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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 19:00

Anthony Bleuze, adjoint au maire UMP, un jeune homme avec qui j'ai toujours eu des relations courtoises, m'attaque vivement dans le "Brouillarta" de Sud-Ouest du 6 décembre. En gros il formule à mon encontre deux reproches.

Discours idéologique?

Premier reproche: Je tiendrais "un discours idéologique sur la politique urbanistique de la ville sévèrement sanctionnée par les électeurs voici quelques mois" . Je n'aurais "pas entendu le message pourtant clair délivré par les angloys".

Mon discours est-il idéologique, autrement dit traduit-il une vision du monde et de la ville? vision au demeurant que je partage avec beaucoup, et pas des moindres, puisque Frédéric Bonnet, du cabinet OBRAS qui a élaboré avec nous le nouveau PLU, reçoit, ce lundi 15 décembre à Paris, le Grand Prix de l'Urbanisme 2014, la plus haute récompense dans cette discipline. Oui sans doute, mon discours est idéologique. Vouloir densifier les constructions le long des axes de transport, c'est certainement de l'idéologie, puisque derrière il y a une certaine conception de la ville et de l'aménagement du territoire. Mais refuser cette densification c'est aussi de l'idéologie car il y a derrière une autre conception de la ville (du moins je l'espère!).

Je n'aurais pas entendu le message pourtant clair délivré par les angloys? Bien sûr que si, je l'ai entendu ce message. Nos compatriotes sont si bien à Anglet qu'ils ne voudraient pas que ça change. Je les entends, je les comprends même car c'est vrai qu'on est bien à Anglet, mais je ne suis pas d'accord. Ce n'est pas parce que mes idées sont minoritaires que je dois y renoncer. Je pense que l'immobilisme est impossible dans un monde qui bouge, et que, plutôt que de subir, il faut essayer de progresser vers plus de justice. C'est peut-être naïf, mais c'est ma conviction, et je m'y tiens. Je la défends parce que je pense ainsi défendre, modestement, à ma petite place, l'intérêt général.

Tartuferie et langue de bois

Deuxième reproche: Selon Sud-Ouest, Anthony Bleuze s'étonne que je conteste le qualificatif de gaulliste social que se décerne le maire actuel. "Gaulliste?nul ne peut faire parler la statue du commandeur mais je doute que de Gaulle aurait accepté ce parrainage; mais social? là je suis sûr que non" écrivais-je récemment sur ce blog (voir l'article "Claude Olive: un conservatisme habillé de gaullisme). Je confirme. N'étant pas gaulliste moi-même je ne suis pas bien placé pour délivrer des certificats de gaullisme, donc je m'abstiens de juger; mais sur le qualificatif "social", je crois avoir démontré au fil de mes articles que les déclarations du maire et ses premières décisions contredisent la politique sociale que nous avions engagée; c'est vrai pour la culture, c'est vrai pour le logement tout particulièrement. Anthony Bleuze, au lieu de démontrer que la municipalité conduit une politique sociale, commente: "Il est vrai que les responsables socialistes pratiquent tellement la tartuferie et la langue de bois qu'ils ne croient plus depuis longtemps à la sincérité des opinions". Cette accusation me touche puisqu'elle remet en cause la sincérité de mon propre engagement et ceux de tous mes amis, globalement. Je fais d'abord gentiment remarquer à Anthony Bleuze que je ne suis pas un "responsable" socialiste au sens où il l'entend. Je ne suis qu'un militant - je n'ai jamais eu de responsabilité au PS - et cela depuis 1974. Il est vrai que beaucoup de politiques pratiquent la langue de bois et le double langage. J'ai même considéré dans un article du mois d'avril que l’ambiguïté de Hollande, la contradiction manifeste entre ses propos de campagne et sa politique présente expliquait pour une large part le désamour de l'opinion dont nous avons été victimes aux municipales. "Quand il y a un flou, il y a un loup" s'exclamait Martine Aubry lors des primaires. C'est bien ma conviction. Mais Hollande ne fait que reprendre une vieille tradition française et Sarkozy et Chirac pour reprendre ses derniers prédécesseurs avaient fait de même: peindre en rose l'avenir avant d'affirmer une fois au pouvoir que , non, décidément, la situation laissée par l'ancien président est bien trop dégradée et qu'il faut faire des sacrifices. Jacques Delors avait refusé de se porter candidat en 1995 car il refusait de jouer ce jeu là. A Anglet, Jean Espilondo et son équipe n'ont pas maquillé leur politique pour la faire accepter par les angloys: Nous l'avons expliquée, défendue, maladroitement sans doute, nous n'avons pas triché. Je continue aujourd'hui, modestement, ce combat sur mon blog. Heureusement ils sont encore nombreux les militants, les élus, de droite comme de gauche, qui portent fièrement leurs convictions. C'est au nom de celles-ci qu'ils s'engagent dans le combat politique. Un combat difficile, ou on prend beaucoup de coups. Et contrairement à ce qu'affirme Anthony Bleuze je crois à la sincérité de beaucoup.

