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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 19:24

On sait que dans l'attente d'un SCOT (schéma de Cohérence Territorial)  enfin opposable - si tout va bien il le sera à la fin de l'année- le conseil syndical du SCOT doit accorder des dérogations pour autoriser la construction de centres commerciaux de plus de 1000 m2 de surface de vente.

j'avais demandé avec d'autres un moratoire dans l'attente de ce document (1). Il ne m'apparaissait pas raisonnable de donner le feu vert à des projets d'importance, au coup par coup, et alors même que la vision globale du SCOT n'était pas fixée. Le président du SCOT en avait décidé autrement, à la satisfaction des porteurs de projets qui ne voulaient pas voir leurs dossiers retardés. Or, que voit-on? Le conseil syndical a retoqué à la fin de 2012 la deuxième tranche des allées shopping à Ondres. Il vient cette semaine de prendre la même décision pour l'aménagement commercial d'Iraty à Biarritz. Il semble donc que leur impatience se retourne contre ceux qui voulaient faire vite: Le conseil syndical, en l'absence d'une doctrine claire, fait preuve de prudence et rejette les projets. 

Parallèlement le projet d'IKEA se hâte avec lenteur. On annonce cent boutiques. Alors que les travaux seraient sur le point de commencer, IKEA vient de publier une liste de 18 enseignes qui rejoindraient leur magasin à Ametzondo. 18 pour 100! Le compte n'y est pas encore. D'autant plus que dans ces enseignes on ne voit guère de locomotives. Il s'agit de chaines qui pour la plupart sont déjà présentes sur le BAB.

 Je rappelle, pour mémoire que les élus angloys, favorable à la venue d'Ikéa, avaient par contre exprimé de fortes réserves sur la galerie commerciale Inter-Ikéa quand le SCOT avait dû se prononcer (2) 

(1) Voir dans ce blog l'article "Commerce: Faut-il laisser faire" du 21/10/2012.

(2) Voir "Ikéa à bayonne: une prise de position des élus d'Anglet" du 3/01/2011 et "Ikéa le SCOT délibère" du 23/10/2011.

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 18:02

J'ai déjà parlé des "grandes manoeuvres" à propos des très nombreux projets commerciaux sur le bassin de vie bayonnais. Chaque enseigne joue sa carte, chaque commune ou communauté de commune porte son projet. Petite revue des dossiers en cours.

Des chiffres qui inquiètent. 

 Il y a tout d'abord les projets déjà actés car ayant obtenu le sésame de la CDAC (commission départementale d'aménagement commercial). Ce sont:

- Le projet d'Inter IKEA à Ametzondo, avec une grande surface alimentaire et une galerie commerciale de 100 boutiques: 57 000 m2.(Tous les chiffres de cette article concernent les "surfaces de vente" et non les surfaces commerciales; les surfaces de ventes sont attribuées en CDAC, et n'incluent pas les locaux annexes, les services et les restaurants).

- La première tranche des Allées shopping à Ondres avec Auchan, des moyennes surfaces et une galerie marchande: 54 000 m2.

- Marinadour, en tête du pont Grenet à Bayonne: 4 200 m2

- Coeur de ville à Anglet: 3500 m2.

- Leclerc à Ustaritz: 5 100 m2.

Soit au total 123 800 m2. 

A cela on pourrait ajouter les 33 000 m2 qui viennent d'obtenir le feu vert de la CDAC des Landes à Saint Géours, ce qui n'est pas si loin de notre bassin de vie.

Il y a aussi les dossiers qui sont prêts et sur lesquels le SCOT (schéma de cohérence territorial), qui regroupe les élus des 48 communes du bassin de vie autour du BAB, va devoir rapidement délibérer:

- La deuxième tranche des Allées shopping pour 24 000 m2.

- Le village d'Iraty, à Biarritz, de 10 000 m2.

- Oxylane, porté par Décathlon, à Saint-Pierre d'Irube: 14 000 m2.

- L'extension de BAB2 pour 8 000 m2.

Soit un total supplémentaire de 56 000 m2.

Il y a enfin des projets qui seraient à l'étude, sur lesquels on n'a pas d'information très précise:

- Aguilera à Biarritz: 15 000 m2.

- L'extension de Carrefour Tarnos pour 10 à 15 000 m2.

- La zone commerciale Petit Mont à Boucau, en limite de Tarnos: 20 à 30 000 m2

- Et sans doute d'autres projets dont nous n'avons pas connaissance.

Tout cela représenterait environ 230 000 m2 de surface de vente. sachant que celle-ci n'inclut pas les services et les restaurants!

Pas de moratoire pour le SCOT.

Rappelons que le SCOT (schéma de cohérence territorial) regroupe 48 communes du bassin de vie bayonnais, de Ondres à Bidart, de Boucau à Hasparren, de Bidache à Itxassou.

Le conseil syndical du SCOT doit se prononcer sur les projets commerciaux de plus de 1000 m2. Il peut, par un avis négatif, bloquer un programme.

On sait qu'il va devoir se prononcer dans les mois qui viennent sur plusieurs projets d'envergure. Que va-t-il décider? laisser faire ou mettre un terme à la folie spéculative qui submerge son territoire?

609233 ikea foto610x342allees-shopping-ondresJ'étais personnellement favorable à un moratoire de quelques mois, suspendant toute décision en matière d'urbanisme commercial, le temps pour le SCOT de se doter d'un DAC (document d'urbanisme commercial) outil en cours d'élaboration qui traduira une vision globale du développement commercial sur notre bassin de vie. Car pour donner un avis pertinent sur tel ou tel projet il faut situer celui-ci par rapport à l'existant et par rapport à ce qui est souhaitable pour l'ensemble du territoire du SCOT.

