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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 12:34

Quels parkings pour nos voitures? Faut-il construire en hauteurs? Comment préserver nos paysages alors que les parcelles privées sont désormais trop petites pour planter de vrais arbres? Comment circuler à pied? Comment faire respecter les règles édictées, en particulier sur les terrains privés? Comment peut-on accepter de construire des bâtiments publics (en l'occurrence la future salle de spectacle) à l'architecture moderne aussi éloignée de notre tradition?

Voilà quelques questions qui ont nourri le débat lors des réunions organisées ce 5 novembre sur le "projet de ville",  document de réflexion qui prépare l'élaboration du futur P.L.U. (plan local de l'urbanisme).

Questions légitimes, questions pertinentes.

 

Frédéric Bonnet, l'architecte urbaniste mandaté par la municipalité pour rédiger ce projet de ville puis le PLU, et moi-même, n'avons certainement pas  complètement répondu à toutes ces interrogations. Nous avons essayé d'ouvrir des pistes de réflexion, et de faire partager une conviction: Pour que notre ville reste belle et solidaire, elle va devoir évoluer. Il faut changer de méthode pour qu'elle garde son âme.

Exemples.

L'opposition entre maison individuelle et collectif n'est pas l'approche la plus pertinente, affirme Frédéric Bonnet. Il faut travailler sur une autre hypothèse et faire cohabiter sur Anglet trois formes urbaines:

- la ville-rue , ville dense, ville "intense", avec ses commerces, ses services publics, ses lieux de rencontre et de convivialité, en coeur de quartier. 

- la ville-parc, ou la ville-jardin, qui est sans doute la forme urbaine la plus répandue, mais aussi la plus menacée aujourd'hui à Anglet.

- la ville des grands paysages, qu'il ne faut pas oublier, car ce sont ces grandes trouées vers la mer, la montagne, ou les flèches de la cathédrale, visibles d'une fenêtre ou au détour d'une rue, qui contribuent largement au charme de notre ville.

Limiter partout les hauteurs bâties produit des effets pervers, on le voit bien à Anglet, constate Frédéric Bonnet, avec une minéralisation excessive des sols et une banalisation des formes bâties, . Il faut accepter de construire plus haut dans certains endroits pour limiter fortement les hauteurs ailleurs. Il n'y a pas une "bonne" hauteur, valable partout. On peut construire plus haut le long de l'ancienne nationale 10 par exemple, mais certainement pas le long du littoral.

De même, la densité du bâti est à moduler en fonction du territoire concerné (voir encadré ci-dessous). En rappelant qu'un habitat individuel groupé peut être très dense, et un habitat collectif dans un parc l'être beaucoup moins. En soulignant aussi qu'il faut densifier prioritairement le long des lignes de bus si on veut progressivement réduire la part excessive de la voiture dans nos déplacement quotidiens.

 

A coté de ce débat, quelques questions volontairement polémiques ont été posées. Curieusement, les mêmes qui nous reprochaient il y a peu de vouloir faire du logement social dans l'écoquartier du Maharin, nous accusent aujourd'hui de ne pas en faire sur certaines opérations initiées par l'ancienne municipalité. Passons... Remarquons simplement que ce changement d'angle d'attaque est la reconnaissance implicite que notre volonté de vouloir construire "Anglet pour tous" est  légitime.

 

 

 

Quelques exemples de densité.

A Erdian, ancien site de Baby-relax: 110 logements/ha. (490 logements sur 4,5 hectares)

Sur l'écoquartier du Maharin: 35 logements/ha (300 logements sur 8,5 ha).

A Saint-Barthélemy, commune du Seignanx, dans les Barthes de l'Adour, la nouvelle zone urbanisable, prévoit une densité de 35 logements/ha.

 

 

 

 

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Published by JP Voisin - dans urbanisme, PLU
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commentaires

