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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 22:46

Au cours du conseil municipal du 11 février, M. Ithurbide, représentant d'Angeluzain, a posé une question orale au maire d'Anglet sur ses projets d'urbanisme, l'interrogeant sur sa vision de la ville, la densification, les hauteurs autorisées, le devenir de l'ancienne nationale 10 ou du boulevard du BAB. On lira ci-dessous l'essentiel de la réponse de Jean Espilondo.

 

 

" - A la question orale d’Angeluzain, je vais apporter une réponse un peu longue – et je m’en excuse par avance-  car elle touche à un domaine capital pour le devenir d’Anglet.


1 - De la densité et de la ville.


La question de la densité que vous posez est importante et délicate.

 Importante car on ne peut continuer aujourd’hui à consommer des terres, en particulier des terres agricoles, autour de nos villes, pour permettre l’étalement urbain. On ne peut continuer à rejeter en périphérie, parfois très loin, les jeunes actifs qui ne trouvent plus à se loger dans les agglomérations, ce qyui a des conséquences catastrophiques pour leur budget essence et pour le bilan carbone. Il faut construire la ville sur la ville, donc accepter de se serrer un petit peu.

Délicate aussi car pour nos concitoyens, la densité est synonyme de promiscuité, d’encombrements, de nuisances de toutes sortes, et au final d’insécurité. Il faut donc expliquer, et expliquer encore, qu’une densité raisonnable, intégrée dans un urbanisme réfléchi et contrôlé, crée de l’intensité urbaine c'est-à-dire qu’elle permet de rapprocher les services publics et les commerces des utilisateurs, qu’elle suscite des occasions de rencontre, qu’elle génère au final de l’urbanité, c'est-à-dire un « vivre ensemble » de qualité.

Oui, il va falloir que notre ville accepte d’être un peu moins dispersée, et il va falloir « intensifier » certains secteurs, dans le respect des formes urbaines existantes, pour qu’Anglet se développe harmonieusement.

 

2 – construire des logements, une impérieuse nécessité.


                       
Je rappelle quelques chiffres, qui commencent à être connus.

àEn dix ans nous avons gagné 4000 angloys supplémentaires, mais perdu 500 élèves dans nos écoles, soit 20% des effectifs, alors que dans le même temps la cohorte des moins de 15 ans restait stable sur le pays basque.
logement social à Angletdsc02963 

àNous avons 7000 demandes de logement social sur l’agglomération, 2000 sur Anglet.

à94 % des logements construits ces dernières années ne sont accessibles qu’à 20% de la population, ce qui revient à dire qu’on n’a pratiquement pas construit, ou très peu, pour 80% de nos concitoyens.

Ces chiffres, et je le dis sans esprit de polémique car le Président de la Communauté d’agglomération y a fait référence lui-même, c’est le bilan de la municipalité sortante, c’est votre bilan. Et il est catastrophique.


Pour inverser la tendance de ces dernières années, il faut donc construire, et construire pour tous. Les mesures fiscales et réglementaires que nous avons prises depuis notre arrivée à la mairie vont porter leurs fruits. Il est dommage que vous ne les ayez pas pleinement soutenues par votre voix. Je pense être en mesure, dans quelques semaines, de faire le point publiquement sur ce dossier capital.

 

3 – Ou faut-il construire à Anglet?


                       
Une fois admis qu’il faut construire à Anglet se pose la question : OU ?

Nos réserves foncières sont limitées car les municipalités précédentes ont peu investi dans l’achat de terrains. Il nous faut construire la ville sur elle-même avant de l’étaler encore. Et il est des secteurs qui peuvent et doivent être densifiés. Je pense en particulier aux rives de la RD 810 (ex nationale 10) et du boulevard du BAB. Car urbanisation et mobilité doivent être pensées de pair, et il faut privilégier pour cette urbanisation les abords des lignes de bus en site propre.

 

 

Ce qui nous amène à évoquer le devenir de la RD 810 et du boulevard du BAB.

4 - La RD 810 tout d’abord.

