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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 21:45

Article paru le 10 janvier 2012 dans le journal du Pays basque.

«Les pétitionnaires sont contre le bétonnage d’Anglet ? Moi aussi !»

Entretien avec Jean-Pierre VOISIN / Adjoint angloy au Développement urbain

 

Conforté par l’avis favorable du commissaire enquêteur, rendu en début de semaine dernière, l’adjoint angloy à l’Urbanisme, Jean-Pierre Voisin, estime que le projet “cœur de ville” se trouve “en bonne voie”. Il répond aux critiques malgré tout persistantes à l’égard de cet aménagement de l’ex-RN 10.

 

Avez-vous été surpris par l’absence de réserve et de recommandations dans l’avis rendu ?

Je n’ai pas été surpris. C’était un avis que nous espérions, même si nous n’avions aucune certitude. L’enquête publique est là pour ça : elle permet à une personnalité indépendante et compétente de donner un avis sur la faisabilité juridique et l’opportunité en termes d’aménagement public d’un projet. C’est une bonne nouvelle.

 

 

Considérez-vous “cette bonne nouvelle” comme un feu vert au projet ?

On entre maintenant dans la procédure habituelle. Il y aura un permis de construire, qui sera rendu public. Des riverains pourront s’y opposer, intenter un recours. Rien n’est donc définitif. Mais nous sommes sur la bonne voie, je suis optimiste pour la suite. L’avis, argumenté, nous conforte quant à la validité et la qualité de notre projet.

 

Envisagez-vous la moindre modification ?

Le commissaire enquêteur a souligné la qualité de notre projet. Nous sommes engagés, nous n’avons pas l’intention de le modifier. Il peut y avoir des évolutions à la marge, mais on ne remettra pas en cause l’esprit général.

 

Que pensez-vous du contre-projet de l’opposition UMP-MoDem-société civile, qui vous invite notamment à réduire la hauteur des bâtiments ?

Nous avons essayé de respecter les principes de développement durable. On ne peut pas construire la ville comme dans les années 1970-1980, quand on consommait du foncier au détriment des espaces agricoles et naturels. Aujourd’hui, on sait que le foncier est rare et qu’il faut l’économiser. En plus de cela, il y a une vraie urgence à Anglet, avec 2 000 demandes de logements sociaux en attente. Pour préserver la ville-jardin et satisfaire ce besoin, il faut que dans certains endroits, on accepte une densité plus forte. Le Padd de 2004 (Projet d’aménagement et de développement durable, document politique exprimant les objectifs de la collectivité sur une période de 10 à 20 ans), élaboré par nos prédécesseurs, souligne que l’ex-RN 10 est le quartier où ça doit se faire, en cœur de ville, avec des services publics et des transports en commun. Tout cela contredit les propositions de l’opposition. Si on fait moins de logements là, il faudra construire ailleurs et densifier d’autres quartiers d’Anglet.

 

Une pétition contre le projet aurait recueilli près de 1 000 signatures. Allez-vous en tenir compte ?

Cette pétition a été remise au commissaire enquêteur. Nous ne la connaissons pas, on va essayer de se la procurer. Il y aurait environ 900 signataires. J’aimerais d’abord m’assurer qu’il s’agit d’Angloys, car elle a été présentée sur le marché de Quintaou. Elle défend la ville-jardin et prend position contre le bétonnage d’Anglet. Mais moi aussi, je suis contre le bétonnage ! Nous construisons moins que nos prédécesseurs. Sur les quatre dernières années, ils ont fait 2 848 logements, soit 700 par an. Nous sommes à 350 par an. Ce n’est pas du bétonnage !

 

Les gens auraient donc mal compris votre projet.

Il n’a peut-être pas été suffisamment expliqué. Nous avons fait une exposition de six semaines, visitée par 1 200 personnes. Il reste du travail à faire en terme pédagogique. Après, si 900 personnes sont contre les logements sur l’ex-RN 10, il y en a aussi 2 000 qui attendent un logement.

 

Avez-vous suffisamment concerté et/ou informé la population ?

Ce projet “cœur d’Anglet” fait partie d’un projet plus global, le “projet de ville”, dont une brochure a été envoyée à tous les Angloys. Nous avons fait quatre réunions publiques là-dessus. Il y a eu l’exposition, des articles dans la revue municipale et la presse. On n’en a sans doute pas fait assez, mais c’est quand même pas mal. Nos prédécesseurs n’ont jamais fait une réunion publique…

 

Vous êtes également critiqué pour avoir voulu passer en force, en modifiant le Plu (Plan local d’urbanisme) plutôt qu’en le révisant, ce qui est plus rapide…

Il s’agit en fait d’une révision simplifiée, qui est une procédure permettant une révision quand cela s’inscrit dans l’esprit du Padd. Les tribunaux s’y réfèrent. Or, le Padd de 2004, qui est un bon document – l’opposition l’avait dit à l’époque –, prévoyait cette densification.

 

Derrière cet argument, il vous est reproché de vouloir remplir au plus vite vos objectifs de logement sociaux…

Je l’assume complètement. Deux mille personnes attendent un logement social à Anglet. Les situations sont parfois dramatiques. D’autres fois, elles sont ordinaires, avec des enfants contraints de continuer à vivre chez leurs parents. La révision générale en cours prendra encore un an. On ne peut pas attendre, on veut aller vite. Cela s’inscrit dans une démarche globale de trois ans. Ce n’est pas un coup fourré en catimini.


Certains élus PCF s’inquiètent de la qualité du logement social prévu, différenciant les PLAI et PLUS, des PLS plus chers. Qu’en sera-t-il ?

Quand nous parlons de logement social, il s’agit de PLAI et de PLUS. Les PLS n’en sont pas. Tous les logements sociaux proposés seront de type PLAI et PLUS. Pour ce qui est du Col, 87 logements sont prévus, 60 % en accession sociale, 40 % en locatif social PLUS ou PLAI. Avec Alday, il y aura entre 30 et 40 % de logements sociaux PLUS ou PLAI. A Bovéro, un tiers sera en locatif social PLUS et PLAI, un tiers en accession sociale et le dernier tiers en marché libre. Au total, cela fera entre 30 et 40 % de logement social, 20 à 25 % d’accession sociale et environ 40 % de marché libre. Les communistes disent qu’il n’y a pas assez de logement social, Angeluzain qu’il y en a trop, que cela sera un ghetto. Entre les deux, nous sommes dans un bon équilibre.


