelle et l'urbanisme. Je me contenterai ici d'apporter ma modeste contribution au débat qui se poursuit sur l'urbanisme angloy, et qui a rebondi avec la modification du PLU de 2013, voulue par Claude Olive. L'enquête publique qui s'est déroulée au début de l'été a posé les enjeux.

Le nouveau maire avait promis une rupture radicale avec les orientations de la précédente équipe, orientations qu'il avait dénoncé en termes parfois violents. Or cette modification confirme et renforce même les grands choix opérés par le PLU de 2013. D'où la polémique actuelle.

- Le Maire fait le contraire de ce qu'il avait promis aux électeurs affirment les socialistes.

- Pas du tout répond en substance C. Olive qui conteste les chiffres annoncés. De toute façon je n'y suis pour rien c'est la loi ALUR de Cécile Duflot qui m'y contraint. C'est pas moi,c'est Cécile!

C'est la faute à Cécile.

Reprenons ce dernier point: Il est exact que la loi ALUR se donne pour objectif de freiner l'étalement urbain, j'en ai souvent parlé sur ce blog. Et que par conséquent elle donne aux municipalités les moyens de densifier leur ville. C'est ce que faisait avec les réglements de l'époque le PLU de 2013 , par anticipation sur la loi, s'attirant les vifs reproches de MM. Olive et Veunac, alors dans l'opposition. L'essentiel du travail a été fait en 2013.Or le nouveau texte multiplie la densité par deux ou trois.

C'est la faute à Cécile, insiste la majorité, elle a supprimé les COS (coefficient d'occupation des sols), engendrant ainsi un urbanisme débridé. Faux naturellement. La suppression des COS oblige les urbanistes à mobiliser d'autres moyens pour contrôler le développement urbain. C'est ce qu'expliquent d'ailleurs les rédacteurs de la modification:

- le programme de la modification n°1 du PLU d'Anglet concerne des "modifications réglementaires diverses, et notamment la définition de nouvelles règles de constructibilité, suite aux conséquences de la loi ALUR du 24 mars 2014 (suppression du coefficient d'occupation des sols et des tailles minimales de parcelles)... Extrait du rapport de présentation de la modification, page 5. Et en page 16 de ce même rapport on peut lire:

- Pour rétablir une capacité d'accueil équivalente... suite à la suppression des COS,le nouveau réglement s'appuiera notamment sur une limitation des emprises au sol et des hauteurs autorisées, ainsi que sur une augmentation des coefficients de pleine terre dans la quasi totalité des zones.

Le texte publié sous la responsabilité de M. Olive lui-même est donc clair: il a mobilisé d'autres moyens pour remplacé le COS supprimé, afin affirme-t-il de maintenir "une capacité d'accueil équivalente". Il avait donc tous les moyens pour ne pas augmenter exagérément la capacité d'accueil, donc la densité des futures constructions. Si elle avait été équivalente ou même légèrement supérieure à celle que prévoyait le PLU de 2013, il n'y aurait pas contestation de la part des socialistes. Ils auraient simplement constaté le ralliement de Claude Olive à leur politique, et donc son reniement par rapport aux engagements pris devant les angloys.

La densité multipliée par deux et plus.

Mais Claude Olive va beaucoup plus loin. Je renvoie les lecteurs au document de présentation déjà cité. Page 51 et suivantes les rédacteurs calculent un COS virtuel correspondant aux nouvelles règles qu'ils proposent. Pour la zone UA1, la plus dense - le long de l'avenue de Bayonne et place des Cinq-Cantons, ce COS est de 3,5, alors qu'il était de 1,25. Je cite:

- ... une première approximation des droits à bâtir octroyé en zone UA1 donne les résultats suivants: 0,65 x 0,9 x 6 niveaux = 3,5. Ce résultat étant bien supérieur aux droits octroyés par le COS de 1,25 défini par le PLU de 2013, il n'est pas nécessaire d'approfondir l'impact d'autres règles (stationnement, retrait...) pour montrer que les droits à bâtir sont augmentés... (c'est moi qui souligne). De fait il est multiplié par 2,8! Ce n'est pas moi qui l'écrit mais M. Olive. Il est évident que les autres règles, comme le stationnement, ne modifieront qu'à la marge ce chiffre ahurissant. Pour les zones UA2, et UB c'est la même chose.

