Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 22:23

Dans un précédant article nous avons vu comment, avec le futur PLU, nous proposons de "construire Anglet pour tous". Nous allons examiner ici comment nous voulons "réconcilier la ville et la nature". Comment ménager des respirations, des trames vertes et bleues, des perspectives paysagères, au cœur même de la ville ? Nous proposons plusieurs mesures :


-         Augmenter les surfaces de terrains classés en zone Naturelle (appelés N dans le règlement).


-         Préserver les rives des ruisseaux qui coulent en secteur urbanisé (U dans le règlement) en les plaçant en N.


-         Imposer en zones urbanisées un pourcentage significatif de pleine terre sur toute parcelle faisant l’objet d’un nouveau projet, pour que la nature trouve sa place au milieu de l’habitat.


-         Retrouver quelques hectares de terres agricoles, pour garder la mémoire de la vocation maraichère d’Anglet, une vocation qui n’est pas si ancienne et qui était condamnée à disparaître complètement par le PLU de 2004. Celui-ci en effet ne comptait aucune terre à vocation agricole. Toutes les terres aujourd’hui cultivées avaient vocation à être urbanisées à court où long terme !

 

Ces mesures n’étaient pas faciles à prendre. Pour éviter l’arbitraire, nous nous sommes appuyés sur des études poussées, conduites avec la Chambre d’agriculture et des bureaux d’études spécialisés en écologie urbaine.

 

Reprenons ces quelques propositions.

 

Augmenter les surfaces en zone naturelle.

24-02-2012-006.jpgPour préparer ce PLU, nous avons fait faire un bilan écologique détaillé du territoire d’Anglet. Ses résultats nous ont conduit à reclasser en zone N des terrains placés jusqu’ici en réserve foncière pour une urbanisation à long terme. La nature n’est pas à priori un espace qui devra être un jour construit ! Il y a des terrains dont les qualités écologiques sont évidentes et qu’il faut laisser à l’état naturel : Bois, bocages, zones humides… L’étude attentive de la faune et de la flore nous a amené à classer environ 140 hectares supplémentaires en zone N.

A l’inverse, des terrains déjà urbanisés étaient placés en zone naturelle dans l’ancien PLU : nous les avons logiquement classés en zone urbaine; par exemple, les pistes de l’aéroport et l’aérogare, où le terrain du VVF (15000 m2 de plancher), on été placés en zone U avec un règlement adapté.

 

Préserver les rives des ruisseaux.

29-05-2012-006.jpg29-05-2012-013.jpgDans l’opposition nous avions contesté le classement en zone U de certains ruisseaux, ce qui les condamnait à être busés. Le dernier exemple, bien connu, est celui d’Argi Zabal en 2005, sur le Maharin. Le promoteur a busé le ruisseau et construit sur son lit. Résultat : des inondations catastrophiques pour les résidents et pour le quartier. En outre, le ruisseau qu’on pouvait longer à pied de l’Adour jusqu’au Refuge est aujourd’hui verrouillé et interdit aux promeneurs par cette résidence. Fidèles à nos convictions d’alors nous nous proposons de classer en zone N les ruisseaux partout où c’est encore possible, en particulier le ruisseau du Maharin (photo ci-contre) et une partie du ruisseau de Florence 

Il est indispensable de créer sur les cours des ruisseaux des bassins de rétention, chargés de stocker les eaux en cas de crue pour réduire les risques d’inondation. Jusqu’ici, l’agglomération réalisait des trous rectangulaires avec des enrochements pour stabiliser les berges. Des espaces clôturés et inesthétiques : Ces bassins seront désormais paysagers et seront des lieux de promenade : la plaine inondable du Maharin et les trois bassins de Latxague, qui devraient être réalisés dans les dix-huit mois, mais aussi le bassin de Mondeville, en seront une première illustration.