J'ai tort d'affirmer que Claude Olive n'est pas social? Qu'il le démontre par sa politique! Et qu'Anthony relève le défi d'un débat sur le fond, au lieu de le rabaisser par des accusations médiocres.

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 11:54
Claude Olive: du conservatisme habillé de gaullisme.

« Quand on aime sa ville, on ne la bouscule pas » proclame haut et fort Claude Olive. C'est une vision des choses, très conservatrice. Il est vrai que le corps social n'aime pas être bousculé, c'est dans la nature des choses. Le faire bouger c'est remettre en cause un équilibre qui tend à s'imposer comme une évidence : «pourquoi changer, ça ne va pas si mal », «ç'a toujours été comme ça »… voilà des phrases cent fois entendues. Ne pas bousculer, c'est accepter de ne pas évoluer au fur et à mesure que le monde change – et aujourd'hui il change très vite - c'est aussi ne pas remettre en question certaines situations injustes sur lesquelles le présent est bâti.

Cette affirmation conservatrice du maire s'accompagne d'une profession de foi : « je suis un gaulliste social ».

Or il me semble, mais je ne suis pas expert en gaullisme, que le gaullisme c'est une «résistance » donc un refus de l'ordre établi. C'était vrai en juin 40 - De Gaulle n'a pas eu peur de bousculer parce qu'il aimait la France, bien que seul, tandis que Pétain bénéficiait d'une large adhésion dans l'opinion - c'était vrai en 45 avec le programme du Conseil national de la Résistance qui a lancé les trente glorieuses, c'était même vrai en 1969 avec le référendum perdu sur la participation et la suppression du Sénat.

Claude Olive: du conservatisme habillé de gaullisme.

« Gaulliste social » renchérit Olive. Il n'est seulement gaulliste, il est aussi social. Nous aimerions que cela soit vrai. Social ça veut dire quoi pour le maire d'Anglet aujourd'hui ? Nos concitoyens sont confrontés à deux problèmes majeurs : le manque d'emploi et le manque de logements à prix accessible. Si pour l'emploi le pouvoir du maire est limité quoique réel, j'en reparlerai un jour, il est en première ligne pour le logement. Or qu'annonce-t-il ? Qu'il n'est plus question « de densifier autour des axes routiers ni d'encourager les programmes mêlant promotion privée et habitat social » (selon l'Express du 19 novembre 2014). Autrement dit le maire remet en cause la règle qui impose aux promoteurs privés de réaliser 40 % de logements sociaux dans toute opération immobilière. Règle qui a un double avantage : elle permet de réaliser des logements sociaux sans que la collectivité ait à fournir le terrain et elle assure une vraie mixité sociale. Renoncer à cette règle c'est renoncer de fait à construire des logements sociaux en nombre suffisant. De deux choses l'une : ou il supprime cette règle dans le PLU et c'est clairement antisocial, ou il n'y touche pas et son discours est vide de sens.

Alors, Claude Olive gaulliste ? Nul ne peut aujourd'hui faire parler la statue du commandeur, mais je doute que de Gaulle accepterait ce parrainage. Et social ? Là, je suis sûr que non.

Photos : la très contestée place des cinq-Cantons, toujours plus fréquentée

et Léo Hamon, gaulliste social ami de l'abbé Pierre, résistant et ministre du général de Gaulle .

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 09:59

Selon M. Olive, longuement interviewé par Sud-Ouest (SO du 7 octobre) pour faire le point sur le début de son mandat, les promesses de campagne sont tenues. Il avait promis de ne pas faire l'écoquartier du Maharin, il y a renoncé, promesse tenue. Il fera à la place un parc que la ville financera: coût 3 millions d'euros (1), au moins. Il annonce une révision du PLU, imposée de toute façon par la nouvelle loi ALUR de Cécile Duflot qui supprime les COS, et promet de baisser les hauteurs: à suivre...