 

à La création d’une voie réservée aux bus, qui anticipe la réalisation de voies en site propre pour les transports en commun, marque notre volonté forte de transformer cette voie de transit en boulevard urbain. Cette initiative, que l'opposition municipale n'a pas franchement soutenue, a provoqué des inquiétudes compréhensibles de la part des commerçants. En collaboration avec eux nous avons examiné diverses améliorations du dispositif qui aujourd’hui fonctionne de manière satisfaisante. La hausse de la fréquentation du Chronobus et des stations sur le Busquet est de 17%. Si j'en crois la presse, le chiffre d’affaire des commerces riverains pour la fin de l’année 2009 a été bon, de l’avis des intéressés eux-mêmes. Nous nous en réjouissons.

Nous travaillons aujourd’hui avec le SMTC et la CABAB pour qu’un vrai TCSP (transport en commun en site propre) voit rapidement le jour entre Saint-Jean et le Cadran, avec une emprise du domaine public de l’ordre de 35m, sachant qu’à terme, un bus empruntera ce tronçon toutes les trois minutes. Les voies dédiées aux bus seront-elles placées de chaque coté de la rue ou en position centrale ? Cette dernière solution a aujourd’hui notre préférence mais les études qui seront conduites nous diront si cette solution est la plus pertinente.

 

à Aujourd’hui, l’environnement bâti de la RD 810 ne peut nous satisfaire. La zone du Busquet, pourtant récente, relève d’une urbanisation de banlieue, avec une succession de bâtiments-boites, de faible hauteur, à vocation exclusivement commerciale, sans mixité des fonctions. C’était votre choix. Le notre est à l’inverse de créer un boulevard urbain, bordé de bâtiments plus hauts, mixant les fonctions tertiaire, de commerces et d’habitation. C’est ainsi qu’on fait de la ville, en refusant de spécialiser les secteurs et en recherchant la qualité architecturale.

 

Vous  nous proposer d’accepter des permis de construire pour des bâtiments de 7 à 8 étages. Pourquoi pas ! Mais le PLU que vous avez adopté il y a six ans nous l’interdit aujourd’hui ! cela mérite qu’on y réfléchisse, et nous y réfléchissions avant même notre élection en 2008. Je constate d’ailleurs que les bâtiments construit dans ce secteur avant les années 2000 ont huit niveaux. Avant de défaire ce que vous avez fait, et d’autoriser des hauteurs plus importantes – ce qui nous semble inévitable et même souhaitable, nous prenons le temps de la réflexion et nous avons donné mandat à M. Charrier, un urbaniste qui a déjà travaillé sur la nationale et ses abords, pour qu’il nous aide à définir un devenir pour ce quartier, de Montaury à la Mairie, du Busquet à Saint-Jean, qui a vocation à être le centre de l'agglomération.

 

Le problème des hauteurs ne se pose pas seulement sur la nationale 10 . C’est une question qui doit être étudiée sur l’ensemble du territoire communal. S’ il nous parait nécessaire de limiter les hauteurs au milieu des zones pavillonnaires pour éviter les vues plongeantes et ne pas rompre une unité architecturale, il nous semble dangereux, du point de vue environnemental, de limiter pour des raisons idéologiques les hauteurs dans des zones qui pourraient supporter des bâtiments plus hauts. C’est l’environnement naturel et bâti qui doit guider le choix du nombre d’étage. Prenons un exemple : celui des Vergers d’el Hogar. vergerselhogar avant 20100115 copie
Sur ce terrain, le promoteur a voulu utiliser son droit à bâtir donné par le PLU. C'est légitime. Comme la hauteur des bâtiments est limitée à deux étages il a étalé six bâtiments sur le terrain. Avec les parkings nécessaires à l’opération il a minéralisé toute la surface du sol et il ne reste plus d’espace vert. Ce qui est en cause ici ce n’est pas l’architecte ni le promoteur, mais le règlement du PLU. Si celui-ci avait autorisé quatre étages, trois bâtiments seulement auraient été nécessaires. Cela n’aurait gêné personne, car en les implantant du coté du parc public d’el Hogar et de la rue de Hausquette on aurait remplacé les trois bâtiments qui surplombent aujourd’hui les maisons individuelles au nord par un magnifique espace vert. Les riverains auraient été gagnants. Le promoteur et les acheteurs aussi car le coût de l’opération, donc le prix de vente aurait été plus faible : moins de toiture, moins de fondations, moins de canalisations, moins d’ascenseurs… pour le même nombre de logements. Il ya une gestion intelligente des hauteurs, respectueuse des riverains et de la nature : il nous appartiendra de le prouver.

