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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 15:29

brochure projet de villeLa polémique est lancée! Dans le Sud-Ouest du 9 novembre, l'opposition municipale fait feu de tous bois.

Elle nous reproche, de lancer le débat sur le PLU en période électorale, de faire un semblant de concertation, de ne pas avoir de vision pour l'avenir et de faire appel à un urbaniste "parisien",  d'accuser tous nos prédécesseurs d'avoir abîmé Anglet, et -cerise sur le gateau- de vouloir densifier la ville en construisant en hauteur ...

 

Avant de répondre à ces différentes accusations je voudrais d'abord affirmer une conviction: il est sain qu'il y ait débat autour de notre projet de ville et du futur PLU. Le sujet est trop important pour être réservé au seul cénacle des initiés, et il est bon que l'opinion s'en saisisse. Qu'une page entière de Sud-Ouest y soit consacrée ne peut que me réjouir.

Ouvrons le débat, projet contre projet, vision de l'avenir d'Anglet contre vision, puisque l'opposition affirme en avoir une, ce dont je ne doute pas.

 

Mais avant d'aborder le fond, répondons aux questions relatives à la forme, c'est à dire l'organisation même de la concertation.

 

 

Fallait-il organiser le débat maintenant?

 

Je remarque tout d'abord que jamais auparavant n'avait été rédigé un projet de ville, soumis au débat préalablement à la rédaction du PLU. Nos contradicteurs sont mal venus de nous accuser de mal faire, eux qui n'avaient pas fait du tout. Certes, le précédant PLU de 2004 avait fait l'objet d'une enquête publique réglementaire, nous nous y étions d'ailleurs largement exprimé; mais ce débat que nous lançons aujourd'hui est, quoiqu'ils en disent, une première.

 

On nous accuse ensuite d'organiser une concertation en période pré-électorale. Nous ferions de la propagande au bénéfice du candidat de la majorité municipale aux prochaines cantonales!

Mais qui, à Anglet, en dehors de MM. Olive et Mortalena, se soucie aujourd'hui des cantonales de mars prochain? Puis-je  aussi faire remarquer que si nous sommes aujourd'hui à 5 mois des cantonales, nous aurions été l'an passé à la même époque à cinq mois des régionales (ou la majorité présentait aussi une candidate) et que dans un an nous serons à six mois des présidentielles et des législatives. Faudrait-il attendre 2013 pour interroger les angloys sur ce qui les concernent?

Et puis plus sérieusement: Qui peut penser que le thème du PLU soit un thème électoralement porteur? C'est plutôt l'inverse: les élus en général abordent ces questions après, et non avant, les échéances électorales car ce sont des sujets très sensibles et généralement impopulaires. L'opposition ne se prive d'ailleurs pas d'agiter des peurs, sur la densité par exemple, comme nous l'avions prévu. A vrai dire on devrait nous féliciter d'avoir le courage d'engager un tel débat maintenant.

Alors pourquoi maintenant, alors que nous sommes aux affaires depuis deux ans et demi? Tout simplement parce qu'il nous a fallu du temps pour choisir le cabinet OBRAS, après un appel d'offre infructueux, et que celui-ci nous a rendu son travail au début de l'été, après un an de travail. Cela prend du temps? Oui, cela prend du temps. Plus que nous l'aurions souhaité; c'est le prix d'une vraie réflexion.

 

 Vision, vous avez dit vision? 

 

OBRAS est un cabinet installé à Paris. Le choix pour nous assister de ce cabinet "parisien" serait la preuve de notre manque de vision pour Anglet! C'est du moins ce qu'affirme M. Olive dans Sud-ouest : "Ce qui est inédit c'est qu'on va chercher un cabinet parisien pour définir le projet de ville. C'est dire à quel point l'équipe en place n'a pas de vision pour Anglet".

Que répondre? j'avoue qu'à ce niveau abyssal du débat je suis à court d'argument. S'agit-il pour M. Olive de se référer à sa propre expérience ?  N'appartenait-il pas à une équipe qui a fait appel à  un urbaniste bordelais- au demeurant excellent et avec lequel nous continuons à travailler- pour la nationale 10. Ne sont-ce pas M. Mortalena et lui qui ont été chercher M. Riciotti, architecte marseillais, pour la salle culturelle de Bovero?

Notre équipe a, je m'excuse par avance de cette immodestie, une vision de l'avenir d'Anglet. Je suis prêt à en débattre avec M. Olive: vision contre vision, projet contre projet. Je suis impatient de connaitre le début du commencement de sa vision d'Anglet. Car pour l'heure, s'il est prolixe dans la critique, il l'est moins dans la proposition.