Il remet aussi en cause la règle qui impose aux promoteurs de construire 30% de logements sociaux. Va-t-il la supprimer? les promoteurs seront ravis! Grâce à elle plusieurs centaines de logements locatifs accessibles à tous ont été construits ces dernières années. Pourquoi y renoncer?

Mais il ne parle pas de certaines promesses qui semblent oubliées. Qu'en est-il par exemple de la mise en place de navettes gratuites inter-quartier?

M. Olive fait mine de découvrir la situation foncière du stade de Choisy. Il aurait été stupéfait affirme-t-il de l'apprendre et remet donc en cause le projet de vestiaires et de club-house pour les Genêts. Mais ou était-il lorsque cette question a été débattue -longuement - en conseil municipal? Ne l'a-t-il pas votée? M. Chasseriau, adjoint au maire et membre éminent de l'association sportive des Genêts, ignorait-il les discussions longues et détaillées que nous avons eu avec elle, et les débats sur le périmètre du projet lié aux négociations avec l'association paroissiale propriétaire? La réalité c'est qu'il veut faire des économies pour financer le renoncement à l'écoquartier du Maharin ! Il va donc revoir à la baisse le projet de Choisy. Mais il y a urgence, les locaux vétustes actuels des genêts n'étant plus aux normes.

Même chose pour la maison des cultures régionales qu'il renvoie aux calendes grecques. Logique: Comment financer le parc du Maharin sans augmentation des impôts locaux? Exit donc la maison des cultures régionales.

Si on résume: Pour ne pas faire le Maharin, la nouvelle municipalité remet en cause les projets de Choisy et de la Maison des cultures régionales. Promesse tenue?

(1) rappelons que l'écoquartier du Maharin et tous les aménagements publics ne coûtaient pas un centime aux contribuables angloys: le projet s'autofinançant complètement. Voir l'article "Écoquartier du Maharin, les conséquences d'un abandon", sur ce blog (7 avril 2014)

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 11:52

En 1900 la Terre comptait 1.6 milliard d'habitants. En 2014 nous sommes plus de 7 milliards à nous partager la planète. Demain, en 2050, l'agriculture devra nourrir.plus de 10 milliards de terriens

Or, dans le même temps, selon un rapport de l'ONU (1), par suite de la déforestation et de pratiques agricoles destructives, mais aussi de l'étalement urbain, nous perdons tous les 10 ans 120 millions d'hectares de terres agricoles, soit 2 fois la surface de la France. Ce même rapport estime que plus de la moitié des terres agricoles mondiales sont déjà dégradées.

En France on considère que tous les 10 ans, une surface équivalente à un département d'espaces naturels et agricoles est "mangée" par l'urbanisation.

Localement, les rédacteurs du Schéma de Cohérence Territorial de Bayonne-sud Landes récemment adopté estiment que chaque année, sur son territoire qui regroupe 48 communes autour du BAB, 125 Ha d'espaces naturels ou agricoles sont sacrifiés à l'urbanisation. 1250 Ha en 10 ans, soit la surface d'une commune comme Biarritz!

En résumé, nous sommes de plus en plus nombreux, alors que les surfaces dédiées à l'agriculture diminuent. Comment sortir de ce schéma catastrophique annonciateurs de grandes famines?

Tout d'abord en restaurant les terres agricoles dégradées et en retrouvant des rendements élevés tout en maintenant la qualité des terres.

Au Burkina Faso, durement touché par la sécheresse et l'avancée du désert, un paysan, Yacouba Sawado a su rétablir la fertilité de terres dégradées grâce à une méthode traditionnelle appelée ZAÎ. Il a fait école et en 40 ans c'est 5 millions d'hectares qui ont été rénovés. En France de nombreuses expériences vont dans le même sens. On connait le paysan-philosophe Pierre Rabhi qui prône une sobriété heureuse. Au Bec-Helloin en Haute-Normandie Perrine et Charles Hervé-Gruyer développent dans leur petite ferme une méthode originale, la permaculture. Ils obtiennent des rendements spectaculaires tout en régénérant leur terre, initialement de médiocre qualité (2). Une équipe de chercheurs de l'INRA les accompagne désormais pour évaluer scientifiquement leurs résultats.