 

à Revenons à l’ex RN 10.

Sans attendre, nous avons engagé les études pour réaliser sur le terrain mitoyen de FIAT, que la CABAB nous cède, un immeuble de logements sociaux, avec en rez-de-chaussée une galerie commerciale.  Nous aurions aimé coupler ce projet avec le terrain FIAT pour réaliser une opération plus ambitieuse. Nous n’avons pas pu obtenir l’adhésion du propriétaire. Mais nous entendons bien maitriser le devenir de cette parcelle.

 

à L’avenir commercial de la zone est en débat. Conçu à l’origine sur le modèle de la banlieue, le secteur aujourd’hui est en mutation. Placé au cœur de la ville, il a vu sa zone de chalandise se réduire à cause des difficultés d’accès. Désormais, comme dans tout centre-ville, les clients ne viennent plus seulement en voiture mais utilisent de plus en plus les transports en commun. Il faut accompagner cette mutation en renforçant les surfaces commerciales, en les diversifiant et en modifiant les accès. Renforcement des transports en commun (trois lignes de bus en site propre vont la desservir), ouvertures de circulations piétonnes et cyclistes, construction de logements pour créer un vrai quartier, avec sa vie propre… voilà quelques axes de travail sur lesquels nous avançons.

 

5 - Le boulevard du BAB

 

                        Il me faut évoquer maintenant le boulevard du BAB.

 

 La aussi il nous faut gérer quelques coups partis.

 Nous souhaitons transformer la voie rapide actuelle en boulevard urbain. Le défi est difficile à relever car cette voie remplit une mission de liaison entre les trois villes qui ne peut être ignorée. Un transport en commun en site propre devra y être réinstallé, plus d’un demi-siècle après la suppression du tramway !

Sur notre demande, la CABAB vient de lancer une étude pour la requalification du boulevard, de Matras au carrefour du Mousse. Nous attendons les résultats de cette étude avec attention et en tirerons les conclusions qui s’imposent pour Anglet.déc 2009 027

La densification des rives du boulevard est inévitable, mais il est important de la maitriser ; On peut regretter que dans cet esprit, la création d’un nouveau quartier de plus de 500 logements sur le site de Baby-relax ne se soit pas accompagnée d’une réflexion plus globale sur son insertion urbaine, ses conséquences sur la circulation avoisinante, et son impact environnemental.

Le nouveau quartier  sur le site Baby-relax 


6 - le projet de ville et le PLU

 

Tous ces projets s’inscrivent dans une démarche plus globale. Nous avons mandaté pour nous accompagner dans notre réflexion une équipe d’architecte, le cabinet OBRAS qui travaille sur un projet de ville. Dans les semaines qui viennent les angloys seront amenés à rencontrer OBRAS pour partager leur propre vision du devenir d’Anglet. OBRAS rendra son travail au début de l’été. Nous présenterons aux angloys ce projet de ville, sans doute pendant l’automne, pour prendre leur avis avant la rédaction du PADD et du règlement du PLU.  L’objectif étant bien sur de se doter d’un nouvel outil, un règlement d’urbanisme rénové, qui nous donnera les moyens d’agir dans la direction que nous aurons ensemble préalablement définie.


7 - Tisser la ville jour après jour.


Car la ville se tisse jour après jour, au fur et à mesure que naissent et se concrétisent divers projets urbains, d’initiative publique ou privée.

Pour ce travail de bénédictin, nous nous efforçons d’adopter une démarche globale, participative, respectueuse de l’environnement urbain et naturel.