 

Un modèle à bout de souffle.

 

Une autre remarque de l'élu de l'opposition quoique infondée,  me parait plus fine et mérite qu'on s'y attarde un peu.

"Une fois de plus on fait le procès de tout ce qui a été fait depuis quarante ans, on nous explique que tout est bon à jeter" déclare-t-il. Selon lui, nous nous livrerions donc à une critique systématique et partisane du travail de nos prédécesseurs. anglet 3 aout 2010 019                                                                                       Quel avenir pour l'avenue de Bayonne?

 Que disons-nous? Que le modèle d'urbanisation qui a prévalu à Anglet est à bout de souffle.

Ce qui est en cause ici ce n'est pas Anglet mais un modèle qui s'est imposé sur le territoire national depuis les années cinquante. Ce que nous contestons c'est la consommation sans mesure de l'espace, au gré des opportunités, comme s'il était infini. En dix ans, en France, nous avons sacrifié pour l'urbanisation, une surface équivalente à un département, surface perdue pour l'agriculture et  la nature. Sur le périmètre du SCOT (en gros le bassin de vie de l'agglomération bayonnaise), chaque année, 125 hectares de terres agricoles sont urbanisées. Ce modèle, qui étale la ville au détriment de la nature et de l'agriculture, couteux pour les finances publiques car on doit multiplier les équipements- voiries, réseaux d'assainissement, adduction d'eau- , ce modèle qui éloigne les salariés de leur lieu de travail, les condamnant à des déplacements quotidiens longs et dispendieux, ce modèle là a vécu. A Anglet comme ailleurs. A Anglet peut-être plus qu'ailleurs car il y avait de la place à coté des deux villes dominantes de l'époque, Biarritz et Bayonne. Il y avait des terrains: on les a utilisés. Il est évident pour tout le monde qu'on ne peut continuer ainsi. Ce qui est en cause ce ne sont pas les Maires successifs, mais une logique consumériste dont on mesure aujourd'hui, en urbanisme comme en bien d'autres domaines, les effets pervers. "Halte à une France moche" titrait il y a peu l'hebdomadaire TELERAMA. Nous aussi, nous disons  "halte"! Halte à une urbanisation qui minéralise les sols, canalise nos ruisseaux, génère des inondations de plus en plus fréquentes. Ce constat de la dégradation de nos paysages urbains et naturels ne date pas d'hier. D'autres l'ont fait avant nous, ailleurs. Et même à Anglet ! Le PLU de 2004 le faisait déjà... mais n'en tirait pas les conséquences nécessaires, le règlement contredisant le diagnostic pertinent du PADD. Nous l'avions écrit à l'époque. Nous le répétons aujourd'hui. 

 

Il est vrai que les conséquences de ce constat sont difficiles à expliquer à nos concitoyens. Et il faut parler ici de densité. Le PADD du PLU de 2004 osait employer le mot... mais se gardait bien de le traduire dans le réglement. Par manque de courage?

 

La densité, pour faire quoi?

 

Erdian: une densité de 110logements à l'hectare

déc 2009 027-copie-1Nous affirmons qu'il faut densifier certains quartiers si on veut conserver de la nature au coeur de la ville. Nous affirmons que dans ces conditions il peut être opportun dans certains secteurs d'autoriser des immeubles plus hauts que ne le permet le règlement d'aujourd'hui pour éviter de "tartiner" les terrains et de supprimer les espaces verts (voir dans ce blog mon article "PLU : emprises au sol et hauteurs"). Il n'est pas question naturellement d'autoriser des immeubles de huit étages sur le littoral -mais d'où sort-il cette idée incongrue- comme l'a laissé entendre M. Mortalena dans une réunion publique.

Densifier certains secteurs n'a pas pour objet une "augmentation excessive de la population"  pour reprendre une citation de la même personne, lue dans Sud-ouest. Nos prévisions de construction pour les cinq années à venir sont claires: ce sont celle du Plan Local de l'Habitat  (PLH) que nous avons voté il y a peu à la CABAB: Nous y fixons un objectif: autoriser la construction de 350 logements par an sur Anglet.

Excessif ?