Mais nous-mêmes, sur Anglet, en quoi sommes-nous concernés?

Nous pouvons agir de plusieurs manières:

- en économisant le foncier urbanisable,afin de préserver les terres agricoles et les espaces naturels indispensables à la biodiversité. Cela suppose que les parcelles construites accueillent un nombre de logements plus important que lors des dernières décennies, grosses consommatrices de foncier. C'est le problème de l'étalement urbain et de la nécessaire densité qui est ici posé. Dossier que nous avons présenté aux angloys avec le nouveau PLU de 2013, sans doute maladroitement car il semble que beaucoup ne nous aient pas compris.

- En utilisant au cœur même de la ville de petites parcelles, des délaissés comme on en trouve partout dans les quartiers, pour y aménager des jardins partagés, ou familiaux, et en rétablissant partout ou cela est possible des trames vertes et bleues, porteuses de biodiversité. Le PLU de 2013 allait dans ce sens. Reste maintenant à le mettre en oeuvre en facilitant les initiatives citoyennes qui aménageront des jardins urbains. C'est ainsi par exemple que le COL construit sur l'avenue de Bayonne 3 immeubles posés sur une dalle couvrant des commerces. Sur la dalle, des jardins partagés seront mis à disposition des résidents pour leur consommation personnelle..

- et en favorisant autant que possible les circuits courts pour notre consommation de fruits et légumes. Nous avons la chance d'être bien placés, au cœur d'une région productrice dynamique et innovante.Aujourd'hui plusieurs AMAP(3) sont actives sur la Anglet.

(1)Rapport du secrétariat de la convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), 2014.

(2) Voir leur dernier livre, absolument passionnant: "Permaculture, guérir la terre, nourrir les hommes,Perrine et Charles Hervé-Gruyer, éd. Acte Sud, 2014

(3) AMAP: Association pour la promotion de l'agriculture paysanne. Une AMAP réunit un groupe de consommateurs autour d'un maraîcher local -généralement bio.

Anglet a la chance de disposer encore de quelques terres agricoles. Ici le refuge, dont 10 Ha, anciennement urbanisables,  ont été placés en zone agricole dans le PLU de 2013

Anglet a la chance de disposer encore de quelques terres agricoles. Ici le refuge, dont 10 Ha, anciennement urbanisables, ont été placés en zone agricole dans le PLU de 2013

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 10:06
Olive le réactionnaire.

"Personne n'aime être bousculé", voilà le credo de M. Olive, maire d'Anglet, qui conclut l'article que vient de lui consacrer Sud-Ouest dans son édition nationale du 28 juillet dernier. "Il est tellement attaché à sa ville qu'il refuse de la voir changer", affirme le journaliste, qui ajoute "il a mis un terme à plusieurs projets de son prédécesseur, notamment un écoquartier dans une zone naturelle" et claude Olive de renchérir "Anglet doit rester Anglet".

Les choses sont dites, très simplement: M. Olive est un conservateur. On pourrait même affirmer sans forcer le trait, qu'il s'affirme réactionnaire, puisqu'est réactionnaire celui qui veut revenir en arrière, et que Claude Olive revient sur des projets de la précédente municipalité.Après l'action - selon Jean Espilondo - voilà la réaction de Claude Olive.