Prenons l’exemple des terrains Hirigoyen, rue de Jouanicot, où nous allons réaliser une opération sociale combinant logements locatifs et accession sociale à la propriété. Je vous informe au passage que nous en sommes propriétaires depuis huit jours.terrains Hirigoyen 002
Nous avons déjà engagé un dialogue avec les riverains. Nous leur avons expliqué notre volonté de bâtir sur ces terrains dans le respect de l’environnement. L’objectif est bien de construire un quartier vivant et solidaire où les nouveaux venus vivront en bonne intelligence avec les résidents anciens. Les hauteurs des bâtiments et les ombres portées, les accès, les déplacements piétonniers et cyclables, les espaces verts à préserver, la vie quotidienne dans le quartier, ont été évoqués.
la résidence les Bleuets vue du terrain Hirigoyen
 Car le projet, ce n’est pas seulement des logements à créer, il doit modeler les abords immédiats du bâtiments, sur et autour des terrains à bâtir, pour un meilleur fonctionnement du quartier. Cette concertation se poursuivra car il est important que les habitants se sentent partie prenante de l’avenir de leur morceau de ville.
terrains Hirigoyen 009

Cette démarche, qui associe les angloys à leur devenir pour qu’ils soient en mesure de mieux accueillir les nouveaux venus,  pour traiter l’ensemble des problèmes qui se vivent au quotidien, sera systématiquement la notre pour tout projet d’une certaine ampleur. Cette pratique, en rupture elle aussi avec le passé récent de notre cité, nous la conduirons avec conviction et, nous l’espérons, avec votre participation.

Les deux terrains Hirigoyen: le terrain de la rue de Truillet vu du terrain de la rue de Jouanicot. 


8 –  une volonté politique.


Nous avons la volonté  de mettre en œuvre cette politique que je viens d’esquisser devant vous. Vous nous dites en introduction à votre question : « Construire une ville suppose une vision, de l’argent, du temps, une acceptation de la population ».

 La vision, nous avons l'outrecuidance de penser que nous l’avons, j’en ai partagé un peu avec vous, dans le peu de temps dont nous disposions ce soir.

 De l’argent ? … vous savez aussi bien que moi que l’argent public est rare mais nous l’utiliserons au mieux pour un dossier prioritaire à nos yeux.

 Du temps ?  Nous espérons que les angloys nous le donneront, il en auront le pouvoir dans quatre ans.

Quant à l’acceptation de la population elle passera par le travail d’explication que nous conduisons au quotidien dans les multiples rencontres et les réunions de concertation que nous organisons autour des projets les plus importants.

 

Nous sommes heureux de voir, par les questions que vous posez, que vous partagez aujourd’hui bon nombre de nos analyses : nous ne doutons pas que vous soutiendrez à l’avenir par vos votes l’action en profondeur que nous avons engagée pour construire une ville plus belle et plus solidaire.

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Published by JP Voisin - dans urbanisme, PLU
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Jacques Beteder 09/10/2010 15:48