Le président du SCOT, qui avait repris cette idée et avait inscrit cette question au conseil syndical de ce 24 octobre a, au dernier moment, retiré celle-ci de l'ordre du jour, en argumentant sur le caractère illégal d'une telle délibération. Je suis intervenu en séance pour dire mes regrets par rapport à cette décision: Le conseil pouvait très bien émettre un voeu demandant aux intercommunalités porteuses d'un projet d'attendre quelques mois, celles qui auraient passé outre en présentant leur centre commercial s'exposant à un vote négatif.

Le conseil syndical du SCOT sera saisi dans les semaines qui viennent de plusieurs projets et il tranchera sans avoir conduit le débat au fond. Dommage. On sait bien pourquoi un moratoire a été rejeté: plusieurs communes refusent de voir retardés leurs projets d'immobilier commercial. Ce 24 octobre le conseil s'est donc prononcé sur le dossier de Ondres, dans les semaines qui viennent il tranchera sur le projet D'Iraty à Biarritz, en attendant de le faire pour Oxylane sur Saint Pierre d'Irube. On va assister à une surenchère entre territoire, chacun défendant légitimement le projet qui lui parait bon pour ses concitoyens.

Ondres: un oui et un non.

Pour les Allées shopping à Ondres c'est le verre à moitié vide ou à moitié plein. Le conseil était saisi de deux délibérations: la première pour autoriser une modification de la répartition des m2 entre moyennes surfaces et boutiques dans la tranche de 54 000 m2 déjà autorisée: le SCOT qui avait autorisé en octobre 2011 cette première tranche(1), a accepté une évolution qui n'autorise aucune surface de vente nouvelle(2). Par contre l'assemblée à rejeté la demande d'une deuxième tranche de 25 000 m2 de surface de vente supplémentaire, considérant que les 54 000 m2 déjà accordés étaient suffisants pour la zone de chalandise. Ondres peut donc poursuivre la commercialisation de la première tranche pour laquelle un permis de construire serait en cours d'instruction, mais doit renoncer à la deuxième.


(1) voir article précédent dans ce blog: "commerces, le SCOT délibère". Les élus d'Anglet s'étaient abstenus, le projet étant à leurs yeux trop largement dimensionné eu égard à sa zone de chalandise.

(2) la part des moyennes surfaces est réduite de 33 625 m2 à 28 410 m2, celle des boutiques augmenterait d'autant passant de 8285 m2 à 13500 soit de 75 à 125 boutiques.

Rappelons qu'à Ametzondo, IKEA annonce 80 boutiques mais avec une surface dédiée à celles-ci de 15 000 m2! Les 12 000 m2 de BAB2 regroupent 84 enseignes: en faisant une simple règle de trois on obtiendrait 95 boutiques à Ondres, 105 à Ametzondo.

Photos: IKEA vu d'avion et Allées shopping à Ondres.


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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 19:31

Les projets d'IKEA et des Allées Shopping à Ondres avancent. D'autres s'annoncent!

IKEA a obtenu récemment un permis de construire. On annonce des recours - habituels pour des chantiers de cette importance - mais le dossier avance, même si Inter IKEA, sur son site internet, reste muet sur les enseignes qui vont le rejoindre à Ametzondo.

Ondres qui dispose déjà d'une autorisation de la CNAC (1) pour réaliser une première tranche des "Allées Shopping" de 54000 m2, engage les démarches pour une deuxième tranche de 30000 m2 afin d'atteindre son objectif annoncé de 84000m2 de surface de vente totale.

Mais ce n'est pas tout !

On annonce maintenant le projet OXYLANE, dont la locomotive est DECATHLON, pour un espace commercial et de loisir de 20 hectares avec une surface de vente de 25000 m2, à Saint Pierre D'Irube en face du collège..

Résumons:

- Allées Shopping =  84000m2

- IKEA = 54000m2

- OXYLANE = 25000 m2

TOTAL= 163000 m2 de surface de vente !

Rappelons, pour comparer, que BAB2 aujourd'hui c'est 25000m2 de surface totale (y compris les 13000 m2 de Carrefour). On nous annonce donc l'équivalent de six BAB2! Au moment où le pouvoir d'achat des consommateurs est en berne, c'est assez effarant! 

Face à cette explosion périphérique les commerçants du coeur d'agglomération sont inquiets et certains organisent  la riposte. UNIBAIL, qui gère BAB2,  prépare un dossier pour agrandir sa galerie marchande. J'ai déjà eu l'occasion de dire sur ce blog les conditions que les élus d'Anglet posaient pour cette extension (2).

Il ne s'agit pas de bloquer toutes les initiatives; il est normal que nos commerces se modernisent et puissent se développer. Mais cela doit s'inscrire dans un urbanisme durable et respectueux des logiques économiques.

L'agglomération cote-basque Adour s'est dotée d'un schéma d'armature commerciale pour maitriser la croissance des surfaces commerciales sur son territoire (3). Le SCOT, de son coté, s'efforce d'élaborer un document comparable pour l'ensemble du bassin de vie de l'agglomération bayonnaise. Car on ne peut laisser les opérateurs commerciaux se livrer une guerre absurde en multipliant les programmes sans aucune logique économique globale.