Je citerai simplement deux chiffres: Entre 2000 et 2007, donc pendant le mandat de Maire de M. Villenave, on a autorisé la construction de 3722 logements soit  465 logements par an en moyenne. Sur la seule année 2007 on a autorisé la construction de 934 logements ! Nous sommes on le voit beaucoup plus modestes que nos prédécesseurs, aujourd'hui donneurs de leçon. Ce que nous voulons c'est construire ces nouveaux logements en économisant l'espace, pour préserver la nature, pour qu'Anglet reste une ville-jardin.  Les mêmes qui prennent aujourd'hui des mines désespérées quand ils évoquent la densité ont autorisé la construction de 490 logements à Erdian sur 4,5 hectares, soit une densité d'environ 110 logements à l'hectare. Nous, sur l'écoquartier du Maharin , nous prévoyons 300 logements environ sur 8,5 hectares soit 35 logements à l'hectare...  On le voit le débat sur la densité n'est pas simple : quelle densité, quelles formes urbaines, pour quels logements? Nous affirmons qu'on ne peut traiter tous les quartiers d'Anglet de la même manière: densifier ici, en particulier le long des lignes de bus, limiter les constructions là pour préserver ou restaurer une trame verte et bleue, prendre en compte l'histoire et la géographie, en un mot être respectueux du territoire existant et attentif à un développement solidaire de notre ville. Voilà ce que nous mettons derrière le mot "densité". Concrêtement : Doit-on refuser à priori et définitivement de construire le long de l'ex nationale 10 des immeubles de 8 étages, si ceux-ci sont de qualité et permettent une vraie mixité sociale? Voilà une question concrête que nous devrons trancher lors de la révision du PLU. Qu'en pense l'opposition?

 

 

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Published by JP Voisin - dans urbanisme, PLU
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commentaires

NL 19/06/2011 02:36


Bravo, Monsieur Voisin, 30 % de logements sociaux et même jusqu'à 40 % dans une résidence, le tout conçu à travers le projet du futur centre d'Anglet !

Avec les conséquences que l'on imagine : explosion de la délinquance, insécurité. Je vous rappelle que les vitrines du supermarché Géant ont souffert, et ça m'étonnerait que ce soit pas l'oeuvre de
racailles...

Vous irez vous expliquer auprès de vos électeurs lorsque ceux ci verront la valeur de leur logement chuter de 50 %, lorsqu'ils subiront agressions, vols à l'arrachée, etc... il y a de fortes
chances que vous ne soyez pas réélu d'ailleurs !

Renoncez à ce projet, renoncez à y mettre des logements sociaux !

Cordialement


JP Voisin 19/06/2011 18:46



Vous liez logement social et délinquance. Puis-je vous dire le fond de ma pensée: cet amalgame est inacceptable. Les locataires des logements sociaux existants sur Anglet apprécieront. Il y
a de fortes chances, écrivez-vous, que je ne sois pas réélu ? La belle affaire. Je me bats pour la justice, pas pour ma réélection. Une chose est certaine: la municipalité ne renoncera pas à
construire des logements sociaux. On ne fait pas une ville avec seulement des personnes aisées, mais avec tous. Je vous rappelle notre slogan: "Anglet pour tous". Et je vous rassure:
Lorsque vous aurez besoin, vous ou l'un de vos proches, d'un logement social, je vous recevrai volontiers pour vous aider à monter votre dossier.


 