Je découvre ce blog petit à petit, mais non sans intérêt. C’est pourquoi ce commentaire est très postérieur à l’article concerné.
Sur la nécessaire densification des habitations à Anglet, j’applaudis des deux mains. Si on veut que les jeunes ménages avec deux salaires de débutants (ayant eu la chance de trouver un travail,
généralement sous payé par rapport à leur diplôme) puissent s’installer sur le BAB, il faut faire en sorte que le montant des loyers diminue. Dans un système libéral, il faut augmenter l’offre pour
satisfaire la demande.
Ma conviction s’appuie sur des exemples concrets proches de chez moi.
Il y a eu d’abord les logements « sociaux » construits par la commune sur le terrain des anciennes serres municipales, au début de la rue de Salis. Sur un terrain certes étroit, on bâtit des
immeubles R+1 et R+2. C’est-à-dire qu’on limite volontairement le nombre de logements « sociaux » (dont on connaît la pénurie). On comprend bien le parti pris architectural de ne pas briser «
l’harmonie » de la place Lamothe. Mais justement ce lieu n’est pas véritablement une place au sens urbain du terme puisqu’elle est bordée de maisonnettes (au point qu’il a fallu laissé un accès
voiture traversant la place à l’une d’entre elles, et qu’on en a « profité » pour créer dans ce qui ce veut un aménagement paysagé un parking « minute » qui, à l’usage, s’est transformé en parking
tout court, avec comme phénomène significatif la destruction du panneau « parking minute »). Le paradoxe de cette limitation volontaire de la hauteur de cette construction est qu’elle est bordée de
deux contre-exemples. Vers la place, se dresse une espèce de cube que je n’hésiterais pas à qualifier de hideux, en R+2 mais sur un terrain surélevé par rapport au niveau de la place. C’est cet
immeuble qui clôt la perspective arborée : des arbustes plantés en deux files indiennes tout le long de la place. Les chênes verts initialement plantés n’ont pas résisté au spectacle. Espérons que
les charmes qui les remplacent seront plus résistants (on a au moins bien choisi le nom de la variété…). Mais le plus extravagant, dans cette limitation extrême de la hauteur, c’est ce qu’on voit
dans la parcelle suivante de la rue de Salis : des immeubles R+5, pas disposés en lignes droite, ce qui a permis de libérer de la place pour les espaces verts sur lesquels ont poussé des arbres qui
atteignent aujourd’hui le sommet des immeubles. Et du coup, vus de la rue, ces immeubles se révèlent très bien intégrés dans l’ensemble. Conclusion, à mon sens, on a sacrifié la construction de
logements sociaux à une esthétique discutable. Les immeubles bordant la place Lamothe telle qu’elle se retrouve aujourd’hui ne forment pas un ensemble architecturale ou urbanistique réussi (je ne
me prononce pas ici sur les aménagements récents de la place elle-même et de ses abords).
Deux autre réalisation récentes proches de chez moi m’ont conforté dans mon opinion que la conception du PLU (ou du POS, je ne sais) ne tenait pas compte des problèmes actuels ou à venir (la quasi
impossibilité pour les jeunes de s’installer sur le BAB) mais était basé sur un une idée passéiste de la ville. Mutatis mutandis, Anglet se retrouve devant le problème de Paris, où depuis
longtemps, les municipalités se refusent de laisser construire dans certains quartiers des immeubles de grande hauteur sous prétexte que les Parisiens n’en veulent pas : évidemment, ces derniers,
s’ils sont propriétaires, ont tout intérêt à ce que leurs capitaux immobiliers prennent régulièrement de la valeur. Par contre, après les classes modestes parties depuis longtemps, ce sont les
classes moyennes qui quittent la capitale (voir différents articles dans la presse, comme L e Monde du 28/09/2010). Pour revenir à Anglet, vous avez cité dans votre article deux réalisations qui
illustrent parfaitement l’aberration dans laquelle on patauge. Il suffit de se promener au milieu des immeubles au « jardin du Yachou » et surtout sur l’ex-Baby relax : ce qui frappe, c’est une
impression d’une grande densité, aggravé dans le second cas par ces immeubles alignés en rang d’oignons dans des rues en angle droit. On se demande où seront plantés les arbres comme ceux qu’on
trouve dans la réalisation (ancienne) mentionnée plus haut. On comprend vite que la densité n’est pas dans le nombre de logements mais bien dans l’occupation du sol par les immeubles. Est-il
vraiment nécessaire de limiter à R+3 les immeubles bordant le boulevard du BAB ? Qui se serait pas intéressé par un appartement dont la vue dominerait la cime des arbres d’El Hogar, que le
promoteur pourrait vendre à un bon prix, ce qui lui aurait permis de libérer de la place au sol ?
Ma conviction pour une modification du PLU sur ce sujet (même si bien entendu, tous les quartiers n’ont pas à être traités à la même enseigne) est bien affirmée. Mais je dois reconnaître que
lorsque j’aborde ce sujet, mes interlocuteurs, amis ou connaissances, prennent (souvent mais pas toujours) un air sceptique. Il vous faudra donc beaucoup d’efforts pour convaincre. Mais j’approuve
votre détermination (j’ai cru comprendre que vous étiez déterminés…). Il s’agit bien d’une question essentielle aux multiples conséquences.
Le bulletin municipal me paraît un vecteur adapté pour aborder le problème et lancer le débat « démocratique » sans tomber dans les polémiques stériles. Ce type de sujet nous changerait de ceux
traités habituellement dans cet opuscule (même si j’ai cru décerner dans les dernières numéros une certaine inflexion) : inauguration d’expositions (ça ne mange pas de pain) ou réussite de tel
chanteur ou tel surfeur (pourquoi n’évoque-t-on jamais le cas des bac techniques de Catau ou des ingénieurs de Montaury ? pas assez « people » sans doute ? Ce n’est pas ainsi que sera revalorisé le
travail manuel ou même le travail intellectuel… ).
Si j’ai été un peu long, c’est que le sujet me tient à cœur car il concerne le devenir d’Anglet (et du BAB)
et l’avenir de nos (de mes) enfants.
Sur les autres sujets traités dans le discours du maire, je ne peux qu’être d’accord. Les transports en commun dans l’agglomération ne seront utilisés que par les résidents « intra-muros », pas par
ceux qui ont été éloignés du BAB et qui prennent leurs voitures individuelles pour venir travailler. Tout est lié. Les constructions le long de l’ex RN10 sont le fruit de l’histoire et votre
constat n’est pas contestable. Mais il faudra autant de décennies pour les transformer qu’il en a fallu pour les construire. Comme d’autres, j’ai été déçu de constater qu’au carrefour Bernain,
Honda a remplacé Fiat mais que la verrue (cet horrible hangar), elle, demeure.
Salutations.