Mais pour l'heure les élus  n'ont ni les outils, ni une vision partagée,  qui permettraient de contrôler le développement commercial sur notre bassin de vie. Les projets évoqués plus haut sont portés par des élus locaux qui voient dans ceux-ci une opportunité pour leur territoire. Le problème: la taille de ces projets est telle que les zones de chalandises concernées dépassent largement leurs communes où communautés de communes. Il faut donc une vision globale, à l'échelle du grand territoire , pour ces mastodontes qui prétendent drainer 400 ou 600 000 personnes, voire 1,2 million pour IKEA! Une vision qui dépasse clivages administratifs et égoïsmes locaux. 

Les commerces de centre-ville sont essentiels à la qualité de vie et au rayonnement de l'agglomération. Nous  ne pouvons accepter qu'ils soient menacés dans leur existence même par des projets surdimensionnés, installés en périphérie, en contradiction avec les principes du développement durable qui se donnent -en autres - pour objectif de réduire la place de la voiture dans notre vie quotidienne. Il suffit de regarder les places de parkings dédiées à chacun de ces projets (4) pour comprendre qu'ils sont faits pour la bagnole! Une logique que je crois aujourd'hui dépassée.

De la même manière, les élus ruraux du bassin de vie bayonnais qui voudraient organiser leurs territoires autour des petites villes de l'intérieur et de leurs bourgs, pour que leurs administrés ne soient pas tous contraints aux déplacements pendulaires quotidiens vers l'agglomération, s'interrogent sur les conséquences de cette surcapacité commerciale pour leurs propres commerces et pour la qualité de la vie villageoise.

 

 

 

(1) CNAC : Commission nationale d'aménagement commercial.

(2) voir articles sur ce blog dans la rubrique "commerce", en particulier "IKEA et les autres" et "l'avenir de BAB2 et des commerces d'Anglet".

(3) On peut consulter ce document sur le site de l'agglomération cote-basque Adour: www.agglo-cotebasque.fr . Rappelons que l'agglomération regroupe 5 communes: Bayonne, Anglet, Biarritz Boucau et Bidart.. Ni Saint-Pierre d'Irube, ni Mouguerre, ni Ondres n'en font partie.  

(4) Pour IKEA on annonce par exemple 2982 places de parking.

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 15:26

IKEA doc Inter IkeaLe permis de construire d'IKEA  vient d'être accordé par les trois maires concernés, ceux de Bayonne, Mouguerre et Saint-Pierre d'Irube. Rappelons qu'IKEA compte venir s'installer sur le site d'Ametzondo, avec une galerie marchande d'une centaine de boutiques et une grande surface alimentaire.

 Les travaux vont-ils démarrés très vite? Rien n'est moins sûr! Explication.

Le premier obstacle est juridique. Le permis de construire peut être attaqué. Les opposants disposent de deux mois pour déposer un recours gracieux auprès des maires qui ont accordés le permis, puis de deux mois supplémentaires pour  contester le permis devant la juridiction administrative... Si les travaux commencent avant que le juge ne se soit prononcé, les requérants peuvent déposer un référé suspensif pour essayer de bloquer le chantier.

Le deuxième obstacle est commercial. Il se dit "dans les milieux bien informés" -  pas toujours bien intentionnés vis-à-vis d'IKEA - que la commercialisation de la galerie marchande est difficile. Inter IKEA, qui porte le projet serait très gourmand avec des tarifs beaucoup plus élevés qu'à Ondres, un projet qui progresse aussi. Le site Internet d'Inter IKEA est d'une discrétion surprenante et n'affiche aujourd'hui la venue d'aucune enseigne sur Ametzondo. L'ouverture est simplement annoncée pour 2015, sans plus de détail. Ce mutisme ne témoigne pas d'une grande confiance pour la suite...

Avec ce permis accordé, IKEA vient de faire un pas en avant, c'est certain. Mais la course d'obstacles n'est  pas terminée et une chute est toujours possible.

Rappelons brièvement la position des élus d'Anglet sur cette question: Favorables à l'arrivée d'IKEA seul, ils ont dit leur désaccord avec l'implantation d'une centaine de boutiques qui vont rentrer en concurrence directe avec celles du centre ville de Bayonne et de BAB2. Comme les commerçants du coeur d'agglomération, ils suivent donc avec attention l'avancée du dossier.

 

On pourra lire dans ce même blog, plusieurs articles sur le sujet, dans la rubrique "commerce" et en particulier:

- IKEA à Bayonne, une prise de position des élus angloys (3/01/2011),

- IKEA et Ondres (26/02/2011),

- IKEA et les autres (26/06/2011). 

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 12:22

La communauté d'agglomération Cote-basque Adour vient de se doter d'un schéma d'armature commerciale. De quoi s'agit-il?

La ville et le commerce sont étroitement liés. Une ville commerçante est une ville vivante. A l'inverse, un quartier où un village sans commerce est un quartier où un village qui vit mal. 

Par ailleurs, la multiplication anarchique et incontrôlée des commerces produit des effets pervers: certains commerces traditionnels périclitent avec leur lot de drames humains, les zones commerciales périphériques prolifèrent au détriment des centres urbains, et des friches commerciales commencent à apparaitre au coté des friches industrielles. La logique du seul profit immédiat produit des effets catastrophiques.

Sur l'agglomération les opérations commerciales d'envergure déjà programmées où à l'étude se multiplient, menacant les commerces existants. On nous annonce des projets qui , s'ils se réalisaient tous, cumuleraient 200 000 m2 de plancher, soit la moitié de la totalité des commerces de toutes natures aujourd'hui existants ! Au nom de la ville d'Anglet j'ai donc plaidé pour que l'agglo se saississe de ce dossier et essaye de contrôler l'évolution commerciale. Pour que tous soient gagnants: les commerçants, les consommateurs et l'ensemble des habitants. Le schéma d'armature commercial que l'agglomération vient d'adopter poursuit cet objectif.