Le projet Bovéro est porté par un partenariat public-privé alors que le terrain est municipal. Pourquoi ne pas avoir fait appel à un opérateur public ?

On a considéré qu’en faisant 100 % de logement social avec le Col, il fallait maintenir une mixité sociale. La vraie mixité, c’est faire vivre ensemble population aisée, classe moyenne et couche populaire. La richesse d’une ville, c’est sa diversité.


Pierre MAILHARIN

 

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 21:33

Enquête publique « Cœur de ville ».

 

Le commissaire en charge de l’enquête publique pour la révision partielle n°5 du PLU a rendu ses conclusions. Cette enquête concernait en particulier le projet de Cœur de ville le long de l’avenue de Bayonne.

 

Une enquête qui a mobilisée les angloys : 243 avis recueillis. Avec des avis positifs ou négatifs qui s’équilibrent sensiblement : Ce qui est tout à fait remarquable car dans une enquête publique seuls les avis négatifs s’expriment habituellement. Il semble donc que la campagne virulente de l’opposition, si elle a logiquement réuni les mécontents ait aussi, en réaction, provoqué une mobilisation de ceux qui approuvent notre politique urbaine et qui connaissaient le projet pour l'avoir découvert lors de l'exposition en Mairie du début de l'été.

 

Que trouvons-nous dans ce rapport du commissaire enquêteur ?

 

Avis positifs :  

Le commissaire constate : « Les demandes essentielles portent sur les besoins de logements, la mixité sociale, les transports publics, l’avenir des jeunes et leur fixation sur la ville. L’esthétique n’est pas critiquée. L’urbanisme est nécessaire sur cette zone choisie. Rénovation de la zone, triste, vétuste et délabrée. »

 

Avis négatifs :

Le commissaire enquêteur remarque : « Les observations les plus nombreuses ont concerné la hauteur des immeubles, la concentration excessive de la population conduisant à l’insécurité, l’absence de parkings et de stationnements, les problèmes liés à la circulation actuelle très encombrée, le bétonnage et le manque de concertation, de consultation, de débat, de réunion publique, de referendum. L’absence de services liés à la densification. La perte d’identité de la ville, Anglet doit rester la ville aux sept clochers. » 

Il commente ensuite ces critiques pour constater que « contrairement à ces observations » il y a eu une large information du public par une exposition, des réunions sur le projet de ville, un dossier dans le bulletin municipal et des articles dans la presse.

Il relève aussi « que l’ambiance est malsaine et viciée par les partis pris politiques ». Et il illustre son propos par le tract diffusé par M. Mortalena sur le bassin de rétention de Mondeville. M. Mortalena y expliquait que la municipalité voulait « pour construire des immeubles de 10 étages sur la RN 10 » réaliser un bassin de rétention sur un espace boisé à Mondeville. Et il appelait les résidents de ce quartier à se mobiliser contre ce projet. Or il est lui-même à l’origine de ce bassin de rétention sur ce site précis, comme un courrier signé de sa main en 2007 l’atteste.

Nous pourrions ajouter que les références répétées à la ZUP, par l’opposition municipale, comme dans le dernier bulletin municipal, ne sont pas innocentes. Ce n’est pas seulement l’architecture qui est mise en cause, mais aussi toute une population qui est stigmatisée.

 

Conclusions motivées du commissaire enquêteur.

 

Le commissaire constate :

-         Que cette modification se situe dans la droite ligne du PADD de 2004.

-         Qu’elle s’inscrit dans la politique définie par le PLH de l’agglomération et dans le projet de ville d’Anglet.

 

 Le projet est conforme au PADD du PLU de 2004.

Le Commissaire relève la cohérence du projet par rapport au PADD du PLU de 2004. Nous avions affirmé à l’époque que ce PADD nous semblait conforme aux principes du développement durable, mais que le règlement du PLU le contredisait souvent. Que retient le commissaire enquêteur de ce PADD :

  • Qu’il faut promouvoir «une ville respectueuse de son environnement, soucieuse de valoriser son milieu naturel et capable de gérer de façon économe son patrimoine et ses ressources, par une politique visant en particulier à promouvoir des formes urbaines plus denses sur les nouveaux secteurs à urbaniser. »
  • Que « L’économie tertiaire revendique par nature une relation de proximité avec la densité urbaine et ses voies d’accès de qualité. La RN 10 et le BAB qui offrent ces deux conditions remarquables demeurent des axialités très sollicitées par cette économie urbaine. » 
  • Et aussi : « Les quartiers centraux de Saint-Jean et Bernain et leurs voisins immédiats concentrent une population importante, mais qui reste faible au regard de la qualité et de la quantité des services disponibles. L’enjeu de la densification du centre-ville angloy, qui pourrait présenter des déclinaisons au niveau des centralités de quartier encore vivantes sur la commune, est donc majeur. »

 

Le projet est conforme au PLH

Le commissaire constate tout d’abord que

«-  A l’échelle nationale, la crise du logement n’est plus à démontrer…c’est d’autant plus vrai dans un secteur comme Anglet, très attractif, où ce phénomène s’adosse à un foncier rare et excessivement onéreux. En l’état ce problème se traduit par deux phénomènes : la saturation du tissu urbain angloy, flambée des prix et report démographique sur les communes périphériques souvent rurales et donc sous équipées.

Et il ajoute :

-         L’importance d’un retour vers les formes urbaines plus efficaces est aujourd’hui une évidence technique pour les territoires les plus attractifs, une priorité théorique qui a du mal à se concrétiser car politiquement difficile à assumer. Il faut donc considérer que les densités envisagées autour de l’avenue de Bayonne (RD 810) ne correspondent pas à une volonté de développement excessif mais bien à un début de réponse à une dégradation patente de l’offre résidentielle. »

Par cette affirmation, je note que le commissaire constate notre courage politique en même temps que l’impéritie de nos prédécesseurs qui ont laissés la situation se dégrader sans vraiment réagir. Les mêmes qui aujourd’hui, présentent leur politique passée comme un modèle qu’il faudrait retrouver !