Sur le plan de l'urbanisme il abandonne le projet d'écoquartier, qui voulait promouvoir une autre façon d'habiter la ville. Il laisse la politique culturelle aux revenants, M. Barate qui fut l'adjoint à la culture de MM. Mendiboure et Bonnet au siècle dernier, et madame Bénavidès, rappelée en urgence de sa paisible retraite. (Moi qui fut élu en 1983 j'ai l'impression de faire un bond de trente ans en arrière). On voit clairement ce qu'il veut : retrouver l'Anglet - fantasmé - de son enfance. Retour impossible. J'ai bien connu cet Anglet pour m'y être installé, tout jeune professeur, en 1970; Claude Olive avait 9 ans. C'est à cette époque qu'on a construit les immeubles de 6 à 8 étages autour de la nationale 10 et dans le quartier d'Hardoy. C'est aussi la période qui a vu se multiplier les lotissements, sans plan d'ensemble, sans projet d'urbanisme fort structurant l'espace. Nous payons aujourd'hui la facture de cette absence de vision des édiles de l'époque. Faut-il aujourd'hui reproduire les même erreurs en refusant de regarder demain? "Ne pas bousculer", affirmer que "Anglet doit rester Anglet" c'est suivre la pente du laisser-faire, de la loi du marché. L'Anglet d'autrefois, des maraichers et des agriculteurs a disparu.On ne peut pas effacer les quarante dernières années qui ont transformé la ville, il faut faire avec, maitriser le foncier, réparer les erreurs qui privilégiaient l'étalement urbain au détriment de la nature, au bénéfice exclusif de la voiture. Frédéric Bonnet, grand prix de l'urbanisme 2014, qui avait travaillé le PLU avec l'équipe de Jean Espilondo, l'avait clairement vu. Il s'agissait simplement de promouvoir vraiment un "développement mesuré et un urbanisme maitrisé"! Nous affirmions une volonté de changer de règle pour préserver la nature en ville, économiser le foncier, protéger les quartiers pavillonnaires, tout en accueillant les jeunes générations. En renonçant à ce projet, en assurant vouloir revenir au passé, la municipalité va abandonner la ville à la spéculation foncière: Seuls les plus riches y auront accès, et la sociologie d'Anglet, jusque là équilibrée, basculera. Naturellement ceux qui sont sur place seront gagnants, mais dans un premier temps seulement : leurs biens se valoriseront puisqu'on construira peu. Mais leur environnement se dégradera progressivement car la ville grignotera, lentement mais surement,les jardins et les rares espaces encore disponibles. Leurs enfants ne pourront s'installer sur place et devront se replier en première ou deuxième couronne pour grossir les flots d'automobilistes qui chaque jour gagnent une agglomération de plus en plus saturée.

L'Anglet d’autrefois aura disparu... et les angloys d'autrefois!

Car Anglet, comme Biarritz (1) aujourd'hui, perdra d'abord ses enfants (2) , puis sa population active pour devenir une ville de retraités aisés et de résidences secondaires. Voilà l'avenir que nous annonce la politique "conservatrice" de M. Olive, politique qui ne conservera rien du génie angloy, fait de mesure et de diversité sociale. Il est évident que je ne peux souscrire à cette politique sans vision et sans ambition, qui sacrifie les nouvelles générations au bénéfice des plus aisés.

Changer Anglet pour qu'Anglet reste elle-même, tel était notre pari. Figer la ville sur son passé, tel est celui de Claude Olive. Pari intenable, mais qui plait à beaucoup. La nostalgie a encore de beaux jours...

(1) Le Sud-Ouest du 29 juillet 2014 rappelle opportunément que la "gentrification" de Biarritz se traduit par une perte de près de 5000 résidents permanents en six ans chutant de 30739 à 25994 habitants.

(2) Nous avions inversé cette tendance, elle s'imposera de nouveau d'ici trois ou quatre ans, quand nos projets de logements à prix abordable que nous avons lancés auront tous été réalisés. Rappelons qu'en dix ans, et jusqu'en 2011, Anglet avait perdu plus de 500 élèves dans ses écoles primaires. Ces deux dernières années nous en avions gagnés 140 environ, grâce à la politique volontariste que nous avions engagé dès notre élection en 2008.

Photos en tête d'article et ci-dessous: Le nouveau quartier de Houndaro - un projet vivement combattu par M. Olive - accueille cet été ses premiers habitants. A terme 200 familles habiteront ce quartier calme et verdoyant d'Anglet.

Olive le réactionnaire.
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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 21:05
Amer?

"N'es-tu pas amer, après les résultats des municipales de dimanche dernier? Vous aviez tellement travaillé pour les angloys! ". Voilà une question qui m'est beaucoup posée depuis trois jours. Réponse.

Réponse qui ne vaut que pour moi bien sûr, chacun pouvant réagir différemment face aux résultats très décevants pour mes colistiers et moi-même.