 

Le schéma d'armature commerciale et les "coups partis".

Le schéma a pour ambition: 

- de préserver et dynamiser l'existant, en particulier les commerces de proximité dans les quartiers, les commerces de centre-ville à Bayonne et Biarritz, le coeur commercial d'Anglet autour de BAB2.

-de contrôler le développement  des nouveaux ensembles commerciaux, pour qu'ils apportent plus de qualité de vie et structurent la ville sans étalement inconsidéré.

Le schéma constate les "coups partis", en particulier Inter-IKEA et le projet d'Ondres qui ont été validés en CNAC (commission nationale d'urbanisme commerciale). Anglet a fait savoir en son temps qu'elle n'était pas favorable à ces projets et a voté contre au sein du SCOT (schéma de cohérence territoriale) (1), mais nous avons considéré qu'il était important d'avancer et pour ne pas bloquer le processus nous avons accepté que le schéma d'armature commerciale de l'agglomération les prenne en compte. Ce qui est important à nos yeux est d'avoir un outil qui nous permette de dialoguer avec les opérateurs commerciaux et qui intègre la dimension commerciale dans la ville "durable" que nous appelons de nos voeux.  

 

Des commerces qui rayonnent sur la région... ou sur leur quartier.

Le schéma distingue les commerces de centre ville (où de centre-bourg), les commerces de périphérie et les commerces d'opportunité qui s'installent le long des axes de circulation pour capter la clientèle de passage. Il définit aussi différent niveau de rayonnement pour chaque secteur. La zone commerciale de BAB2 par exemple est repérée comme ayant un rayonnement régional, l'ensemble  autour du  Leclerc, le long du BAB a un rayonnement inter-communal, les commerces de l'avenue de Montbrun et du carrefour Fine ont une fonction de proximité... Tous les secteurs et quartiers de l'agglomération sont ainsi soigneusement analysés. Et pour chacun le schéma propose des modalités d'évolution qui permettent la modernisation et la libre concurrence tout en évitant de déstabiliser les ensembles commerciaux les plus fragiles, indispensables au bon fonctionnement de la ville.

On se doute que ce travail, qui s'appuie sur une étude d'un bureau spécialisé - Bérénice - et sur des études parallèles de la CCI, a nécessité de nombreux arbitrages. Près de deux ans d'étude ont été nécessaires. Lancé en août 2010, le schéma d'armature commerciale a donc été voté ce 30 mars 2012 en conseil d'agglomération.

 

Le cas d'Iraty

Au cours de ce conseil, les représentants de la ville de Biarritz se sont abstenus. Pourquoi?

Pour marqué leur désaccord avec le traitement réservé au quartier d'Iraty, près de la gare de la négresse. Petit retour en arrière.

Les élus de l'agglomération qui travaillaient depuis plus d'un an sur le projet d'armature commerciale ont appris à l'automne dernier que Biarritz portait un projet commercial d'envergure sur le site d'Iraty, en dessous de la grande Halle qui accueille depuis deux ans les salons et expositions. Fin Novembre le Maire de Biarritz explicitait son projet et annoncait un centre commercial autour du magasin Leclerc d'une superficie de l'ordre de 5000 m2 et des petites boutiques représentant 20 000 m2!

Il y a quelques jours nous apprenions qu'une CDAC (commission départementale d'urbanisme commercial) était convoquée début avril pour examiner une demande d'un opérateur privé portant sur un projet de 18 000 m2 de surface de vente (2) . Les élus des quatre autres villes de l'agglo - Bayonne, Boucau, Bidart et Anglet - se prononcaient contre ce projet en réunion de bureau le 26 mars, puis au cours d'un autre bureau exceptionnel le 28 mars. Le 30 mars, en conseil d'agglomération le Maire de Biarritz proposait de ramener la surface de vente du projet à 10 000m2, mais demandait le classement de la zone d'Iraty en "centralité urbaine à rayonnement inter-communal". Le président de l'agglomération proposait après débat de voter le schéma d'urbanisme commercial en l'état - il prévoit pour Iraty un classement en zone commerciale à rayonnement inter-quartier - et d'examiner ensuite, paisiblement, le devenir de ce quartier de Biarritz, une  modification du schéma étant toujours possible après coup. Les élus biarrots choisissaient alors de s'abstenir.

 

Le devenir du quartier d'Iraty.

Ce quartier placé entre l'aéroport et la gare de la Négresse occupe une position stratégique, au sud de l'agglomération. C'est aujourd'hui une zone déqualifiée mais en mutation rapide: La grande halle d'Iraty qui le domine accueille des salons et expositions d'envergure. Un magasin Leclerc de 2500 m2 de surface de vente s'est récemment installé. L'ATABAL, haut lieu des musiques amplifiées, draine une population jeune... Classée au PLU de Biarritz en zone à vocation économique c'est indiscutablement un quartier d'avenir. Mais quel avenir? Là est la question!