Il note ensuite que

 «- L’objectif [du PLH] est de créer sur Anglet 2100 logements (environ 350 par an entre 2010 et 2015) dont plus de 1400 logements sociaux ou en accession aidée, durant la même période.

Le projet « Anglet Cœur de ville » qui intègre l’opération de Bernain, s’inscrit totalement dans cette dynamique, et reste un enjeu important de l’aménagement du territoire sur l’agglomération ».

 

Il commente :

 « L’objectif n’est pas de construire plus, mais mieux et pour tous »…

« Le projet Anglet cœur de ville qui intègre le développement de l’opération Bernain, sur la RD 810, s’inscrit totalement dans cette dynamique, et reste un enjeu important de l’aménagement du territoire sur l’agglomération. »…

« Ce projet devrait créer un lieu de vie plus agréable, qui ne pourra avoir que des retombées positives en terme de développement et d’image, dynamisant d’une part le site lui-même, et participant grandement à la nouvelle identité du centre-ville d’Anglet. »…

« Commercialement il s’inscrit dans la volonté affichée par le SCOT et le PLU de développer l’offre commerciale au plus près des lieux de vie, et accessible par les transports publics »…

«  Le projet propose un cadre de vie de qualité, une mobilité durable, un habitat et des formes futures, un partage de la dynamique économique et commerciale. Il tient compte de ces enjeux en proposant un développement urbain limitant les distances entre les espaces d’habitat, de commerces et de travail ; il participe à une optimisation des structures urbaines existantes, il favorise la citoyenneté et la mixité fonctionnelle, valorise les espaces publics et  propose un nouveau partage modal entre les voitures, les bus, les cyclistes et les piétons. »

« Les aménagements paysagers prévoient des trames vertes végétales arborées et arbustives : Ils devraient accompagner et créer une ambiance agréable et stimulante pour le déplacement des piétons. »

 

 

En conclusion,

àAprès avoir vérifié la conformité du projet avec le PADD du PLU en vigueur, et le PLH adopté en 2010,

àAprès avoir constaté sa cohérence avec le projet de ville proposé aux angloys en 2010, mais aussi avec le SCOT actuellement en débat, cohérence qui sera affirmé avec la révision générale du PLU en cours et dont le PADD va être rendu public dans les semaines qui viennent,

àAprès avoir souligné les qualités urbaines du projet : mixité fonctionnelle, mixité sociale et générationnelle, articulation entre habitat et mobilité, qualité des espaces publics, économie du foncier, trame verte…

Le commissaire enquêteur a donné un avis favorable, sans réserve ni recommandation.

Le commissaire a dit le droit. Mais pas seulement ! Il a aussi confirmé l’intérêt public de cette opération, en soulignant sa cohérence avec les principes du développement durable. Il affirme donc que ce projet est possible en droit, mais aussi souhaitable pour Anglet demain.

 

Quelle suite pour le « Cœur de ville » et la révision générale du PLU ?

 

  • Il y a eu en 2010,  la présentation du projet de ville qui indiquait une orientation générale pour l’urbanisme sur Anglet. Ce projet répondait à la question : Quelle ville voulons-nous pour demain ?
  • Il y a eu ensuite une déclinaison de ce projet de ville à travers quelques réalisations et projets : les places de la Bécasse et des Cinq-Cantons, le projet Cœur de ville, mais aussi le pôle social de la Butte aux Cailles en voie d’achèvement, la salle culturelle de Quintaou…
  • Il y aura en 2012 la révision générale du PLU, avec comme première étape l’approbation du PADD de ce PLU, début février. 

« Anglet pour tous » se construit donc progressivement. Une vision généreuse, solidaire, écologiquement responsable, qui s’oppose à une  vision conservatrice excluant de la ville les jeunes et les populations les plus modestes.

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 21:00

Il faut encore reparler du projet de "coeur de ville" porté par la municipalité d'Anglet autour de l'avenue de Bayonne (ex Nationale 10). Dans un article paru dans Sud-Ouest le 14 décembre, l'opposition change de stratégie. Après avoir refusé le débat de fond depuis que la municipalité a engagé une large concertation sur cet aménagement, elle avance aujourd'hui des propositions pour lesquelles elle demande un référendum.

 

Un large débat depuis 7 mois.

Rappelons les faits: Fin Mai, la municipalité a inauguré une exposition consacrée à l'aménagement du centre-ville d'Anglet, intitulée "Coeur de ville, coeur d'agglo". Pendant les six semaines de sa présentation, cette exposition qui s'appuyait sur des panneaux immeubles-hauts-004-copie-1.jpgexplicatifs, une grande maquette et deux vidéos, a été visitée par 1200 angloys environ qui ont pu s'exprimer librement en déposant leurs réactions dans une urne. En Novembre une enquête publique largement médiatisée a permis à chacun de faire savoir au commissaire enquêteur ce qu'il pensait du projet. Elle s'est terminée le 2 décembre.

Pendant ces 6 mois, de mai à décembre, l'opposition n'a rien proposée, critiquant le projet avec un slogan "non à la ZUP à Anglet". Je renvoie mes lecteurs à la page de l'opposition dans le dernier bulletin municipal qui titre: "L'aménagement de la RD810: Une construction de ZUP inacceptable!" (1) 

Maintenant que l'enquête publique est terminée, et alors qu'elle n'a fait aucune proposition concrête au commissaire enquêteur, elle prétend relancer le débat. Rappelons que le commissaire enquêteur était là pour entendre toutes les propositions, et qu'il pourra les reprendre  dans son avis qui s'imposera aux élus. L'opposition aurait pu argumenter, expliquer pourquoi le projet que nous proposions n'était pas bon, en quoi, par exemple, les hauteurs des immeubles étaient inadaptées, ou pourquoi la densité était excessive. Car il ne suffit pas de dire que "c'est trop haut", ou que "c'est trop dense", encore faut-il justifier son point de vue, en particulier en se référant aux  principes liés au développement durable. Délibérément, elle ne l'a pas fait.

 

Elle arrive maintenant avec des propositions en apparence modérées: "limiter la hauteur maximale des bâtiments à celle des immeubles déjà construits sur les bords de l'ex RN10, c'est à dire six ou sept étages, tout en conservant une architecture bien intégrée, respectueuse de l'existant, et diminuer sensiblement le nombre de logements prévus".