Pour les lecteurs intéressés je tiens à leur disposition la contribution que j'ai adressée au commissaire enquêteur en juillet, où je montre que la modification de M. Olive ne se contente pas de conserver les densités proposées par le PLU de 2013 mais qu'il les multiplie par plus de deux. Elle fait une dizaine de pages et ne peux la reproduire ici. Je l'adresserai par courriel à tous ceux que cela intéresse.

Les hauteurs.

M. Olive avait promis d'abaisser les hauteurs maximum proposées par le PLU de 2013. Il tient parole. Il n'avait pas le choix, la suppression du COS nous aurait obligé à faire de même. Mais il reste très modéré dans son refus des hauteurs. C'est ainsi par exemple que sur l'ex nationale 10 il limite à 25m les hauteurs maximales (voir page 33 du rapport de présentation), ce qui représente environ 8 niveaux et à 4 niveaux la zone UB le long des axes structurants (rue de Hausquette, rue des Cinq-Cantons...). Là aussi il ne revient pas vraiment en arrière; dont acte!

J'ai proposé au commissaire enquêteur de limiter la densité à un niveau plus raisonnable en réduisant les emprises au sol et en fixant des règles pour éviter d'entasser les bâtiments sur une même parcelle. Nous n'avions pas réglementé ce dernier point en 2013 et certaines réalisations en cours nous montrent qu'il faut le faire.

Nous arrivons aujourd'hui à une situation étonnante. Favorables à la densité urbaine pour limiter l'étalement de nos villes, nous sommes contraints aujourd'hui de demander à ceux qui nous avaient combattus sur ce point et qui se sont ralliés en catimini, de faire preuve de modération.

le futur ilôt d'Anglet saint-Jean.

le futur ilôt d'Anglet saint-Jean.

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 10:55
UNE PLACE VIVANTE

La place des Cinq-Cantons ne cesse de se transformer pour le plus grand plaisir de tous. Retour sur une réussite.

Les futures halles d'Anglet vont ouvrir au début de l'été tout près de la place des cinq-Cantons, et le maire Claude olive fait mine de s'en inquiéter: " j'ai devant moi quelque chose qu'il faut que je règle car je sens bien que si on ne fait rien on va être confronté à quelque chose qui ne sera pas tenable" affirme-t-il. Où est le problème, M. Olive? Ces halles seraient-elles inutiles ou concurrenceraient-elles dangereusement les commerçants de la place? Poseraient-elles des problèmes d'accès ou de stationnement?

Les nouvelles halles d'Anglet: une opportunité.

Quand le promoteur qui avait déposé un permis de construire est venu nous présenter il y a trois ans son projet de halles au rez-de-chaussée de l'immeuble posé à deux pas de la place des Cinq-Cantons, nous l'avons encouragé. Face au développement annoncé des grandes surfaces - IKEA à Ametzondo, Allées Shopping à Ondres, extension de BAB2, Leclerc à Iraty... - il faut donner au commerce de détail indépendant les moyens de se défendre. Or les Cinq-Cantons étaient une opportunité à saisir pour développer une offre de proximité de qualité. Améliorer l'offre commerciale c'est renforcer une attractivité qui profite à tous. Rassemblés autour d'une place vivante, les commerces attirent davantage.

Une place réaménagée qui vit intensément.

La nouvelle place accueille de plus en plus de manifestations culturelles, commerciales, associatives de toutes natures, du marché de Noël aux mutxikos, de la brocante à l'omelette pascale... Elle attire le chaland bien au delà des limites du quartier. La suppression des marches - dangereuses pour les personnes âgées et génantes pour les stands - facilite ces rassemblements festifs. Le premier tronçon de "voirie partagée" ou les piètons sont prioritaires sur tous les véhicules a contribué à en faire un lieu de rencontre en même temps que de passage.

Un stationnement facile, et gratuit.

Le stationnement à été grandement amélioré grâce au nouveau parking d'une centaine de places récemment aménagé sur un terrain acquis par la municipalité Espilondo auprès des religieuses du Refuge. L'instauration d'une zone bleue qui fonctionne bien permet une rotation des véhicules. Venir en voiture faire ses courses aux Cinq-Cantons et s'y garer (gratuitement!) est facile aujourd'hui. "A Bayonne, il n'y a pas de parking si près et encore moins à Biarritz. Ce sera forcement un avantage" lisait-on dans le Sud-Ouest du 9 avril dernier.

La passerelle, un monument " très utile".