Pendant six ans, j'ai beaucoup travaillé, tout comme les autres élus de l'équipe Espilondo. Notre bilan en témoigne; on peut peut-être nous reprocher d'avoir mal fait, mais personne ne pourra nous accuser de n'avoir rien fait. Jamais la ville n'avait autant bougé, jamais la municipalité n'avait autant investi, donc réalisé. Et je crois sincèrement que nous avons relancé Anglet, nous avons crée une dynamique qui se poursuivra nécessairement. Anglet a épousé son temps: Des emplois ont été crées, des logements accessibles à toutes les bourses sont sortis de terre, des équipements trop longtemps attendus ont été réalisés. Un nouveau PLU a vu le jour adossé aux principes du développement durable, qui permet à la fois de préserver la ville-jardin et d'offrir des logements aux jeunes générations.

Ce bilan, nul ne pourra l'enlever aux angloys.

Certes nos successeurs pourront peut-être arrêter tel ou tel projet, remettre en cause notre politique culturelle ou sociale, mais ce qui est fait est fait! Les 1127 logements sociaux financés ont vu le jour ou seront très vite engagés. La patinoire rénovée, la maison pour tous agrandie, les places publiques redessinées, l'aménagement des falaises du littoral sud, la salle culturelle, la crèche Maylis de Menditte, la maison de retraite du Maharin ... font maintenant partie du paysage angloy. Et j'en suis fier.

Voilà pourquoi je suis triste mais ne suis pas amer.

"Mais enfin, quel désaveu pour votre politique" insiste certains de mes interlocuteurs. "L'urbanisme que tu a promu est massivement rejeté par la population. La densité, les hauteurs! voilà ce qui vous a fait perdre".

Il me semble que les électeurs ont d'abord dit non à une politique nationale qu'ils ne comprennent pas et dont les effets les atteignent dans leur vie quotidienne. Comment leur en vouloir? Le décalage est trop grand entre les promesses de campagne -"mon ennemi c'est la finance"- et la réalité gouvernementale. On peut gagner une élection en habillant d'arc en ciel un avenir sombre, mais on discrédite la politique a ne pas tenir un langage de vérité aux citoyens. Les anciens candidats devenus président - ou maire - s'exposent ainsi aux revers les plus cinglants, entraînant leurs amis dans la débâcle. Nous sommes sans doute victime de la politique de rigueur, injuste de surcroît, qui frappe surtout les plus modestes pendant que d'autres s'enrichissent en spéculant. Mais nous sommes surtout victime du sentiment très fort que les politiques trichent, ne disent pas la vérité, ne pensent qu'à leur carrière et au final sont impuissants à agir sur le réel. Le décalage entre promesses et réalités est trop grand.

Ce qui est désespérant c'est que les électeurs continuent à se vendre aux faiseurs de rêve plutôt qu'à ceux qui leur disent la vérité. Balkany et Dassault, malgré leurs casseroles judiciaires, sont réélus par leurs électeurs pendant que des maires honnêtes et sérieux tombent pour avoir refusé démagogie et clientélisme.

A Anglet nous avons perdu la bataille parce que la vague submersive bleue et bleue marine était trop forte, comme ailleurs. Et le discours simpliste - et faux - du candidat de la droite, dans un tel contexte, pouvait rassurer un électorat désemparé.

Hauteur, densité, nous ont fait perdre? Je ne sais, mais ne regrette rien. Nous avons tenu un discours cohérent, celui de l'écologie. Si on refuse l'étalement urbain, si on veut "construire la ville sur la ville" en préservant les respirations vertes et le caractère de ville-jardin des quartiers pavillonnaires il faut nécessairement densifier certains secteurs, soigneusement choisis pour à la fois loger les nouveaux venus et diminuer la place de la voiture. C'est ce que nous voulions faire, c'est ce que nous avons expliqué... en vain semble-t-il. 70 réunions, publiques ou avec les associations, de nombreuses publications tout au long du mandat, n'auront pas suffit. Il était plus facile de dire à l'opinion ce qu'elle avait envie d'entendre, faire référence à l'Anglet d'antan, parler d'un urbanisme "à échelle humaine", en se gardant bien de mettre derrière ce slogan un projet précis. Mais je suis sûr que dans les faits, la nouvelle équipe, au delà de quelques mesures symboliques, ne remettra pas en cause l'économie générale du PLU que nous avons voté, et qu'elle avait vigoureusement combattue.

Les électeurs angloys ont choisi l'alternance. A la nouvelle municipalité de faire la preuve de sa capacité à bien servir notre ville et ses habitants. Pour ma part, tout en cultivant mon jardin, je serais attentif à la vie locale angloye.

Photo: l'ex nationale 10, un axe majeur à réaménager.