Reprenons point par point.

Les hauteurs des bâtiments.

Les immeubles existants font 6, 7 ou 8 étages (voir ci-dessus une photo de la résidence Bernain, avec ses 8 étages). L'opposition accepte donc des immeubles de 8 étages au maximum sur les ilôts du COL et de FIAT. Pour le COL, pas de problème, les immeubles affichent une hauteur maximum de 6 étages, décroissante vers le sud. Pour l'ilôt Fiat, la hauteur maximale est de 8 étages pour baisser ensuite jusqu' à 3 étages. La hauteur moyenne est de l'ordre de 5 étages (voir image ci-dessous). Sur le dernier étage, un grand appartement est prévu : voilà donc le "neuvième étage", objet de l'îre de l'opposition. Selon ses propres critères, un logement et un seul est donc en cause!

Je ne parle pas ici de l'ilôt BOVERO que les opposants rejettent en bloc puisqu'ils veulent y implanter la salle de spectacle. FIAT-Arotcharen-2.jpg

La question de la hauteur est-elle une question idéologique (les immeubles hauts c'est pas bien par principe) ou une question d'urbanisme? Vit-on mieux ou plus mal au 9ème étage ou au 5ème? Pour les autres habitants du quartier, à densité équivalente, vaut-il mieux avoir près de chez soi, un immeuble de 8 étages entouré d'un parc, sans vis-à-vis, où des immeubles bas qui mangent l'espace et supprime tout jardin? J'ai déjà répondu à ces questions dans ce blog et ne revient pas sur mes arguments.

La densité.

Nous allons réaliser sur les 3 projets mis en cause (COL, FIAT, BOVERO) environ 420 logements. Est-ce trop? A Erdian, le long du BAB, nos détracteurs en ont réalisés 504! Pourquoi ce qui est excessif aujourd'hui était-il pertinent hier? Densifier le long des lignes de bus était et reste un choix judicieux. De ce point de vue, le Coeur de ville, desservi par 6 lignes de bus, est plus efficace qu'Erdian que longent deux lignes. Nous ne contestons pas la forte densité d'Erdian. Nous pensons simplement qu'on aurait pu y préserver des espaces verts en acceptant quelques niveaux supplémentaires en coeur d'ilôt. Ce qui est sûr: Quand on a de telles opportunités, il est bien d'utiliser au mieux l'espace ce qui permet de préserver ailleurs la ville jardin. Il ya deux objectifs majeurs à ne pas perdre de vue: les nouveaux résidents doivent pouvoir bien vivre dans leur quartier, bien desservi, bien équipé et de bonne facture architecturale; les habitants des quartiers alentours ne doivent pa pâtir de l'installation des nouveaux venus, mais au contraire y trouver bénéfice. La bonne densité est celle qui, combinée avec d'autres paramètres, permet de tenir ce double défi.

Diminuer sensiblement le nombre de logements sur l'avenue de Bayonne comme l'opposition continue de le réclamer, c'est décider que les logements qui ne seront pas construit ici le seront ailleurs. On va donc consommer davantage de foncier, ce qui a un coût financier et écologique. Ce qui aussi remet en cause la production de logements pour tous, car ce foncier supplémentaire sera payé par les futurs résidents. Ce qui aussi interroge: A quel endroit, dans quels quartiers d'Anglet va-t-on construire les 200 à 250 logements qui ne seront pas construits sur la RD 810? Je serais curieux de connaitre la réponse.

Dans le respect de l'existant?

Ce n'est pas faire injure à ceux qui y habitent que de constater que l'architecture des immeubles existant autour de l'ancienne nationale 10 est assez banale, parfois même médiocre. Il faut donc faire mieux. Il nous semble que les projets FIAT-COL sont architecturalement réussis. La forme de l'immeuble conçu par Patrick Arotcharen au carrefour de Bernain permet de dessiner avec l'immenble "avenue de Bayonne" généralement appeléanglet-3-aout-2010-018-copie-1.jpg "Minerva", un espace public semi-circulaire qui redonne du sens à la liaison Montaury-Quintaou. Pour la parcelle BOVERO, les trois immeubles prévus dégagent les perspectives de la rue du 11 Novembre et de l'allée des Cèdres, et permettent de réaménager un espace public longé par un ruisseau, faisant lien entre les parc de Montaury et de Beatrix Enea . Ils contribuent ainsi à recréer une coulée verte qui améliore le paysage du quartier.

On peut contester l'architecture contemporaine, on ne peut nier que le projet de la municipalité contribue à requalifier un centre-ville bien dégradé. TOA vue parc

 

Alors, au final, que reste-t-il des propositions de l'opposition: rien qui n'ait déjà été débattu. Voilà en quoi la "contre-proposition" qu'elle essaye de vendre aux angloys n'est qu'une manoeuvre qui restera sans lendemain.

Nous attendons maintenant les conclusions du commissaires enquêteur. Comme pour une précédante enquête, qu'elles nous plaisent où non, nous nous y conformerons.

 

(1) Avec en outre des informations fausses : Le projet TOA propose 3 immeubles de 8,9 et 10 étages et non "de 10 et 11 étages" comme l'opposition l'écrit.  "Rappelons que la ZUP de Bayonne fait un étage de moins" ajoute-t-elle, en caractères gras, pour marquer les esprits. Or les immeubles de la ZUP font 12 étages, comme on peut le voir sur des photos du site de la ville de Bayonne, soit 2 étages de plus que le plus haut des immeubles TOA (avec 4 appartements par niveau, ce qui n'a rien avoir avec la barre de la ZUP qui compte près d'une centaine d'appartements par étage).  