La circulation est plus fluide l'été depuis que le passerelle sur le BAB a été élargie pour recevoir une troisième voie de circulation. Et les habitants de la rive sud du boulevard du BAB, en particulier les nouveaux résidents de la rue de Pontrits pourront venir à pied ou en vélo - et en sécurité - grâce à la voie cyclable et au large trottoir abrités qui relient désormais les deux rives de la voie rapide. "Monument inutile"(1) comme l'a baptisé "le piéton" de Sud-Ouest parfois mieux inspiré , cette passerelle élargie et redessinée ? Ouvrage cohérent au contraire avec l'aménagement global de la place et d'un noeud routier majeur d'Anglet. Pour permettre aux angloy de se déplacer à pied il faut aménager des trottoirs: Si aujourd'hui les angloys marchent deux fois moins que les bayonnais c'est bien parce que marcher à Anglet est compliqué, parfois dangereux. Les habitudes ne changent pas du jour au lendemain, mais il faut les anticiper. En outre la population de ce quartier va sensiblement augmenter: gouverner c'est prévoir!

Finir ce qui est largement engagé.

Reste à réaménager l'accès au boulevard du BAB en direction de Biarritz. A la demande de la municipalité de Jean Espilondo les services de la ville avaient déjà travaillé sur ce dossier avant les élections de mars 2014: des plans existent sur lesquels j'avais d'ailleurs réfléchi avec les ingénieurs des services techniques. il est dommage que le maire semble le découvrir maintenant seulement. C'est un chantier sans grande difficultés puisque la ville maîtrise complètement le foncier. Il peut être réalisé rapidement. En attendant, la rue Paul Courbin peut continuer à jouer son rôle habituel.

LE quartier convivial et commerçant.

Beaucoup de commerçants souhaitaient s'installer dans ces nouvelles halles. Ceux qui ont été retenus sont des références dans leur domaine, ce qui va renforcer l'attractivité de la place et bénéficier à tous. Face aux grandes surfaces impersonnelles, la place des Cinq-Cantons affirme ainsi son identité angloye avec plus de force que jamais. A coté du centre culturel et administratif de la mairie et de Quintaou, à coté de la zone commerciale de l'avenue de Bayonne en pleine transformation, les cinq-Cantons s'imposent comme le quartier convivial et commerçant de la ville, dont le rayonnement ne cesse de croitre. Le lieu où il fait bon se donner rendez-vous, une vraie réussite. M. Olive,à qui dit-on merci?

(1) Le piéton a choisi la veille des deux tours des élections départementales pour dénoncer ce "monument inutile". Pur hasard sans doute...

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 20:00
Un marché immobilier inadapté.

Le débat organisé par Sud-Ouest ce 23 janvier l'a confirmé: le marché de l'immobilier ne répond pas aux besoins des habitants de la cote basque.

Jean-René Etchegaray, président de l'agglomération, affirme - reprenant un chiffre souvent cité dans ce blog - que l'immobilier neuf n'est accessible qu'à 20 % de la population. Question: et les autres? les 80% restant, c'est à dire la grande majorité de nos concitoyens, on les laisse tomber?

Le PLH (plan local de l'habitat) de 2010 qui donnait ce chiffre de 80% marquait un progrès par rapport aux politiques passées en dressant un état des lieux sans complaisance et en fixant des objectifs ambitieux. Pour relever le défi la ville d'Anglet avait choisi d'utiliser tous les moyens à sa disposition: politique d'acquisition foncière très active - avec un budget multiplié par quatre - mise à disposition des bailleurs sociaux des terrains communaux disponibles, mobilisation des promoteurs privés obligés de livrer 40% de logements sociaux dans toute nouvelle opération immobilière, taxation des logements vacants, révision du PLU pour faciliter la densification le long des axes de transport en commun... Inutile d'insister, j'ai longuement exposé tout ceci depuis cinq ans dans ce blog (1).

Il est urgent d'agir.

La nouvelle municipalité d'Anglet semble discrètement se rallier à cette politique qu'elle a combattue sans vergogne pendant six ans. Elle camoufle ce retournement derrière un discours rassembleur sur le thème "nous ferons des projets 100% sociaux, à taille humaine, respectueux de l'identité angloye". Ce que nous avons fait pendant six ans! Les 1100 logements sociaux financés pendant notre mandat étaient répartis sur une quarantaine d'opérations dont la taille moyenne est inférieure à 30 logements. Elle affirme aussi sont refus de la densification. Or le Président de l'agglomération l'a promis ce 23 janvier: le futur Plan local d'urbanisme intercommunal de l'ACBA favorisera la densification du bâti plutôt que l'étalement urbain. C'est cohérent avec les orientations du Schéma de Cohérence territorial sur lequel le PLU de 2013 d'Anglet s'appuyait. Là aussi M. Olive devra manger son chapeau... à moins qu'il ne choisissent clairement la ségrégation par l'argent en élaborant pour Anglet un PLU malthusien, qui, sans le dire, rejettera en périphérie les nouvelles générations. Tiendra-t-il enfin un discours de vérité?