Jacques Betbeder 01/12/2010 16:01


Je me permets un commentaire après votre réponse du 23/11/2010.
Je crains de vous avoir trop bien compris même si, à mon goût, les considérations politiques obscurcissent votre discours. Il me semble également qu’utiliser des chiffres ou des termes sans les
expliciter ne renforce pas forcément l’argumentation. Par exemple, dans la phrase « 94% des logements construits n’étaient accessibles qu’à 20% de la population », que signifie « accessible » ? Par
quels calculs est-on arrivé à ces chiffres ? Dans cet esprit, je pourrais vous renvoyer à un dossier de presse daté du 3/02/2010 de M. Apparu qui produit un graphique donnant « le nombre de
logements locatifs sociaux (annuellement) financés entre 2000 et 2009 » au niveau national, avec les prévisions 2010 : 42262 en 2000, 119842 en 2009. Quelle remarquable progression ! Qu’en penser ?
Au moins que, dans l’utilisation des termes « logements sociaux », il faudrait, pour bien se comprendre, distinguer, d’une part, les logements construits par les organismes d’habitations à loyer
modéré et autres sociétés d’économie mixte locales et, d’autre part, les logements appartenant à des bailleurs ayant passé avec l’État des conventions générant des aides de ce dernier.
Je résume alors à ma façon vos propos. Vous tablez sur la construction de 350 logements par an, parmi lesquels 150 « logements aidés ». À comparer avec les 465 logements dont 40 logements aidées
construits en moyenne par la précédente majorité municipale (ce sont vos chiffres). Si vous réussissez à « imposer 30 % de logements aidées par opération immobilière d’importance », cela veut dire
que sur les 250 et quelques logements que le secteur privé sera autorisé à construire, 200 environ seraient laissés à sa disposition (contre 425, le double, auparavant).
Or le constat que fait tout un chacun est qu’il y a, par rapport à la demande sur l’agglomération et plus particulièrement à Anglet, pénurie de logements offerts à la vente ou à la location, sans
doute plus accentuée dans le secteur des logements sociaux. Par vos choix, vous allez partiellement détendre la demande dans le secteur aidé, sans évidemment résoudre le problème, mais vous allez
aussi accentuer la pénurie dans le secteur libre. Car les « investisseurs », pour reprendre votre terme, sont ceux qui investissent pour mettre en location les biens dont ils se sont rendus
propriétaires, surtout quand ils y sont incités par les lois Scellier ou équivalent. En plus, il est loin d’être sûr que le chiffre de 250 soit atteint puisque vous mettez comme condition première
le maintien d’un « même pourcentage de logements sociaux » (souligné dans votre texte) et que M. Apparu annonce une volonté de « réorienter (…) les moyens financiers » des zones B1, B2 et C au
profit de la zone A (comme l’a appris tout prétendant à un prêt à taux zéro, le PTZ, Anglet est en zone B1). Ce qui signifierait une diminution des financements publics en zone B1 (c’est-à-dire à
Anglet), donc une diminution des logements aidés mis à disposition, donc, en application de votre décision, une diminution des permis de construire pour le secteur privé. On se mord la queue. On
peut donc s’attendre logiquement à une flambée des prix dans le secteur libre, particulièrement pour les locations, qui intéressent tout de même une partie non négligeable de la population.
Pour faire plus synthétique, je dirais que vous voulez entamer la pénurie de logements en construisant moins. Qui peut vous suivre dans un raisonnement aussi paradoxal ? Qui pensez-vous convaincre
? À mon sens, c’est pain bénit pour l’opposition municipale…
Jacques Betbeder, 14 allée de Moyrie, Anglet


JP Voisin 01/12/2010 21:22



J'ignore quelles "considérations politiques obscurcissent mon discours" car je voulais  être clair.


350 logements constituent un objectif, pas un plafond. Si cet objectif est dépassé, dans le respect des proportions que j'ai indiqué, nous en serons heureux. Mais cela ne depend pas des
élus locaux de maitriser la relance du bâtiment. Si les promoteurs veulent construire au delà des chiffres estimés dans le PLH, nous leur demanderons de respecter le quota de 30% de logements
sociaux. Nous produirons alors plus de logements dans le secteur libre et plus de logements sociaux. Et s'ils construisent, par exemple, 600 logements sur une année, ils devront au moins y
inclure 180 logements sociaux. Le problème auquel ils vont alors se heurter, c'est la rareté des terrains constructibles sur Anglet. Voilà pourquoi nous avons choisi de taxer ces derniers dès
notre arrivée à la mairie, afin d'inciter les propriétaires à mettre leur bien sur le marché plutôt que d'attendre tranquillement que les prix montent. Voilà pourquoi aussi nous pensons qu'il
faut densifier sur certaines parcelles, en particulier le long de la RD 810, entre le Busquet et Saint Jean, pour économiser les terrains et laisser des espaces naturels sur Anglet... Mais
c'est un autre sujet. 


D'ou sort le chiffre de "94% de logements accessibles à 20% de la population": Du bilan du PLH 2003-2009 réalisé pour le compte de la communauté d'agglomération (dirigé par Jean Grenet, je vous
le rappelle). Ses auteurs arrivent à ce chiffre en comparant les prix des logements neufs aux revenus et aux capacités d'emprunt des habitants. Il est vrai que ces logements sont
achetés souvent par des investisseurs, pour louer. Mais les locations atteignent des prix(12 euros du m2 sur Anglet en moyenne) qui les rendent aussi inaccessibles à une grande
partie de la population. Si certains partent se loger loin de l'agglomération par choix, d'autres, et ils sont nombreux, y sont contraint parce qu'ils ne trouvent pas de logements à prix
abordables sur le BAB. Nous ne prétendons pas avoir la solution miracle, mais nous voulons vraiment construire pour tous, et pas seulement pour les plus aisés.