 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 20:55
Mon article au titre volontairement provocateur a fait réagir Mikel Ithurbide, ancien adjoint au Maire de droite, M. Villenave. Aujourd'hui élu municipal d'opposition, abertzale et membre d'Angeluzain, il écrit:
"Contrairement à ce que vous affirmez ANGELUZAIN est d'accord sur l'objectif de 12 % de logement sociaux en fin de mandature et plus si cela était possible.
Comme la majorité actuelle n'a pa été capable de proposer un PLU et voyant la fin de la mandature dans moins de trois ans elle agit en faisant à travers la Communauté d'agglomération une modification du PLU à la limite d'une révision (à voir). Cela la contraint à construire sur un périmètre réduit.
Notre proposition : Achevez le PLU qui devrait permettre d'avoir une vision plus large. Puis construisez ces mêmes logements sociaux et plus si possible le long de la RD 810 et de l'avenue d'Espagne. On ne peut pas agir avec précipitation lorsqu'il s'agit de construire la ville d'une manière cohérente. Mais voilà, voyant que vous n'avez plus bcp de temps pour agir vous faite n'importe quoi.
Vous observez tant pour ce projet que pour celui de la salle culturelle grandir le mécontement de la population; biensûr vous n'en tenez pas compte. C'est bien dommage."
Commentaire n°1 posté par ITHURBIDE Mikel 

Et voici ma réponse (1) :

Vous affirmez ici partager notre objectif de construire du logement social. J'avais compris exactement le contraire en lisant Sud-ouest. Nos lecteurs pourront aisément vérifier par eux-mêmes que ma lecture de l'article de Sud-ouest n'était pas tendencieuse. Disons que votre formulation n'était pas très claire et que je vous ai mal compris.Je me réjouis donc de votre adhésion  à l'objectif que nous nous sommes fixé: atteindre le pourcentage de 12,7 % de logements sociaux en fin de mandature (selon le PLH, cet objectif doit être atteint en 2015).

Vous estimez cependant qu'il faudrait attendre la révision générale du PLU pour avoir une vision plus globale et  construire du logement aidé sur un périmètre plus large.

 La vision générale nous l'avons. Nous l'avons montré avec le "projet de ville" que nous avons présenté aux angloys en 2010. Je rappelle aussi l'urgence de construire du logement social. Les 2000 familles qui patientent depuis des mois et souvent des années doivent-elles encore attendre? C'est parce qu'il y a urgence que nous n'attendons pas la révision en cours du PLU.

Vous affirmez dans l'article de Sud-ouest que nous  "concentrons"  les logements sociaux sur l'avenue de Bayonne. Nous prévoyons sur ce projet 40% de locatifs sociaux, accessibles je le rappelle à 70 % des angloys.  En outre nous ne construisons pas un quartier entièrement nouveau: les bâtiments qui sortiront de terre s'intègrent dans un bâti existant avec une population nombreuse, où il n'y a pas de logements sociaux. Au final, le pourcentage de logements aidés ramené à l'ensemble du quartier sera assez faible.

Nous avons une obligation : atteindre les objectifs du PLH qui prévoit que nous construisions 150 logements locatifs sociaux par an entre 2010 et 2015. Pour 2009,  2010 et 2011 nous atteignons ce chiffre en construisant dans divers quartiers d'Anglet. Le coeur de ville, autour de l'avenue de Bayonne s'inscrit dans ce plan de marche. Si nous vous écoutions, cela voudrait dire très concrètement que nous  ferions comme nos prédécesseurs qui affirmaient vouloir faire du logement social mais n'en produisaient guère. Car ailleurs le long de la RD 810, sur le périmètre que vous nous proposez il n'y a pas à court terme les opportunités pour produire significativement du logement social. Si certaines apparaissent -PLU révisé où pas - nous les examinerons avec toujours une volonté de mixité sociale.

Votre réaction interroge: Faut-il avoir peur du logement social, puisque vous semblez penser qu'il n'est supportable qu'à dose homéopathique?  Il y a aujourd'hui près de 2000 logements sociaux sur Anglet, soit 10% des résidences principales. Cela pose-t-il un problème, y compris dans les quartiers où ils sont "concentrés"? Vous nous avez expliqué qu'il ne fallait pas construire de logements sociaux dans l'écoquartier du Maharin car, je reprend la formulation d'un tract diffusé à Montbrun, "le quartier est largement pourvu en logements sociaux". Y a-t-il un problème à Montbrun?

On construit 14 logements locatifs sociaux à la Bécasse: c'est une erreur nous dit l'opposition. Sur l'avenue de Bayonne également. Comment comptez-vous atteindre l'objectif des 12,7% de logements locatifs aidés si on ne peut les implanter nul part où cela est aujourd'hui possible, et de notre point de vue, souhaitable? 

La peur du logement social repose sur des images qi'il faut combattre car elles n'ont rien à voir avec la réalité locale. La population qui vit au petit Bayonne est bien plus défavorisée que celle de nos HLM angloyes. Je le rappelle, 70% des angloys peuvent prétendre à un logement social type PLUS. Le logement dit "social" est en fait du logement pour tous car il s'adresse à la grande majorité de nos concitoyens. Allez voir qui habitent les "HLM" d'Anglet: vous y trouverez des employés, des artisans, des fonctionnaires, des retraités, ceux-là même que vous croisez en amenant vos  petits-enfants à l'école, ceux-là même qui se mettent bénévolement au service des associations angloyes que vous fréquentez sans doute. Il faut expliquer à nos concitoyens qu'il s'agit de construire pour tous, pour ceux qui vivent et travaillent ici. Et que la seule solution pour y parvenir c'est de prendre à la promotion privée une part importante du marché immobilier en produisant du logement aidé. Je pensais naïvement pouvoir compter sur les abertzales pour ce combat.

 

(1) Le texte ici présenté est en partie différent du premier jet qu'on trouvera en commentaire de l'article "le Pays Basque n'est pas à vendre".

 

 

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 21:10

"Non à la spéculation foncière, le pays Basque n'est pas à vendre!" Chacun connait ce slogan taggé sur nos murs, répété à l'envi par les militants abertzales. Quelles conséquences tirent-ils de cette affirmation péremptoire?  A Anglet en particulier.

 Avant d'aller plus loin, rappelons que selon l'actuel Plan Local de l'Habitat, 97% des logements construits avant 2010 sur l'agglomération Bayonne-Anglet-Biarritz n'étaient accessibles qu'à 20% de la population. Redonnons aussi un chiffre donné par les promoteurs eux-même: 70% des logements neufs qu'ils construisent sont achetés par des investisseurs, 30% seulement par des propriétaires-occupants dont bon nombre d'ailleurs utiliseront leur bien en résidence secondaire. C'est ce qu'on appelle le marché "libre". Les prix sont "libres", et les acheteurs libres de faire ce qu'ils veulent de leur bien. 