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 14:12
Après les résultats aux municipales... Et demain?

Partout en France les électeurs ont sanctionné le gouvernement de François Hollande. Durement. La démocratie a parlé, il faut donc s'incliner. A Anglet comme ailleurs les électeurs ont décidé de punir Hollande ... en éliminant Espilondo.

Ils dénoncent la politique sociale libérale du gouvernement en rejetant la politique de jean Espilondo qui s'efforçait de réduire les effets négatifs de la crise pour les angloys. Ce choix n'est guère logique mais la politique ne relève pas que de la logique ; l'irrationnel, le ressenti, la peur, l'espoir d'une vie meilleure malgré tout, guident plus sûrement l'électeur que l'analyse chiffrée et objective des programmes. Dans un monde illisible, le discours rassurant et démagogique de Claude Olive séduit plus que l'appel à la solidarité et au dynamisme. Dont acte.

Pour ma vie personnelle, ce verdict ne change rien puisque j'avais décidé d'arrêter tout engagement politique. Après 40 ans de vie militante et 6 ans d'un mandat épuisant, je pars l'esprit serein, convaincu d'avoir loyalement servi mes concitoyens. Je me suis trompé parfois? sans doute. Il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent jamais. Mais je pense sincèrement, et avec conviction, que les choix que j'ai portés en matière d'urbanisme étaient bons. Sans doute n'ai-je pas été assez "politique". Je n'ai pas su habiller les décisions prises d'un discours rassurant. J'ai cru en l'intelligence et en la générosité de mes concitoyens et j'ai multiplié les occasions d'expliquer sans démagogie. J'ai multiplié les réunion publiques, les contacts avec les associations, animé l'atelier d'urbanisme et la commission patrimoine. je veux y croire encore alors que la désinformation, la peur irrationnelle agitée sans vergogne, la peur parfois ont triomphé.

Les dossiers à suivre.

Nous avions annoncé la tenue, dès l'élection passée, d'assises citoyennes du logement et du cadre de vie suivies d'une modification partielle du PLU , pour rectifier à la marge un document de grande qualité. Il préserve la ville jardin tout en rendant possible l'accueil de nouveaux angloys. Espérons que la nouvelle municipalité ne remettra pas en cause cette synthèse difficile. La qualité de notre ville, mais aussi son équilibre social et démographique sont en jeu .

L'écoquartier du Maharin verra-t-il le jour? Le nouvel élu a annoncé qu'il y renoncerait. C'est 270 logements qui ne seraient pas construits dont 160 logements sociaux. C'est aussi un coût important pour le budget municipal car l'écoquartier finançait les travaux hydrauliques et paysagers qu'il faudra bien réaliser: Plusieurs millions d'euros devraient être prélevés sur le budget de la ville au moment ou il est nécessaire de faire des économies. Espérons que le bon sens l'emportera.

La première saison de la salle Quintaou, gérée par le service culturel de la ville, signe l'originalité de la salle et son apport à la vie culturelle de l'agglomération. Sa gestion devrait être confiée à la scène nationale. On ne voit pas pourquoi changer mais on jugera sur pièce ; on nous promet une programmation de qualité et des économies de fonctionnement. Nous verrons bien...

Je ne parle pas naturellement des promesses intenables, qui ont déjà vécues. Les navettes gratuites par exemple! Ceux qui y ont cru, naïvement, déchanteront vite.

Éloigné désormais de l'action municipale, mais observateur attentif, je continuerai dans les mois qui viennent à commenter sur ce blog ma vision de la ville et à la confronter à la politique municipale. Car j'aime Anglet et souhaite qu'elle reste une terre d'accueil pour tous ceux qui choisissent d'y travailler et d'y vivre. Toujours belle entre la mer et le pignada, toujours animée par ses marchés et sa vie associative, toujours diverse par ses cultures basque et gasconne et ses habitants, toujours dynamique car en phase avec son temps.

A suivre...

Photo: Des écoles qui se remplissent de nouveau, des établissements pour les anciens...

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 22:33
Jean Espilondo bien classé!

"Quel maire a le plus travaillé à l'amélioration de la qualité de vie de ses administrés ? Quel élu a le plus développé les équipements ou encore les commerces dans sa commune ? Et surtout, quel édile y est parvenu sans grever le budget de sa municipalité ? Linternaute.com lance son observatoire des "meilleurs maires de France" pour la proximité. Découvrez le classement avant les municipales".