 

La pleine terre.

septembre-2011-020.jpg Nous imposerons un pourcentage de pleine terre sur toute parcelle recevant une nouvelle unité d’habitation. Il s’agit de mettre la nature au cœur de la ville. Pour les parcelles existantes déjà bâties sur lesquelles les propriétaires voudraient faire un agrandissement, pour eux-mêmes : un droit à bâtir de 20m2 d’emprise au sol leur sera accordé, même s’ils ne respectent pas le seuil de pleine terre exigé.

Nous suggérons selon les quartiers, des pourcentages allant de 20à 60% de surfaces en pleine terre. Par exemple, en zone pavillonaire (UC1) nous imposons 40% de pleine terre: sur un terrain de 1000 m2, 400 m2 devront rester à l'état naturel. C’est un changement radical dans la façon de penser la ville. On se donne les moyens de faire la ville-jardin.

 

Erdian-02-2012.JPGExiger de la pleine terre sans réduire la constructibilité suppose une meilleure compacité des bâtiments. De fait, sur les grandes parcelles, on pourra admettre des hauteurs d’immeubles plus importantes que celles préconisées par le PLU actuel. Ce dernier, en limitant fortement et partout les hauteurs admissibles, a favorisé l’étalement urbain et la minéralisation des sols comme le montre les exemples d’Erdian (la photo ci-contre) ou des vergers d’El Hogar. Avec des effets catastrophiques sur les inondations qui sont de plus en plus fréquentes. Quoiqu’en disent certains, une certaine forme d’urbanisation des années 70 (voir photo ci-dessus des jardins de la Peña) était plus vertueuse, et plus agréable à vivre, que celle des années 2000.

La hauteur, si elle s’inscrit dans une vision globale du paysage urbain est un élément architectural qu’il faut savoir utiliser. Exemples : Sur l’ex nationale 10 nous accepterons des hauteurs d’immeubles comparables aux hauteurs existantes – 7 ou 8 étages et même ponctuellement un peu plus – mais rue de Jouanicot les futurs logements sociaux dont le chantier va démarrer ne feront que deux étages alors que le PLU nous offrait la possibilité d’en mettre trois, pour s’adapter aux maisons individuelles voisines.

 

 

 

29-05-2012-002.jpgLes terres agricoles.

Il est étonnant de constater que dans le PLU en vigueur aucune terre n’ait été réservée à l’agriculture ; dans une ville comme Anglet dont le maire était, il y a encore 20 ans, un agriculteur, cela peut paraître anormal ! Il faut retrouver quelques terres agricoles pour préserver la mémoire maraichère d’Anglet. Le piment d’Anglet disparaitra-t-il complètement comme ce vin de sable qui était une des spécialités du terroir ? A l’heure où on parle d’agriculture périurbaine et de circuit court nous avons voulu consacrer quelques hectares au maraichage. Un hommage au passé, mais aussi une opportunité pour préserver quelques « grands paysages » et des vues splendides sur les flèches de la cathédrale de Bayonne ou les montagnes basques. En nous appuyant sur une étude de la Chambre d’Agriculture, nous proposons donc de classer en zone A (A comme agricole) une vingtaine d’hectares.

 

Mais il ne suffit pas de préserver la ville jardin pour affirmer l'identité d'Anglet. Il convient aussi de préserver sa culture, les témoins de son histoire, son patrimoine naturel et bâti. C'est le troisième objectif fort de ce PLU. Nous l'examinerons dans un prochain article.

 

Photos de l'article:

- les coteaux de Sutar

- Le ruisseau du Maharin

- Parc des résidences "les jardins de la peña"

- Erdian

- terrain agricole au Refuge

 

Partager cet article

Repost 0
Published by JP Voisin - dans urbanisme, PLU
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Jean-Pierre Voisin
  • Le blog de Jean-Pierre Voisin
  • : Jean-Pierre Voisin, adjoint au maire d'Anglet de 2008 à 2014 en charge de l'urbanisme, livre ici son point de vue sur les dossiers locaux et dialogue avec les angloys. Ses propos n'engagent que lui-même.
  • Contact

Recherche

Pages

Liens