 L'actuelle avenue de Bayonne

anglet 3 aout 2010 019Alors que faire pour loger nos compatriotes, ceux qui vivent toute l'année sur notre territoire, et qui ne peuvent acheter un logement à 4000 €/m2? (1)

Je  vois une réponse: construire du logement "aidé", car celui là on est sûr qu'il sera la résidence principale de celui qui l'occupe. C'est à dire construire du logement locatif social où de l'accession sociale à la propriété. C'est pourquoi sur Anglet, la Municipalité exige des promoteurs, sur toutes leurs opérations, qu'ils construisent au moins 30% de logements sociaux. Voilà pourquoi aussi, pour toutes les opérations d'envergure qu'elle maitrise, elle se fixe l'objectif de réaliser 40% de logement locatif social, 20% d'accession sociale et seulement 40% de logements du marché dit "libre". Agir ainsi c'est  construire pour tous, et assurer la mixité sociale aujourd'hui gravement menacée à Anglet. Je redonne une fois de plus ce chiffre inquiétant: En 10 ans notre ville à gagné 4000 habitants mais a perdu, dans le même temps 500 élèves dans ses écoles, soit 20% de leurs effectifs.

On pourrait donc penser que les abertzales sont d'accord avec cette politique. "Le Pays Basque n'est pas à vendre!". Et bien non, nous n'avons pas compris le message. Pour Angeluzain, le groupement des nationalistes basques d'Anglet, le projet  de construire près de 500 logements (dont environ 200 logements sociaux)  le long de l'avenue de Bayonne  est mauvais car "elle [la Municipalité de gauche] concentre ces logements sociaux dans un périmètre trop rapproché. Ceci est contraire à la tradition de mixité de notre ville. Nous lui suggérons... de répartir ces mêmes logements sociaux sur l'ensemble de la RD 810, à droite et à gauche, dans un périmètre qui va du Cadran près de Casino, jusqu'au rond-point des hotels sur cette même route, en allant vers l'aéroport. Il faudrait imaginer un projet plus audacieux [...] en lieu et place d'immeubles de 11 étages(2). En construisant des immeubles de logements sociaux mieux répartis, ce projet à davantage de chance d'être accepté par la population". 

Donc pour Angeluzain, il faut moins de logements sociaux. Et par voie de conséquence plus de marché libre. Pour Angeluzain, le slogan complet doit être "le Pays Basque n'est pas à vendre... sauf aux promoteurs!" 40 % de logement social c'est "trop concentré"!  

" Voilà que [la  Municipalité] veut absoluement remplir son objectif de 12% de logements sociaux d'ici la fin de sa mandature" se scandalise Angeluzain. Je confirme: on veut, absoluement! J'aggrave même mon cas: Notre objectif est précisément de 12,7%. Angeluzain est contre? Il faudra qu'elle l'explique aux 2000 foyers qui ont déposés un dossier de logement social sur Anglet, et qui attendent impatiemment, certains depuis plusieurs années, que les logements promis sortent de terre. Je ne crains pas de déplaire à l'opposition municipale, et à Angeluzain en particulier. Mon regret serait que leurs manoeuvres aboutissent et nous empêche de répondre aux besoins de ces compatriotes. Dont certains on cru les abertzales quand ils affirmaient "le Pays Basque n'est pas à vendre". Nous ferons sans leur soutien, mais qu'ils en soient persuadés, nous ferons. C'est affaire de justice.

 

PS: J'ai déjà écrit que j'étais prêt à engager sur ce blog un dialogue loyal avec les abertzales sur les problèmes d'urbanisme et de logements. J'avais fait cette proposition persuadé que nos désaccords sur ces dossiers reposaient sur des malentendus, et que nous nous retrouverions certainement sur les objectifs d'un urbanisme "durable" pour une ville plus désirable et plus solidaire. Je renouvelle mon offre, quoique je commence à douter.

 

(1) Prix moyen sur Anglet d'un logement neuf. Ce qui amène un simple T3 de 70 m2 à 280 000€.

(2) Sur les 9 immeubles du projet, le plus haut fait 11 niveaux, soit 10 étages. La hauteur moyenne est de 8 niveaux, soit 7 étages, ce qui correspond aux hauteurs des immeubles existants. On lira dans ce blog les nombreux articles consacrés à la hauteur des immeubles. 

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 11:32

Après avoir accusé la majorité actuelle, dans Sud-Ouest du 28 mai,"d'imposer un urbanisme de masse" et   conseillé d'aller comparer la "ZUP" de Bayonne avec le projet actuellement exposé en mairie pour l'aménagement de l'ancienne nationale 10, l'opposition UMP-MODEM vante sa pratique passée "celle d'une ville jardin, avec des immeubles à échelle humaine et une réelle mixité sociale."

Je n'insiste pas sur la référence à la ZUP. On nous a fait cent fois le coup. Comparer les immenses barres de Breuer sur la butte de Sainte Croix à des immeubles de 40 logements, ce n'est pas sérieux. Comparaison pour comparaison: Il y a plus de logements dans le quartier d'Erdian le long du boulevard du BAB, voulu par nos prédecesseurs, que dans le projet de l'avenue de Bayonne (ex RN 10).

Faisons aussi un sort à la soit-disant "réelle mixité sociale": Pendant le mandat de M. Villenave, de 2001 à 2008, ont été livrés 337 logements locatifs sociaux, soit 42 par an. Pour la "réelle mixité sociale", les chiffres parlent d'eux-mêmes! 

Revenons maintenant sur la "ville jardin" que notre opposition affirme avoir préservée. Les hauteurs imposées aujourd'hui par le PLU qu'ils ont promu sont certes limitées. Mais la densité étant  assez forte, cela se traduit par un étalement du bâti et des parkings et entraine  une minéralisation excessive des sols. Conséquence: Les jardins disparaissent. Le PLU n'impose d'ailleurs que 10% d'espace vert. Le résultat c'est "les Vergers d'El Hoggar" ou "Erdian", réalisations que j'ai déjà analysées dans ce blog (voir la rubrique: urbanisme, PLU). Il est donc  vrai de dire que l'équipe ancienne a limité les hauteurs, mais il est faux d'affirmer qu'ainsi elle a préservé la ville jardin: c'est même tout le contraire. Et le débat est bien là: Faut-il construire plus haut, là où c'est possible,  pour préserver des parcs et des jardins, ou faut-il limiter partout les hauteurs au risque de les faire disparaitre.