Placé à deux pas de l'aéroport et de la gare, à proximité des sorties d'autoroute, il est cependant enclavé, mal desservi par les transports en commun. Le premier chantier est d'étudier son désenclavement et sa mise en réseau avec les quartiers avoisinants : la Négresse à Biarritz, Brindos à Anglet, le reste de l'agglomération par la RD810 et le Boulevard du BAB tout proches. Regroupant des activités artisanales de toutes natures, c'est un quartier dont le bâti est médiocre, manquant d'espaces publics de qualité. Doit-il rester une zone à vocation économique ou - au contraire - peut-il diversifier ses fonctions : artisanales et industrielles mais aussi commerciales,  tertiaires, et peut-être même résidentielles? Cela mérite d'être étudié. Il appartient bien sûr à la ville de Biarritz de définir l'avenir qu'elle souhaite pour ce coin de territoire, une réelle opportunité pour cette ville très dense par ailleurs et qui manque d'espaces disponibles. Mais cela ne peut se faire dans l'ignorance des proches voisins, en particulier de Bidart et d'Anglet. A Anglet nous avons aussi des projets, que nous avons présenté à l'agglo en temps utile. Nous avons des commerces que nous voulons protéger, et un ambitieux programme de requalification de notre centre que nous voulons conduire à bien. Nous serons donc attentif aux propositions que pourraient nous faire Biarritz pour que le projet d'Iraty renforce le potentiel urbain sur les franges sud de notre commune. Et nous sommes prêt à collaborer avec les biarrots  au sein de l'agglomération- s'ils le souhaitent - pour faire d'Iraty un pôle important de la ville de demain.

Ce qui est sûr:  sans études approfondies, il n'était pas possible de décider ce vendredi 30 mars du devenir d'Iraty.

10 000 m2? Est-ce le bon chiffre? A priori c'est beaucoup trop. Avec quelle structure, avec quels  commerces? Il faut en débattre. "Centralité urbaine", nous disent les élus biarrots? Cette définition correspond-elle au futur quartier? "A rayonnement inter-communal" ajoutent-ils ? Ca se discute avec les autres communes. Quelles règles d'urbanisme commercial allons-nous accoler à cette définition de "centralité urbaine à rayonnement inter-communal", si c'est ainsi que nous choisissons finalement de qualifier Iraty?

Voilà beaucoup de questions qui méritent débat.

 

(1)  voir articles précédants sur ce blog (rubrique "commerces") : IKEA, le SCOT délibère (23/10/2011); IKEA et les autres (26/06/2011); La ville et ses commerces (25/06/2011). 

(2)  IRATY : 10 000 m2 de boutiques (BAB2 = 8000m2),  2800 m2 de moyennes surfaces (BAB2 = 800 m2) et 5000 m2 de grandes surfaces non alimentaires (BAB2 = 3000 m2).

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 21:11

Le mardi 18 octobre, le conseil syndical du SCOT de Bayonne-Sud Landes, qui regroupe 48 communes de l'aire d'influence du B.A.B. devait se prononcer sur les projets commerciaux de Ondres - 53 000 m2 de surface de vente autour d'un hyper AUCHAN - et d'Ametzondo - 57 000 m2 de surfaces de ventes autour d'IKEA.

Jean ESPILONDO,  Maire d'Anglet est intervenu sur cette question. résumé.

 

ONDRES: un projet légitime mais surdimensionné. 

"Il est légitime que la population du Sud des Landes attende un équipement commercial de rayonnement intercommunal, voire interdépardemental, mais nous considérons que le projet présenté est disproportionné et inadapté à la réalité locale" affirmait-il en introduction. Il rappelait ensuite que le projet propose une surface de vente double de BAB2 (!), dans une zone non desservie par les transports en commun, ce qui ne manquera pas d'engendrer un bilan carbone désastreux.  Il concluait: "Tous les acteurs de la vie économique et sociale, tant les décideurs que les consommateurs, s'accordent à dire qu'il faut développer les services de proximité et notamment les commerces de centre-ville au détriment de grandes zones commerciales périphériques" et annonçait son abstention. Une abstention qui marque son accord pour un équipement commercial, mais dimensionné plus modestement, en fonction de sa zone de chalandise.

Oui à IKEA, mais pas dans le schéma commercial proposé.

La position de la ville d'Anglet est connue depuis longtemps. On peut la résumer ainsi: Oui à IKEA, non à la galerie commerciale, concurrente directe des commerces de centre-ville. Jean Espilondo a longuement développé ce point de vue, en s'appuyant tout à la fois sur les conclusions de BERENICE, un bureau d'étude qui a travaillé pour l'agglomération et qui marque ses réserves vis-à-vis de la galerie marchande, sur l'avis de PROCOS, l'association qui regroupe la plupart des grandes enseignes commerciales, et l'interview récente à Sud-Ouest du Président de la CCI, André Garreta.

Il a rappelé que la galerie commerciale de 27 700 m2 de surface de vente ( soit 34600 m2 de surface SHON) que veut édifier IKEA doit être comparée au 12 000 m2 de BAB2.

Et de conclure: " Je réaffirme mon adhésion au projet d'IKEA et ma plus grande réserve sur la galerie marchande telle qu'elle est envisagée aujourd'hui, dans sa dimension et dans son positionnement commercial. Il y a lieu de tenir compte des besoins de chacun afin de privilégier la complémentarité plutôt qu'une concurrence exarcerbée qui serait préjudiciable à tous. C'est la conclusion de M. Garreta. Vous comprendrez que je sois favorable au "libéralisme tempéré " de M. Garreta. En conséquence à ce stade du dossier la ville d'Anglet s'abstiendra."

 

Le Maire d'Anglet était ensuite rejoint dans ses critiques par des élus de Biarritz et Bayonne.

Mais au final le SCOT donnait un avis favorable à ces deux projets.