Pour l'instant il n'avance aucun dossier précis alors que les besoins sont pressents et que la municipalité précédente avaient dans ses cartons plusieurs projets prêts à sortir. Le Président de l'agglo l'a rappelé: plus de 7000 demandes de logement social sont en attente. Il est urgent d'agir!

Un mot sur la densification le long des grands axes.

Plusieurs chantiers importants sont en cours le long de l'ex nationale 10 et du boulevard du BAB. Plus de 600 logements sont ainsi en construction. Il faut bien voir que ces logements sont nécessaires pour répondre aux besoins des personnes qui travaillent sur Anglet (2) et l'agglomération.

Ces ensembles immobiliers sont-ils bien placés? la densification le long des axes bien desservis par les transports en commun permet aux futurs habitants de délaisser leur voiture, donc d'éviter d'engorger encore plus une voirie angloye qui n'a pas totalement oublié ses origines rurales.

Sont-ils trop importants? En regroupant de nombreux logements on favorise les commerces de proximité, on utilise au mieux les équipements publics - écoles, service postal, transports en commun- on protège aussi les zones pavillonnaires: Si on ne les avaient pas localisés là où ils sont, il auraient fallu disperser ailleurs sur le territoire angloy ces 600 logements. Avec de petites opérations de 20 logements chacunes, 30 résidences auraient poussé dans les quartiers pavillonnaires angloys, pas toujours bien desservis par les bus, augmentant la circulation et condamnant des jardins et ilots de verdure. Si on refuse de densifier le long des axes majeurs, si on veut préserver des respirations vertes en ville, si on prétend conserver le caractère pavillonnaire des quartiers, si on veut tout cela à la fois, cela veut dire qu'on refuse de nouveaux habitants. Pire, puisque les résidents actuels vieillissent, la ville se dépeuplera lentement comme aujourd'hui Biarritz. Leur biens, trop chers pour les classes moyennes, deviendront au fil des successions des résidences secondaires... Et les actifs iront se loger ailleurs, en première ou deuxième couronne, encombrant nos routes, puisqu'ils n'auront pas d'autres solutions que de prendre leur voiture pour venir travailler dans l'agglomération. Nos écoles se dépeupleront de nouveau, le service postal se dégradera, et les impots locaux payés par chacun augmenteront puisque le nombre de contribuables diminuera. Est-ce cela le projet de M. Olive pour Anglet ?

Photo: une opération sociale "à taille humaine", rue du Colombier (à coté de l'église Sainte-Marie, quartier de la Chambre d'Amour) réalisée par le COL.

(1) voir dans ce blog les tags "logement social" et "urbanisme, PLU".

(2) 17 000 personnes travaillent chaque jour sur Anglet.

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 14:14
un chantier en cours avenue de Bayonne
un chantier en cours avenue de Bayonne

En 2014 en France, nous aurions dû mettre en chantier 500 000 logements pour répondre aux besoins de la population. Or on n'a pas atteint le chiffre des 300 000 (297532 exactement).

A cela bien des raisons, dont la moindre n'est pas la hausse continue de l'immobilier, +125% depuis 2000. Mais il est aussi des explications très politiques: "Ce qui nous inquiète fortement, c'est la volonté profonde d'un certain nombre de collectivités locales, partout en France, de ralentir, voire de stopper la construction de logements" souligne Olivier Eluère, économiste du crédit agricole cité par Sud-ouest du 28 janvier.

"Oui, il faut des logements, mais pas à coté de chez moi", proclament les électeurs. On le sait, les seniors votent, les juniors beaucoup moins. Les premiers sont généralement installés depuis des années, ce sont les seconds qui ont besoin de se loger. Et puis les citoyens pour lesquels on construit ne sont pas toujours électeurs dans la commune. Ils n'y habitent plus, ou pas encore! Un candidat plus soucieux de son élection que de l'intérêt général a intérêt à suivre le discours conservateur de l'électorat en place, plutot que des se préoccuper des jeunes générations.