Voilà comment le site linternaute.com présente son classement des meilleurs maires de France.

Un tel classement qui ne tient pas compte du contexte de chaque commune, mais analyse simplement l'évolution sur le mandat des données brutes, n'a qu'une valeur indicative.Il est intéressant cependant de regarder le classement de jean Espilondo et des maires des communes voisines.

Sur 777 maires de communes dont la population est comprise entre 10 000 et 50 000 habitants:

- Jean Espilondo est classé 24 ème/777.

- Didier Borotra (Biarritz) est 80 ème.

- Jean Grenet (Bayonne) pointe à la 206 ème place.

- Peyuco Duhart (St-Jean- de-Luz) se contente d'une modeste 641 ème position.

L'excellent classement de Jean Espilondo est de nature à rassurer les angloys: les propos alarmistes de ses challengers aux élections municipales n'ont naturellement aucun fondement. Au contraire, jean Espilondo devance nettement ses collègues qui gèrent les villes voisines. Sa compétence et son souci du bien commun l'imposent aux yeux de tous comme un bon, un très bon maire!

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 23:08

Je me demandais pourquoi La tête de liste UMP Claude Olive publie sa liste aux élections municipales d'Anglet sans donner l'ordre des candidats. Qui est derrière lui en tête de liste? qui, en queue de liste? Que cache-il donc que les angloys ne sauraient voir? la brochure du programme du candidat UMP présente les colistiers dans un ordre aléatoire. Pourquoi ce manque de transparence?Nous avons pu trouver la liste, dans l'ordre officiel, sur le site du ministère de l'intérieur elections.interieur.gouv.fr . Chacun pourra donc la consulter, y compris les colistiers de M. Olive dont on se demande s'ils sont eux-mêmes informés. On comprend maintenant pourquoi il est aussi cachottier, M. Olive. Il n'a pas envie de communiquer sur un ordre qui fait la part belle aux perdants de 2008. Les 7 premières places sont confisquées par 7 des 8 battus, rescapés de la vieille équipe Villenave. Seule Marie-Hélène Cazaux est en disgrâce! Mais qu'a-t-elle donc fait pour être reléguée en 16ème position, loin de ses anciens compagnons?

Puis-je comparer? Dans les 7 premiers de notre liste "Anglet, l'avenir avec vous", on découvre au coté du maire Jean Espilondo, 3 anciens et 3 nouveaux : Sandrine Derville, Marie-José Rivas et Pierre Duhau-Laurent. Le renouvellement concerne le début comme le milieu ou la fin de la liste. Les nouveaux sont là pour prendre des responsabilités au cotés des anciens, pas pour leur servir de marche-pied.

Avec Claude Olive il est clair que les anciens gardent la totalité du pouvoir. Prime aux battus en quelques sorte: on ne change pas une équipe qui perd!

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 09:14
Cargo sur la plage: Le maire fait son job!

Les journalistes de Sud-Ouest connaissent-ils le maire d'Anglet? Depuis deux jours Jean Espilondo est en permanence au coté des sauveteurs et des spécialistes de la pollution marine, autour du cargo qui s'est encastré sur la digue de la plage des cavaliers. Non seulement il travaille à sortir de la crise dans les meilleures conditions possibles, mais il a veillé à tenir informé les angloys en temps réel de l'évolution de cet accident. Aujourd'hui encore il était sur place pour suivre au plus près les opérations de pompage du gas-oil encore stocké dans l'épave. Or Sud-Ouest ne l'a visiblement pas rencontré puisque son nom n'est même pas évoqué dans le journal d'aujourd'hui.

Les lecteurs de Sud-ouest ont le droit de savoir que leur maire est sur le terrain pour protéger leurs plages. Je remarque d'ailleurs que toute la presse saluait ce matin l'engagement et la transparence dont jean Espilondo a fait preuve et que Sud-ouest l'avait largement relayé sur son site internet.toute la journée d'hier.. une information qui ne franchit pas l'édition papier.

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  • : Jean-Pierre Voisin, adjoint au maire d'Anglet de 2008 à 2014 en charge de l'urbanisme, livre ici son point de vue sur les dossiers locaux et dialogue avec les angloys. Ses propos n'engagent que lui-même.
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