Question subsidiaire: Sur l'avenue de Bayonne, nous prévoyons de construire environ 400 logements. Où les mettrons-nous si on ne les construit pas à cet endroit? Pas au Maharin, ou nous considérons que la densité que nous préconisons est suffisante, et où l'opposition nous demande de moins construire, pas à Hondaro, pour les mêmes raisons ... Fallait-il densifier davantage les terrains Hirigoyen, rue de Jouanicot, comme le PLU le permettait ? Ou urbaniser Sutar, au delà du bouchon de Maignon et ses 700 m de queue quotidienne ? L'opposition angloye a-t-elle entendue parler du Grenelle de l'environnement ?  Et qu'on ne nous dise pas qu'il faut construire moins,  et surtout pas l'opposition qui lorsqu'elle était aux affaires, de 2001 à 2008 a autorisé la construction de 3534 logements soit plus de  500 chaque année. Ce qui fait débat ce n'est pas le nombre de logements à construire: le Plan Local de l'Habitat qui prévoit de réaliser sur Anglet 350 logements par an a été voté par l'agglo à l'unanimité, gauche et droite confondue y compris par le représentant de l'opposition angloye. Ce qui fait débat c'est "où et comment construit-on?"

Pour que le débat s'engage vraiment, concrètement, au delà des slogans faciles, une prise de position claire - et courageuse - de la part de l'UMP-MODEM d'Anglet est sans doute nécessaire.

 

TOA-vue-parc.jpg

Le parc au pied des immeubles à Bovero; projet T.O.A. . En arrière plan les immeubles existants de Minerva. 

 

 Sur cette question de la densité et des hauteurs voir les articles précédants, en particulier:

- Densité et formes urbaines, un exemple concret.

- PLU, emprise au sol et hauteurs

 

Voir aussi les autres articles de la catégorie "coeur de ville, coeur d'agglo".

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 17:41

A partir de ce lundi 23 mai une exposition, installée dans le patio de la mairie, propose aux angloys - et à tous ceux qui s'intéresse à notre ville- un projet d'aménagement pour l'avenue de Bayonne, ex Nationale 10. Dans le même temps, sur le site d'Anglet: www.anglet.fr , on peut visionner une video dans laquelle on découvre ce futur centre d'Anglet à hauteur de piéton. On peut aussi y écouter un exposé de Frédéric Bonnet, l'urbaniste qui travaille sur le projet de ville et la révision du PLU.

Pour la municipalité il s'agit de provoquer la réflexion de nos concitoyens sur le devenir de notre ville. Nous voudrions tous qu'elle reste ce qu'elle est, et même qu'elle retrouve ce charme bucolique d'antan que l'urbanisation de ces trente dernières années a en partie mis à mal. Mais chacun le sait : figer les choses est impossible; la ville doit évoluer pour conserver ses habitants, en particulier les nouvelles générations, et pour accueillir aussi une part de ceux qui viennent dans notre région pour y travailler. La question est: " Comment conserver à Anglet toutes ses qualités de ville-jardin? Comment lui permettre de grandir raisonnablement tout en lui conservant son identité, à laquelle tous les angloys sont attachés?".

A travers ce projet d'un centre pour Anglet, "coeur de ville, coeur d'agglo", c'est ce débat central qui est posé. Je souhaite pour ma part que les angloys s'en saisissent.

Naturellement, tout au long des prochains articles, je reviendrai sur les divers enjeux qui sont désormais clairement posés, celui d'une ville durable, douce à vivre et solidaire.

 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 11:31

On associe souvent hauteur des immeubles et densité: " C'est haut, donc c'est dense !" Or, en fait, avec la même densité, on peut avoir des formes urbaines très différentes. Exemple choisi sur Anglet.

Le quartier Erdian, à proximité immédiate du boulevard du BAB, dont les derniers bâtiments sont en cours de construction, va accueillir 504 logements sur environ 4,5 hectares. janvier 2011 054-copie-1

Sur le terrain Bovero, le long de l'ex RN 10, aujourd'hui avenue de Bayonne, le cabinet d'architectes TOA propose d'édifier trois bâtiments pouvant accueillir 40 logements chacun, soit 120 logements sur un peu plus d'un hectare.

Dans les deux cas nous avons la même densité: environ 110 logements à l'hectare.

Sur Erdian , nous avons des bâtiments de hauteur limitée, irrigués par des rues. L'ensemble est très minéral, seuls quelques arbres plantés venant poser une touche naturelle. 90% de la surface du sol est artificialisée. A l'inverse, à Bovero, les bâtiments sont hauts (de 8 à10 étages), mais sont posés dans un parc qui occupe 80% de la parcelle.

Quelle solution est la meilleure? Il faut se garder d'une réponse à priori et se poser deux questions/ Qu'est-ce qui est le mieux pour l'environnement? Dans quels logements vit-on le mieux.

Pour moi, la réponse à la première question est évidente: Moins on artificialise les sols, mieux cela vaut pour l'environnement. Si aujourd'hui Anglet est régulièrement victime d'inondations après de violents orages, on le doit à une minéralisation excessive des sols. De ce point de vue, la solution de Bovero, avec son parc en pleine terre, vaut mieux qu'Erdian.

TOA-AIB-Planches phase 2-3 Dans quel type de quartier vit-on mieux? Les résidents seront-ils plus heureux à Erdian ou à Bovero? Une chose est sûre: ils seront heureux de toutes façons d'être installés à Anglet, au coeur de l'agglomération. Car la réaction qui consisterait à dire, "nous ne voulons ni de l'un, ni de l'autre" est intenable: nous devrons continuer à construire, pour loger les jeunes angloys, pour accueillir une population nouvelle qui vient travailler chez nous. Faut-il rappeler que 16300 emplois sont implantés sur notre ville?