Certains politiques ont entendus le message: M. Olive n'est pas seul ! 150 villes ont basculé de gauche à droite en 2014, souvent sur ce thème, comme à Anglet. On en voit aujourd'hui les premières conséquences. En France et à Anglet.

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 17:38

Au fur et à mesure des déclarations de Claude Olive on voit se dessiner sa vision de l'urbanisme angloy.

Que dit-il?

- " J'avais promis d'abandonner le projet d'écoquartier, promesse tenue."

- " il n'est plus question de densifier autour des grands axes routiers ni d'encourager les programmes mêlant promotion privée et habitat social."

- "Par deux ou trois actions fortes, nous allons montrer que l'on peut faire du logement social autrement. Quitte à consentir des sacrifices financiers."

Reprenons tout ceci.

Le Maharin.

J'ai déjà longuement commenté ce renoncement catastrophique: je renvoie mes lecteurs aux derniers articles que j'y ai consacré (1). En abandonnant ce projet innovant qui voulait réconcilier la ville et la nature, sans le remplacer par un autre programme qui ouvre de nouvelles voies pour l'urbanisme angloy, le maire renonce à toute ambition écologique et urbaine. C'est clair, l'innovation, c'est pas son truc!

Anglet demain selon son maire

Ne plus densifier le long des grands axes routiers...

La précédente municipalité voulait densifier le long des grands axes de transport pour deux raisons:

La première était de rapprocher les usagers des lignes de transport en commun pour favoriser le report modale de l'automobile vers le bus. Aujourd'hui les bus circulent souvent à vide dans des quartiers pavillonnaires peu denses. Pour qu'ils soient efficaces, et rentables, il faut qu'il y ait plus d'habitants à proximités des stations, d'où une densification assumée le long de l'ex RN 10 et de l'axe boulevard du BAB-rue de Hardoy. Plus de monde dans les bus, c'est moins de voitures dans les rues.

La seconde raison était de bon sens: les immeubles construit là ne le sont pas en zone pavillonnaire qui est ainsi épargnée. Car la demande de logements est forte sur Anglet et les promoteurs pour répondre à cette demande construisent et construiront des immeubles. En renonçant à densifier le long des deux axes majeurs d'Anglet, la nouvelle municipalité accepte de facto l'implantation des collectifs dans les quartiers pavillonnaires. C'est d'ailleurs ce qu'avait annoncé le candidat Olive en affirmant "nous construirons partout de petites opérations à taille humaine". (2)

Anglet demain selon son maire

... et d'encourager les programmes mêlant promotion privée et habitat social.

En clair ce qui est mis en cause c'est la règle que nous avons instituée dès notre arrivée qui impose au promoteur d'inclure dans toute opération immobilière 30 % de logements locatifs sociaux. En 2013, nous avons ajouté à cette obligation 10% de logements en accession aidée, pour la classe moyenne qui aspire à la propriété tout en restant en ville.

Monsieur Olive veut donc supprimer cette clause qui a permis pendant notre mandat d'offrir environ 600 logements aux angloys modestes (en plus des 400 que nous avons construit sur des terrains que la collectivité maîtrisait). Comment dans ces conditions tiendra-t-il les objectifs que lui impose le plan local de l'habitat qu'il a voté en 2010? Comment pourra-t-il maintenir dans notre ville la nécessaire diversité sociale?

Anglet demain selon son maire

"Par deux ou trois opérations fortes, nous ferons du logement social" ...

Il faut chaque année construire à Anglet 150 logements accessibles à tous. Donc 900 environ d'ici 2020. Ces chiffres ne sortent pas de mon chapeau, ce sont ceux du plan local de l'habitat, voté à l'unanimité en 2010 à l'agglomération (3). Le maire nous parle de deux ou trois opérations fortes. C'est quoi une opération forte, quand on a promis par ailleurs de construire des "bâtiments à taille humaine"? Rappelons qu'il s'est engagé à ne pas réaliser de gros immeubles, ni à construire en hauteur. Quelles seront donc ces opérations fortes? Ou seront-elles réalisées? Sur quels terrains, dans quels quartiers? Sur des terrains maîtrisés par la ville, puisqu'il refuse d'utiliser le levier des terrains fournis par les promoteurs privés. En fin de mandat nous avions préparé deux opérations sur des terrains publics avec 100% de logement social, allée de Baribelli ( une pollution ponctuelle du terrain nous avait retardés) et à Plaisance. Opérations modestes, d'une vingtaine de logements chacune. Quels autres terrains appartenant à la ville sont d'ores et déjà disponibles pour deux ou trois opérations fortes? A part à Sutar je ne vois guère de réponse. En toute hypothèse on peut se demander comment, avec les règles qu'il se fixe Claude Olive produira les 900 logements sociaux qui doivent sortir de terre d'ici 2020.