Bien à vous,


 



Jacques Betbeder 22/11/2010 22:58


Je lis avec toujours le même intérêt (et toujours avec un certain retard) les articles de votre site. Je vous félicite pour les efforts que vous déployez pour expliquer (et bien sûr tenter de
justifier) vos choix dans le projet de ville qui doit déboucher sur un PLU. Je pense aussi que ce sujet est essentiel et j’espère qu’il donnera lieu à un véritable débat, à l’abri des anathèmes et
autres invectives qui ont trop tendance à polluer tout débat politique. Malheureusement à Anglet, on ne semble pas en prendre le chemin. Au moins pour le moment...
Un point de l’article ci-dessus provoque mon profond étonnement : votre intention de limiter le nombre annuel de logements à construire à 350. N’est-ce pas en contradiction avec tout ce que vous
constatez et déplorez : la pénurie flagrante de logements offerts à la location ou à l’achat, leur coût (ce qui est rare est cher) difficilement supportable par des jeunes ménages, le transfert de
ces populations vers les écarts ruraux, etc. Cette limitation (pas des naissances mais de construction) me paraît directement issue des théories d’un certain Malthus. En plus, comment –et surtout
sur quelles bases— refuserez-vous ce projet-ci et accepterez-vous ce projet-là ? Vraiment, je ne comprends pas.
Jacques Betbeder, 14 allée de Moyrie, Anglet


Jean-Pierre Voisin 23/11/2010 21:45



Oui, la pénurie de logements entraine une spéculation qui exclue la plupart des jeunes ménages, mais aussi nombre de séniors, du marché immobilier. Il faut donc produire plus de logements,
pour tous. Sans doute me suis-je mal exprimé: 350 logements construits par an est un objectif à atteindre, pas un plafond infranchissable. Si
nous pouvons construire plus, mais avec le même pourcentage de logements sociaux, nous le ferons. Mais sur quoi pouvons nous agir directement: sur
la production de logements aidés. Et là nous sommes ambitieux: 150 logements par an quand nos prédécesseurs en ont produit 40, soit pratiquement 4 fois plus. Pourquoi sera-t-il difficile d'aller
au-delà, alors même que nous pensons pouvoir faire mieux? parce que l'Etat risque fort de ne pas suivre. Pour l'année 2010, nous souhaitons financer 165 logements sociaux: les dossiers sont
bouclés. Or, selon nos dernières informations, nous n'obtiendrons pas les financements de l'Etat - qui déclenchent automatiquement les prêts bancaires à taux préférentiels et les subventions du
département- pour la totalité de ces logements. Son désengagement est une cruelle réalité.


En imposant 30% de logements sociaux dans toute opération immoblière d'importance nous nous sommes doté d'un outil dont on commence aujourd'hui à mesurer l'efficacité. En ajoutant à ceux-ci,
produits par les promoteurs privés, les logements que nous initions dans des opérations publiques, nous devrions atteindre d'ici 5 ans le chiffre de 12,5 % de logements locatifs sociaux sur
Anglet. Nous accompagnons cet effort, d'un effort similaire sur l'accession sociale. nous sommes donc très volontaristes.


Nos prédécesseurs ont beaucoup construits sur les trois dernières années de leur mandat. Cela n'a en rien réduit la crise du logement car 94% des logements construits n'étaient accessibles qu'à
20% de la population: chiffre extrait du bilan officiel du PLH 2004-2009. Cela veut dire que nombre de ces logements ont été achetés par des investisseurs ou transformés en résidences
secondaires. En construisant pour l'essentiel du logement aidé nous avons l'assurance de construire des résidences principales pour nos concitoyens de l'agglomération.


Le PLU que nous voulons mettre en place doit nous permettre d'atteindre nos objectifs: construire suffisamment, et pour tous. Il ne s'agit pas de livrer la ville aux bétonneurs:
ceux-ci construiraient pour ceux qui peuvent payer, plutôt que pour ceux qui ont besoin de se loger. En écrivant cela je ne condamne pas des personnes, je constate un système. Il faut donc
faire en sorte que des terrains soient disponibles pour le logement, sans oublier que nous voulons aussi réconcilier la ville et la nature, et qu'on ne peut densifier partout et uniformément.
Anglet est une ville parc, elle doit le rester.


Merci pour vos réactions. Elles m'encouragent à continuer mon travail d'explication.



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  • : Jean-Pierre Voisin, adjoint au maire d'Anglet de 2008 à 2014 en charge de l'urbanisme, livre ici son point de vue sur les dossiers locaux et dialogue avec les angloys. Ses propos n'engagent que lui-même.
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