 

Pour que chacun puisse mesurer les enjeux, nous donnons ci-dessous les  surfaces annoncées, comparées au grand centre commercial de l'agglomération actuel, BAB2.

 

SURFACES (1) Carrefour BAB2 projet ONDRES Projet IKEA Commentaires
Surface alimentaire 13 000 m2 12 000 m2 5000 m2  
moyennes surfaces 4042 m2 42 000 m2 15900 m2 Ondre= 10 fois BAB2!
boutiques 7950 m2 10 300 m2 18700 m2 Ikea= 2,5 fois BAB2
restauration 1287 2600 non chiffré  
total galerie marchande (2) 12 000 m2 52 300 m2 34600 m2 Ondres+IKEA=86900 m2

(1)  Pour les grandes surfaces alimentaires nous donnons les surfaces de ventes (SV). Pour les autres lignes nous donnons la surface hors oeuvre net (SHON), seul chiffre à notre disposition pour BAB2. Pour Ondres et Ikea nous avons transformé la surfaces de vente donnée au SCOT (et à la CDAC) en SHON en appliquant un coefficient:

SHON = 1,25 x SV

exemple: Pour IKEA, le promoteur  annonce une surface de vente (SV) de 14 990 m2 pour les boutiques. Donc

14990 x 1,25 = 18737 m2 de SHON arrondi à 18700 m2.

(2) galerie marchande = moyennes surfaces + boutiques.

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 11:15

La CDAC (commission départementale d'urbanisme commercial) a tranchée. IKEA est autorisé a s'implanter à Ametzondo.

Curieusement, ni Anglet , ni l'agglomération Cote Basque Adour (ex BAB) ne faisait partie de cette CDAC (1). Nous n'avons donc pas pu y exprimer nos réticences sur ce projet (voir mes articles précédants dans lesquels j'explique pourquoi nous disions oui à IKEA, mais non au centre commercial démesuré qui devrait l'accompagner). Dans le même temps la CDAC des Landes a donné son feu vert au projet d'Ondres. Prochainement elle devrait statuer sur le projet de Saint Geours.

On imagine mal que ces trois projets aboutissent simultanément. Lequel, où lesquels, resteront en l'état et ne se réaliseront pas?

Concernant IKEA les choses ne sont pas encore totalement jouées. Les enseignes nationales hésitent à rejoindre le programme: Le projet d'inter-IKEA de Bry-sur-Marne, récemment ouvert, ne semble pas répondre aux attentes des investisseurs, la clientèle n'étant pas au rendez-vous à la hauteur espérée. Que se passe-t-il à Caen, qui devrait ouvrir en 2014? Des enseignes y étaient annoncées en janvier dernier sur le site internet d'inter-Ikéa. Aujourd'hui celui-ci est muet et n'avance plus de partenaire, ni même de surface commerciale projetée... Il faudra suivre avec attention les résultats d'Avignon qui sera inauguré à l'automne. A Bayonne, Carrefour serait sur les rangs pour ouvrir la grande surface alimentaire associée à IKEA, mais le site d'Inter-IKEA n'annonce aujourd'hui aucune  enseigne pour sa galerie. IKEA avait choisi Bayonne pour sa proximité avec l'Espagne, or la crise est passée par là, avec les conséquences qu'on sait pour nos voisins ibériques. Les grandes marques  sont prudentes: les chiffres d'affaire des hyper ont baissé de 3% en France l'an dernier; la crise n'est peut-être pas derrière nous, et la multiplication des surfaces commerciales, partout sur le territoire national, n'est pas sans conséquence : la rentabilité globale des m2 commerciaux a fortement baissé. A toutes ces inconnues s'ajoutent les risques de contentieux, de plus en plus fréquents aujourd'hui. Conclusion: avec le passage réussi en CDAC, IKEA a gagné une bataille, mais ...

Entendons-nous bien: je ne me réjouirais pas de l'échec complet du projet. La venue d'IKEA sur l'agglomération est souhaitable: la force d'attraction de l'enseigne suédoise demeure. Son installation à Ametzondo drainera vers la cote basque une clientèle nombreuse qui nénéficiera sans doute pour partie aux commerces existants. Ce qui pose problème, et semble-t-il pas pour moi seulement, c'est la galerie d'Inter-IKEA  et les 100 boutiques (toujours annoncées sur le site d'inter-IKEA le 26 juin!) qui y seraient accolées. A suivre...

 

Mais les élus angloys ne doivent pas seulement regarder ce qui se passe du coté d'Ametzondo. Ils se doivent d'abord d'accompagner les commerçants angloys dans leurs projets, pourvu que ceux-ci s'inscrivent dans notre projet de ville dynamique, solidaire et durable. C'est ce que nous essayons de faire aux Cinq-Cantons,, à la Bécasse ou sur l'avenue de Bayonne (ex RN 10).

Unibail, qiui gère la galerie de BAB2 voudrait augmenter ses surfaces de vente. Nous l'accompagnerons si cette hausse reste raisonnable et n'est pas de nature à déstabiliser d'autres sites. Nous  soutiendrons même avec force son projet s'il permet d'engager la mutation de ce territoire, aux confins de Bayonne et d'Anglet, pour en faire un vrai quartier urbain. Il faudra pour cela qu'Unibail regarde la ville autour de lui, et prenne en compte les projets de l'agglomération quitte à renoncer à quelques places de parking.

Leclerc, sur le boulevard du BAB souhaite également moderniser ses installations et augmenter sa surface commerciale. Là aussi, il faut mesurer soigneusement les impacts commerciaux et urbains d'un tel projet avant de s'engager plus avant. Le dynamisme du magasin est réel. Cependant son implantation au coeur de la ville nous commande d'être prudent.