"...Quitte à consentir des sacrifices financiers".

Que la nouvelle équipe soit prête à faire des sacrifices financiers pour le logement social est une bonne nouvelle. C'est bien la moindre des choses. Quand on dépense allègrement au moins 4 millions d'euros pour ne pas faire les 270 logements du Maharin dont 160 logements sociaux, on peut dégager quelques subsides pour en construire ailleurs. Mais cela est-il compatible avec le budget de la ville!

Je reprends l'idée lancée par Sandrine Derville en conseil municipal : en construisant 150 logements sociaux au Maharin, sans opération privée à coté, on pourrait récupérer environ 1,5 million d'euros et conserver la subvention de l'agglomération de 2 millions d'euros attribuée à cette opération au titre des zones d'habitats. Le "sacrifice financier" serait moins lourd sur le Maharin, et Claude Olive pourrait réaliser "une opération forte".

________________________________

(1) Voir sur ce blog l'article "Écoquartier du Maharin, les conséquences d'un abandon" du 7 avril 2014, mais aussi "le Maharin, tout était prêt" du 27 juin et "Le Maharin, les curieux arguments de M. Veunac" du 13 Mai

(2) Voir l'article " logement social, les contradictions de M. Olive" du 16 mars 2014

(2) Voir l'article "M. Olive doit lire le PLH" du 14 mai 2014.

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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 21:46

Frédéric Bonnet vient d’obtenir le grand prix de l’urbanisme 2014, la plus haute distinction dans cette discipline exigeante.

Notre équipe municipale avait choisi le cabinet OBRAS que Frédéric dirige avec Marc Bigarnet pour travailler sur la révision du PLU d’Anglet, adopté en 2013 après cinq ans d’étude. Il est d’ailleurs fait référence à ce dossier dans l’article que " le Moniteur " consacre à Frédéric Bonnet (on peut le trouver sur ma page Facebook). Je reprends ici la fin de cet article :

  • Pour cet architecte né dans une ville qui a subi le déclin industriel [il s’agit de Saint-Étienne, NDLR], aucun territoire ne doit être exclu de la réflexion, les territoires ruraux comme les situations modestes et ordinaires, qui méritent autant d’efforts. Autre sujet central, la préservation des ressources, des terres agricoles et du foncier en général, sujet qui fait aujourd’hui consensus(1), mais qui l’amène pour sa part à remettre souvent en question les programmes de concours et des consultations. Quelques exemples : aux Izards à Toulouse, Obras choisit d’implanter 1400 logements autour du métro au lieu des 700 demandés sur les parcelles agricoles. A Rezé, sur les 200 hectares des Isles, seuls 500 mètres de voies nouvelles seront construites pour 5000 logements en réutilisant les infrastructures existantes. A Anglet, 80 ha de zones agricoles et naturelles sont regagnés dans le cadre de l’élaboration du PLU. Une réflexion qui ouvre une nouvelle ère pour le projet urbain : celle de la sobriété.

(1) C'est moi qui souligne. On me permettra un petit commentaire : sujet qui fait consensus ? Oui, sans doute, partout sauf à Anglet ! C’est bien sur ce point que notre PLU a été contesté par l'opposition de l’époque qui refusait qu’on densifie le long du BAB et de la nationale 10, pour économiser le foncier et préserver les zones pavillonnaires, avec un débat biaisé et démagogique sur les « tours » et « la ZUP » (voir ses articles  dans Sud-Ouest et dans le bulletin municipal)

Je suis heureux de voir ainsi reconnu les qualités exceptionnelles de Frédéric. Je me permets d'ajouter qu'il possède, à coté d'un savoir-faire aujourd'hui salué par ce prix, des qualités humaines que nous avons pu apprécier pendant les cinq années de notre collaboration.

"les jardins dEugénie", programme de logements sociaux rue de Jouanicot (Leibar et Seigneurin architectes).

"les jardins dEugénie", programme de logements sociaux rue de Jouanicot (Leibar et Seigneurin architectes).

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  • : Jean-Pierre Voisin, adjoint au maire d'Anglet de 2008 à 2014 en charge de l'urbanisme, livre ici son point de vue sur les dossiers locaux et dialogue avec les angloys. Ses propos n'engagent que lui-même.
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