Jacques Betbeder, 14 allée de Moyrie, Anglet


JP Voisin 09/10/2010 23:36



Merci pour votre long commentaire.


Pour les hauteurs et la densité nous sommes d'accord. Il sera sans doute difficile d'expliquer à nos concitoyens que la nécessaire solidarité entre tous, en particulier envers les jeunes
actifs, et les impératifs du développement durable imposent de construire plus dense et, dans certains quartiers, plus haut. Mais nous y mettrons l'énergie nécessaire car nous n'avons pas le
choix, si nous voulons être cohérents avec nos engagements.


Concernant les transports en commun: c'est un axe fort de notre politique urbaine car transport et urbanisme sont liés. Si on accueille, comme nous le voulons, de nouveaux angloys sur notre
territoire en construisant des logements pour tous, et si nous continuons dans la logique actuelle du "tout voiture" nous allons vers l'axphyxie de l'agglomération. Sur la CABAB la part des
transports en commun se limite à 4% du trafic total. Notre objectif est en 6 ans de doubler le nombre de personnes transportées en bus, en passant de 6 millions à 11 millions de passagers par an.
Pour cela la CABAB va investir dans un TCSP (transport en commun en site propre), d'ici 2015, plus de 200 000 euros! Mais ces bus, en plus des habitants du coeur d'agglo, transporteront
aussi des usagers venus de la périphérie. Des parkings relais les inciteront à abandonner leurs véhicules avant les entrées de ville pour prendre des bus en site propre. Par exemple, sur Sutar/
Bassussary,, nous recherchons le site qui permettra aux habitants de la vallée de la Nive de se garer pour gagner en bus le centre ville.


Vous évoquer aussi le terrain de FIAT, avenue de Bayonne. Ce terrain privé devrait rapidement muter: nous suivons ce dossier avec d'autant plus d'attention que nous allons construire du logement
social (en location et en accession) sur la parcelle voisine. Une coordination des deux projets nous parait infiniment souhaitable.


Merci pour votre lecture et vos propositions.


 



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  • : Jean-Pierre Voisin, adjoint au maire d'Anglet de 2008 à 2014 en charge de l'urbanisme, livre ici son point de vue sur les dossiers locaux et dialogue avec les angloys. Ses propos n'engagent que lui-même.
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