Il n'appartient pas aux élus d'apprécier l'efficacité commerciale des implantations envisagées. Par contre, c'est de leur responsabilité d'étudier les conséquences de ces projets sur la structure urbaine.

Les commerces sont une composante essentielle de la ville. Une ville agréable est une ville bien achalandée. Voilà pourquoi les élus d'Anglet sont attentifs au devenir des commerces de leur ville.

 

(1) la composition de la CDAC est fixée par le préfet à partir d'un décret qui lui laisse une bonne marge de manoeuvre.

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 22:12

Quel place faut-il réserver au commerce dans les aménagements urbains que la municipalité engage, conformément à son "projet de ville" ?

"La ville est fille du commerce". Les villes, historiquement, se sont crées autour des principaux carrefours commerciaux. Aujourd'hui encore ce qui fait l'animation d'une ville ou d'un quartier, ce sont ses commerces, ses marchés, ses foires. Généralement on trouve trois sortes de commerces : En centre ville, les commerces qui rayonnent sur l'agglomération et sa zone d'influence - que les spécialistes appellent "la zone de chalandise". Dans les quartiers des commerces de proximités, pour répondre au besoins quotidiens des habitants. En périphérie enfin, et cela depuis une quarantaine d'années, des centres commerciaux alliant grandes surfaces alimentaires et galeries marchandes, concurrents directs des centres-villes. A Anglet nous avons une spécificité : Nous n'avons pas un vrai centre-ville et les grandes surfaces "de périphérie" sont rassemblées autour de Géant et de BAB2, sur un site placé aujourd'hui au coeur de l'agglomération du BAB. Le défi d'Anglet est donc complexe: Il s'agit tout d'abord, de renforcer l'attractivité de la zone centrale, qui va de Bernain à BAB2 , pour en faire  un  coeur de ville, et dans le même temps de développer un commerce de proximité attractif, dans les quartiers.

Un vrai coeur de ville.

Le projet que la municipalité présente aujourd'hui (voir l'exposition en Mairie) pour l'aménagement de l'avenue de Bayonne  est la première étape pour la création d'un vrai centre pour Anglet. On crée des logements en densifiant les rives de l'ancienne nationale 10, le long d'un axe structurant de bus en site propre, mais aussi on renforce l'attractivité de la zone en aménageant 4500 m2 environ de surface commerciale en rez-de -chaussée des futurs immeubles. A Bernain, une vraie place avec ses terrasses, deviendra le lieu de rencontre privilégié entre les résidents, les étudiants de Montaury et les nombreux chalands attirés par les commerces et le marché de Quintaou.

 L'avenue de Bayonne doit rester une "adresse" recherchée par nos concitoyens, lorsqu'ils font leurs achats. Les contacts que nous avons pu avoir avec les professionnels montrent qu'ils sont très attachés à ces lieux, placés au centre géographique de l'agglomération, sur un axe routier qui va être valorisé par les futurs aménagements de voirie liés au TCSP (Transport en commun en site propre). Et les spécialistes de l'urbanisme commercial que j'ai pu rencontrer confirment que ce "coeur de ville" à un avenir.

Des places, dans les quartiers.

Mais Anglet, aujourd'hui, vit dans ses quartiers. Il est donc nécessaire de valoriser les pôles commerciaux de proximité qui les font vivre.

A la Bécasse, le Sémaphore", qui va accueillir boutiques et associations, va accroitre l'attractivité des commerces de l'avenue de l'Adour. Aux Cinq-Cantons, la rénovation de la place du Général Leclerc va conforter son rayonnement, avec les travaux tout autour pour augmenter les possibilités de stationnement et sécuriser la circulation .  Ces deux places, très différentes dans leur fonctionnement sont l'une et l'autre indispensables pour bien vivre ensemble. La qualité de vie dans les quartiers, à Blancpignon et au Cinq-Cantons  sera améliorée par leur transformation. Les commerces répondront mieux à leur mission, pour le bonheur de tous, clients et commerçants.

Tous ces aménagements répondent à une même logique : structurer la ville pour la rendre plus agréable, plus vivante, plus chaleureuse. Dans ce projet, le rôle des commerces est central.

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 00:18

Le quotidien Sud-Ouest nous apprend deux choses aujourd'hui 25 février 2011.

Premièrement, le projet de centre commercial à Ondres est en bonne voie.

IKEA-doc-Inter-Ikea.jpgDeuxièmement, IKEA aurait réduit sensiblement les surfaces de la galerie commerciale qui accompagne son projet d'Ametzondo, aux portes de Bayonne.

Pour la première nouvelle, attendons confirmation. Mais il semble en effet que la société SODEC qui porte ce dossier de Ondres avance assez rapidement.

La deuxième est un signe encourageant de l'évolution du projet d'IKEA. La marque suédoise a-t-elle compris qu'elle devait compter avec les commerces existants, à Bayonne et Anglet tout particulièrement ?

 Nous voulons l'espérer. 

 Mais il ne suffit pas de réduire la voilure, ce qui compte c'est la nature des enseignes qui vont accompagner IKEA. Quelques moyennes surfaces dédiées à l'univers de la maison? C'est la solution qui a été choisie à Brest et cela semble  bien fonctionner, le centre-ville n'ayant pas souffert de son implantation, au contraire. Une surface alimentaire et une galerie marchande directement concurrente des commerces de centre ville? Nous ne l'accepterons pas.

A suivre...