La qualité de vie dans ces deux ensembles dépendra largement de la qualité des logements. A Bovero, tous les logements sont traversant où a double orientation. Les bâtiments sont implantés de manière à ne pas se faire d'ombre et à dégager pour tous les logements des vues intéressantes: Sur le parc pour les étages inférieurs, sur les montagnes ou la mer pour les étages supérieurs. Avec en pied d'immeubles tous les services et commerces nécessaires au quotidien et 6 lignes de bus qui desservent toute l'agglomération, les résidents devraient bénéficier d'une belle qualité de vie.

Mais il est évident que ce qui est possible à Bovero n'est pas reproductible partout à Anglet. Construire en hauteur est souhaitable le long de l'avenue de Bayonne, là où il existe déjà des immeubles hauts, en coeur d'aggomération et le long des lignes de bus. Cela aurait été possible sur Erdian, le long du BAB et au au coeur de la parcelle, loin des maisons riveraines. Mais cette solution est inadaptée dans les nombreux quartiers pavillonnaires d'Anglet, où, au contraire, il faut imaginer une évolution qui respecte le bâti existant et l'esprit de ville jardin à laquelle les angloys sont légitimement attachés. Dans ces quartiers il faudra construire autre chose que Erdian ou Bovero! Avec de futurs bâtiments qui s'intègrent dans l'existant et laisse au jardin toute sa place. Nous y travaillons avec la révision en cours du PLU.

Photos: Une vue du quartier Erdian (janvier 2011), et le projet de TOA à Bovero.

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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 12:28

L'avenue de Bayonne (ex RN 10) est  aujourd'hui un quartier qui se cherche un avenir. Entre le Busquet qui reproduit les stéréotypes d'un urbanisme commercial des années 80, les moyennes surfaces de sa rive nord, et les friches de sa rive sud (ilot FIAT, ilot BOVERO), l'avenue ne sait quelle identité se trouver.

Or il y a aujourd'hui une conjonction d'évênements qui peuvent entrainer une belle renaissance.

 

la mutation des commerces.

La zone commerciale qui englobe BAB2, l'Union et le Busquet a été conçue dans les années 80, alors que ce secteur était en marge de la ville. Mais la banlieue négligée (rappelons que BAB2 est implanté sur une décharge encore en service dans les années 70) est devenue coeur d'agglomération. Les commerces doivent donc prendre en compte cette mutation radicale. Et cela d'autant plus que l'arrivée d'IKEA, décidée avant les dernières élections municipales, redistribue les cartes. L'avenue de Bayonne devient de fait une zone de chalandise de centre ville, qui veut conserver son attractivité bien au delà de l'agglomération. Cela passe par une requalification des bâtiments, une diversité des fonctions du quartier, qui doit accueillir des logements et des bureaux, une valorisation de l'espace public. L'arrivée d'un bus en site propre est un outil essentiel de cette nécessaire évolution.

 

L'arrivée d'un bus en site propre.

anglet 3 aout 2010 019Aujourd'hui le Chronobus circule dans un couloir réservé. Le site propre c'est autre chose!

Dans le cadre du "Grenelle2" la communauté d'agglomération présente pour subventions la première tranche du site propre, dont les travaux doivent  être impérativement engagés avant fin 2013. L'avenue de Bayonne, entre le Cadran et la rue du 11 novembre, en fait partie. Le bus fonctionnera dans des couloirs en position centrale, dans une large avenue urbaine de 35 mètres de largeur. La qualité de ces aménagements, avec arbres plantés, pistes cyclables et trottoirs généreux valorisera le site. Les nombreuses lignes de bus relieront le quartier aux centres de Bayonne et Biarritz (un bus toutes les trois minutes), mais aussi à Sutar et au littoral angloy. Ceci n'est pas une utopie mais une réalité qui sera en place dans les cinq ans qui viennent! Dans le même temps les friches environnantes devraient laisser la place à un nouveau quartier, prolongeant et renforçant l'existant.

 

L'aménagement des ilôts disponibles.

La municipalité fait travailler urbanistes et architectes sur le devenir de la rive sud de l'avenue, autour du carrefour Bernain. Pour le terrain de la CABAB, entre FIAT et le Busquet, elle a confier au COL le soin d'y construire des immeubles d'habitation. Sur Bovero elle a sollicité plusieurs équipes, pour recueillir différentes idées.

anglet-3-aout-2010-018.jpgNous sommes en coeur de ville, il faut donc une certaine densité de population pour créer les conditions d'une vraie urbanité. Il faut aussi profiter au maximum des bus ici très présents. Si on veut réduire la place de la voiture dans la ville il faut lier transport en commun et habitat., et densifier le long des lignes de bus principales. De ce point de vue le site est exemplaire.

Sur le terrain Bovero, "habiter dans un parc" est une idée qui s'impose. Le ruisseau qui court sur la parcelle fait lien en effet entre les parcs de Beatrix Enea et de Montaury. Il faut donc laisser la place à des cheminements piétonniers qui prolongeront les espaces verts existants et relieront le centre administratif et culturel à l'Université. Pour lier intensité urbaine avec des parcours verts généreux il faut accepter de construire plus haut. Les bâtiments actuels tout autour font 7 à 8 niveaux. On doit prendre en compte cette réalité et ne pas se limiter comme aujourd'hui à 3 ou 4 niveaux. On peut même envisager de monter un peu plus, à condition que  l'implantation des immeubles s'inserre dans l'existant.

Sur le terrain à l'est de FIAT, le rez-de-chaussée recevra des commerces, en continuité de ce qui existent, pour renforcer l'attactivité du quartier. La aussi, les hauteurs admissibles peuvent être supérieures aux règles actuelles car le terrain est surplombé par les immeubles de Lembeye.

Il s"agit, dans tous les cas, de créer de l'intensité urbaine, de favoriser la vie sociale et commerciale, tout en préservant ce qui fait l'identité du coeur d'Anglet, de vastes respirations vertes reliant les pôles culturels de Quintaou et de la Mairie à l'université... et à son prolongement futur sur les Landes de Juzan. 

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  • : Jean-Pierre Voisin, adjoint au maire d'Anglet de 2008 à 2014 en charge de l'urbanisme, livre ici son point de vue sur les dossiers locaux et dialogue avec les angloys. Ses propos n'engagent que lui-même.
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