Denis Herblot 07/11/2010 17:27


J'ai écouté l'exposé de Frédéric Bonnet le 05/11 à 17H30. Je n'ai pas le sentiment qu'il a intégré dans sa réflexion le fait qu'Anglet est une association de quartiers où l'esprit de clocher règne
chez les natifs et gagne chez les nouveaux. Qu'en pensez vous ? Cet état de fait doit-il être pris en compte ?
Sur le sujet qui fâche : la hauteur des constructions, d'avoir accepté de la limiter, me semble avoir mécaniquement réduit les surfaces disponibles et le marché a contribué à les renchérir. (Moins
d'appartements = Appartements plus chers, loyers plus élevés).
En plus les charges de fonctionnement d'immeuble étant calculées au tantième, pour deux appartements identiques, l'un au RDC, l'autre au 4ème, au plus élévé seront attribués plus de tantièmes
généraux et de tantièmes spéciaux, notamment l'ascenseur, qu'à celui du RDC qui ne participe pas l'ascenseur. Réduire la hauteur des immeubles gaspille du terrain, renchérit les charges locatives
pour tout le monde, notamment pour ceux du RDC.
J'ignore les différents types de logements sociaux qui existent. Serait-il possible d'être mieux informé ?
Pour les candidats à l'accession à la propriété, aux moyens financiers limités, bénéficiant des aides disponibles, les vendeurs attirent-ils suffisamment l'attention sur les charges d'immeuble,
locatives et de propriété ? Les ravalements, et leur travaux annexes, interviennent en général à l'échéance de la décénale. Le coût est répartit au tantième établi selon la consistance des lots et
non pas, comme lors de l'achat, en fonction des revenus ou de la catégorie du candidat. Le syndic de l'immeuble doit disposer des fonds avant le début des travaux. Même si des échéances sont
organisées, en général en trois fois et rapprochés, les sommes à débourser sont conséquentes. Le logement social contribuera avec la même quote-part que le logement du marché libre. Le propriétaire
du logement social en aura-t-il les moyens ? Les exemples d'immeubles mal entretenus faute de moyens des propriétaires sont nombreux.
Faire une France de propriétaires, Oui, mais il faut leur en donner les moyens. La multiplication des emplois précaires sous différentes formes fragilisent grandement les ressources des ménages.


JP Voisin 07/11/2010 18:55



Votre question est à entrée multiple. J'essaye de vous apporter quelques éléments de réponse.


Frédéric Bonnet est bien conscient de l'importance des quartiers, en particulier du lieu emblématique de la place des cinq-Cantons. Il pense qu'il faut conforter les coeurs des quartiers pour en
faire des lieux de rencontre et de chalandise forts. Et qu'il faut respecter l'identité de chacun d'eux, et lutter contre la banalisation en cours des paysages urbains .


Les divers types de logements sociaux: Les logements sociaux appartiennent à deux catégories: Les logements locatifs et l'accession sociale à la propriété.


Le locatif social regroupe 3 types de logements:


Les P.L.A.I., ou logements "très sociaux", destinés aux plus bas revenus, les plus aidés, mais aussi de très loin les moins nombreux.


Les P.L.U.S., qui correspondent aux logements HLM courants. Le prix des loyers pour ces logements est inférieur à 6 euros du m2.


Les P.L.S., ou logements intermédiaires, dont les loyers dépassent de 30% les plafonds des logements sociaux courants (soit de l'ordre de 8 euros du m2), destinés à une population plus aisée. Ces
dernières années, la ville d'Anglet a favorisé cette dernière catégorie. Notre projet est de mettre l'accent sur les P.L.U.S. qui correspondent aux revenus de la majeure partie des
demandeurs. Je rappelle un chiffre connu désormais: 80% de la population peut prétendre à un logement social.


Le montant des charges est effectivement une difficulté. Vous avez raison de faire remarquer que le nombre d'étage n'est pas sans conséquence sur leur montant. Augmenter le nombre d'étage
fait mécaniquement baisser le prix global de l'opération et le montant des charges de chaque locataire. mais naturellement choisir de "monter" les immeubles dans certains secteurs (pas
partout) n'a pas pour objectif premier de faire baisser les charges, mais de mieux aménager la ville en utilisant mieux le foncier. 


Il faut bien sûr favoriser l'accession à la propriété qui reste le rêve de la grande majorité des français. Mais il ne faut pas négliger le locatif qui s'inscrit normalement dans un parcours
résidentiel. Avant d'être propriétaire, chacun est d'abord un locataire. Une part raisonnable de logements offerts à la location est donc indispensable. Le problème aujourd'hui est que le montant
des loyers est prohibitif sur la cote basque. Voir sur ce sujet du logement le supplément dans "l'EXPRESS" de cette semaine: le point de vue des journalistes conforte largement les
choix que nous proposons pour notre projet de ville.


Merci pour vos questions,


 



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  • : Jean-Pierre Voisin, adjoint au maire d'Anglet de 2008 à 2014 en charge de l'urbanisme, livre ici son point de vue sur les dossiers locaux et dialogue avec les angloys. Ses propos n'engagent que lui-même.
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