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 21:46

Au moment ou IKEA est programmé sur Ametzondo à Bayonne, alors que dans le même temps, plusieurs projets de centres commerciaux de grandes tailles sont annoncés dans le sud des Landes, on peut légitimement s’interroger sur l’avenir de la zone commerciale de BAB2 et de Géant, sur le territoire d’Anglet, au cœur de l’agglomération.

 

Une consommation qui évolue.

Cette interrogation est d’autant plus légitime que l’évolution de la consommation, constatée sur tout le territoire national, laisse penser que nos concitoyens se détournent progressivement des hypermarchés, au profit des petites et moyennes surfaces. Cette évolution vient d’ailleurs questionner la pertinence des projets énormes annoncés en périphérie (on parle de 200 000m2 de surface commerciale créée), qui semblent relever d’une logique aujourd’hui dépassée.

Les hypermarchés d’Anglet ont vu le jour à la fin des années 60 et se sont épanouis dans les années 80, au moment ou les français découvraient les joies de la consommation… et de l’automobile. Aujourd’hui, la crise étant venue, la consommation est en berne et l’automobile n’est plus reine. Les consommateurs se détournent des grandes surfaces au profit des magasins discount et des commerces de proximité. Les premiers chiffres de l’enquête ménage déplacements (EMD)[1] qui vient d’être réalisée sur le bassin de vie de Bayonne, montre en outre que la place de la voiture dans les déplacements quotidiens commence à baisser.

Des hyper en cœur de ville.

Ces « hyper » avaient été implantés à l’époque « en périphérie » de Bayonne. « BAB2 » est même construit sur une décharge d’ordure ménagère qui était encore en service dans le courant des années 70. Mais cette banlieue déqualifiée est devenue le cœur de l’agglomération. Construites pour l'automobile, les machines commerciales d’Anglet ne sont plus aussi facilement accessibles en voiture. La circulation, fluide il y a quelques années, commence en effet à devenir trop chargée, en particulier aux heures de pointes. Résultat : la « zone de chalandise »[2] des hypermarchés angloys, et des boutiques qui les accompagnent, s’est progressivement réduite.

Nos grandes surfaces sont donc confrontées à un triple défi :

-         Résister à la concurrence de nouvelles grandes surfaces, dont on annonce l’implantation prochaine.

-         Prendre en compte les évolutions de la consommation qui semblent se faire à leur détriment.

-         Gérer leur implantation en cœur d’agglomération, atypique pour des commerces de leur catégorie.

Si elles ne maitrisent pas les installations futures de la concurrence, elles peuvent par contre développer une stratégie qui leur permettra d’accompagner les mutations en cours.

 

Faire du cœur d’agglomération un centre ville.

Je ne suis pas un spécialiste des pratiques commerciales, mais j’ai un regard sur la ville, et une petite idée du devenir de l’agglomération, en particulier de ce « croissant fertile » qui va de l’Adour à Bernain sur l’avenue de Bayonne (ex RN 10), en passant par les Pontots, BAB2 et le Busquet. Ce cœur géographique de l’agglomération n’est pas encore un « centre ville » Il a vocation à le devenir progressivement. Et c’est cette évolution que les grandes surfaces doivent accompagner, encourager même, pour ne pas mourir lentement.

On ne reviendra pas en arrière : la circulation automobile en ville sera de plus en plus difficile. Pour éviter la thrombose les collectivités publiques mettent en œuvre une politique ambitieuse (et couteuse !) pour proposer des alternatives à l’automobile : transport en commun en site propre, création de pistes cyclables… par exemple. Mais il n’y aura pas de miracle et il est impensable que nos concitoyens se détournent massivement de l’automobile, et pour une raison simple : beaucoup d’entre eux n’ont pas le choix. La circulation automobile restera difficile.

 Dans ses conditions, les grandes surfaces doivent collaborer avec les pouvoirs publics pour favoriser l’accès à leur magasin par le bus ou le vélo. On sait, parce qu’on l’a vérifié ailleurs, que de nombreux consommateurs choisiront de fréquenter leurs rayons en utilisant ses moyens d’accès alternatifs.

 

Des parkings différents.

Elles doivent aussi s’interroger sur l’utilisation judicieuse des terrains aujourd’hui consacrés au parking. On sait  faire des parkings silos, de trois ou quatre  étages, qui évitent de longs cheminements aux clients pour rejoindre leur voiture avec leur chariot, parfois sous la pluie. Avec ces silos on peut stocker le même nombre de voiture qu’aujourd’hui en récupérant une bonne partie des parkings de surface pour d’autres usages. En redessinant complètement ce secteur, on pourrait créer un vrai centre ville avec des commerces reconfigurés et diversifiés, des logements, des bureaux, des activités artisanales, et de nouveaux équipements publics.

 

Tout ne se fera pas en huit jours, ni même en cinq ou dix ans. Mais si on ne va pas dans cette direction, on peut s’interroger sur le devenir des grandes surfaces généralistes ou spécialisées dans ce secteur, à la frontière de Bayonne et d’Anglet. Et sur les boutiques qui les accompagnent en cœur de ville. 



[1] Je reviendrai sur les résultats de cette enquête quand ils seront publiés.

[2] On appelle zone de chalandise le territoire de résidence de  la clientèle habituelle du magasin.

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  • : Jean-Pierre Voisin, adjoint au maire d'Anglet de 2008 à 2014 en charge de l'urbanisme, livre ici son point de vue sur les dossiers locaux et dialogue avec les angloys. Ses propos n'engagent que lui-même.
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